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Chronique de Ghinzu – Mirror Mirror

Chronique de Ghinzu – Mirror Mirror

Ghinzu - Mirror Mirror

Année : 2009
Genre : Rock sombre et puissant
Chanson(s) préférée(s) : Mirror Mirror, Take It Easy, This War Is Silent

8/10

Rares sont les formations belges qui s’aventurent en dehors du plat pays. Pourtant, quand Ghinzu propulse son deuxième album, Blow, sur les ondes françaises, il met tout le monde d’accord. Cinq ans plus tard, sort son successeur, Mirror Mirror.

Un mot sur le groupe, si vous ne le connaissez pas déjà. Ils sont donc belges, ils font du rock burné et sombre, qui fait penser à du rock garage matiné de pop, shoegaze et de trip-hop. Ils sortent un premier album en 2000, Electronic Jacuzzi, qui marche plutôt bien en Belgique. Mais c’est donc en 2004 que tout décolle puisque le single Do You Read Me ? submerge les ondes radios (à raison) et le groupe enchaînent les tournées en Scandinavie, en Belgique, en France et en Allemagne. Ils feront même la première partie d’Iggy & The Stooges, à la suite de laquelle l’Iguane leur aurait dit « you guys rock ! ». Respect, donc.

Mais concentrons-nous sur l’album qui nous intéresse. Ce qui frappe avant tout, c’est la cohérence et l’atmosphère qui se dégage de Mirror Mirror. L’ensemble est très homogène, et si aucune chanson ne se détache comme leur précédent single, toutes sont excellentes.

On retrouve également une patte, un style, une ambiance Ghinzu. A la fois lourde et mélodique, puissante, dense et délicate à la fois, planante mais tranchante, la musique de Ghinzu est une musique de contraste, des belles mélodies pop torturées aux airs d’apocalypse.

Cependant, Mirror Mirror est tout sauf très abordable : je ne suis pas parvenu à aller plus loin que le cinquième titre lors des trois ou quatre premières écoutes, et mettre des mots sur la musique m’a été très difficile. Je vous préviens cette chronique contient beaucoup d’épithètes pas forcément très bien choisis. Et pour cause, le son et les arrangements sont riches, denses, et les émotions que font naître ce disque sont complexes et difficiles à saisir. Tantôt mélodiques, tantôt puissantes et sales, le groupe réussit le tour de force de faire un album cohérent avec des chansons qui ne se ressemblent pas.

Ghinzu c’est avant tout rock’n'roll, puissant, jouissif. Le riff de Mirror Mirror se suffit à lui même et donne furieusement envie de se démettre la nuque en rythme, tandis que Kill the Surfers, avec ses accents de Black Rebel Motorcycle Club se veut encore plus crade et déjanté.

Mais Ghinzu atteint la grâce quand il donne dans la subtilité : on ne peut pas résister à la mélodie du single Take It Easy, délicate et finement ciselée, presque naïve ou à la sublime harmonie planante et épurée de This Light, qui se termine sur une nappe de claviers électronique épaisse et puissante. Quand à Mother Allegra, presque un cantique, touchant et poignant, vise juste.

Car sous la douceur se cache la fureur, et Ghinzu nous emmène sur certaines pistes pour mieux nous y perdre ensuite : au sein d’une même chanson (The End of the World, The Dream Maker) se côtoient mélodies pop ambitieuses et ultra-travaillées et passages furieux et épais. Qu’ils fassent dans la mélodie ou dans le riff, la musique est inquiétante, oppressante (This War Is Silent). C’est une musique de film d’apocalypse, c’est sombre et ça prend aux tripes.

Les belges se paient même le luxe de clore leur galette sur un titre plutôt ambitieux (et dont le titre me plaît beaucoup) : Interstellar Orgy. Un son instrumental dense, puissant et électrique, qui fait l’effet d’une véritable chape sonore déjantée et baroque, non sans par moment rappeler le dernier effort d’Archive.

Difficile de mettre des mots sur la musique de Ghinzu, tant elle prend aux tripes et fait naître des sentiments contradictoires, nous promène et nous perd parfois à travers un climat, une ambiance sombre, lourde et froide, qui demeure malgré les changements de rythme. Il y a une vraie patte Ghinzu : la cohérence et la pertinence de ce troisième album s’impose au fur et à mesure des écoutes. Même si on a parfois l’impression que le groupe retient son pied sur la pédale d’accélérateur, la recette fonctionne à merveille. Ça envoit le bois, et Mirror Mirror est parti pour squatter mon iPod un petit moment. Vaut mieux, si ils attendent encore aussi longtemps avant le prochain.

Ghinzu – Mirror Mirror

[Télécharger (Clic droit/enregistrer sous)]

Ghinzu – This War Is Silent

[Télécharger (Clic droit/enregistrer sous)]

L’album sur Spotify et sur Deezer.

Buraka Som Sistema – Black Diamond
The Dead Weather – Hang You From The Heavens

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l' auteur, Martin

Touffe blonde sociopathe à double arceau rotatif.

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