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Chronique de Peaches – I Feel Cream

Chronique de Peaches – I Feel Cream

I Feel Cream, Peaches

Année : 2009
Genre : électro-punk-biatch séminale
Chanson(s) préférée(s) : I Feel Cream, Mummy Complex, Serpentine, Trick or treat

7/10

Peaches est une artiste Canadienne de 42 ans qui porte la moustache, ne se rase pas sous les bras et crie fuck dick et bitch à tout bout de champ sur un fond électro-punk shak shak shak. En gros c’est la figure de proue d’un espèce de féminisme agressivo-décomplexé, sexuellement affranchi, un peu comme une Beth Ditto (Gossip), avec 50 kilos en moins.

Elle fait partie de toute cette team hypo-arty genre Gonzales, Soulwax, Tiga, James Murphy, Digitalism, Simian Mobile Disco etc. dont elle s’est d’ailleurs entourée pour accoucher d’I Feel Cream ce quatrième album relativement plus abouti que les deux précédents, où Peaches tente de montrer une autre facette de son personnage de braillarde disco-punk-latex-porno. En effet, si l’on se souvient de Fatherfucker ou Impeach my bush, on retiendra des tracks très électro-rap-pute-bitch-dick plutôt freshs mais assez lassants et répétitifs à la longue sur fond d’électro-punk plus ou moins agressive et minimaliste.

Mais à 42 ans, Peaches a décidé qu’il était temps de changer un peu, se calmer sur les poses suggestives et le crachage d’insanités, en gros, ne pas faire sa Madonna II, une vieille pute qui refuse l’érosion de l’âge en adoptant illégalement des enfants au Swaziland. Sans doute l’effet des premières bouffées de chaleur, cette prise de conscience quadragénaire de la finitude imminente de ces menstrues incommodantes auxquels on s’habitue pourtant. C’est pourquoi, Meryll Nikster aka Peaches a franchi le pas : sur cet album, elle utilise à bon escient son très bel organe. Vous l’avez parfaitement compris : elle chante des vraies mélodies et tout et tout, un peu comme Miss Kittin dernièrement. Avec sa voix -juste- elle amène une once de douceur voire de calme (prélude à la tempête érotique). Ce qui fait donc une différence notable avec les précédents albums : celui-ci nous ménage quelque temps de repos entre les uppercuts salvateurs des rushs rappés de la bad girl en combi latex intégrale qui nous plongent violemment dans le stupre.

Le meilleur exemple de ce compromis entre tracks agressifs et plus calmes est sans doute le morceau éponyme I Feel Cream et son titre aux 10000 sous-entendus scabreux, sans doute l’un des meilleurs, construit comme une espèce de house progressive qui se monte lentement comme une crème fouettée (on me pardonnera la comparaison culinaire), ou un orgasme, les deux étant de toute façon très compatibles. Sur ce morceau, Peaches chante (bien) dans des refrains toujours aussi putasso-pêchus, alterne avec des passages raps, sur fond de ligne de basse distordue et régulière assez entêtante.
La chanson Lose you, elle, est plutôt surprenante : elle fait preuve une fois plus d’un degré de finesse supérieure : oui, c’est une balade électro ou Peaches parle de quelque chose qu’elle ne veut pas perdre sans prononcer le mot fuck. C’est un poil chiant mais pas tellement. Bon, je vais pas non plus vous faire une analyse détaillée des chansons de Peaches parce que ça aurait pas tellement d’intérêt : le personnage de punkette électro-porno-féministe et ses poses sexuellement outrageuses n’a pas bougé d’un poil, il a simplement dévoilé une autre facette de son art.

Pour résumer, cet album de la Canadienne gagne un tout petit poil en finesse sans rien perdre de son côté biatch, il peut s’écouter aussi bien en salon que se voir sur scène où il doit toujours arracher : on imagine parfaitement Peaches en star disco décadente second degré qui allume une scène entière en combi latex (dorée, de préférence) armée de godemichés. Il y a toujours ses chansons raps aggressivo-féministes  (Billionaire, Serpentine), mais avec des passages posés, du chants, de la mélodies. Un album un poil plus consensuel, un poil plus étoffé que ses derniers : objectif donc réussi pour l’artiste qui va sans doute réussir à gagner quelques gallons mainstream (bah ouais) et pourquoi pas passer un jour sur MTV entre Miley Cyrus et Avril Lavigne. Oh oui, soupir de jouissance perverse un poil déçu quand même.

Dilate ton organe

Peaches – I Feel Cream.

Liens

I Feel Cream sur Spotify

Le site de Peaches

Mondkopf – Ave Maria (Live Edit)
Iggy Pop – Nice to be dead

Réagis mon ami !

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l' auteur, Pierro

Connard pédant.

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