Chronique de Trisomie 21 – Black Label
Trisomie 21 - Black Label
Année : 2009
Genre : New Wave
Chanson(s) préférée(s) : Half Drop, Shadows Army
Trisomie 21 c’est d’abord un nom. Gênant, perturbant qui ne peut laisser indifférent. Il relègue presque obligatoirement le groupe dans les méandres d’une scène new wave française qui n’existerait que grâce à eux. Car oui on est en face d’un groupe plus que vintage, 26 ans de sons. Les deux frères derrière l’expérience sont très loin d’être des petits Jean Michel Jarre. On est plus en présence de contemporains de Front 242.
Leur album, Black Label est porté par ce que fait de mieux le groupe : musique atmosphérique et chant plaintif et lourd qui nous écrasent de leur pression. Imaginez un New Order où Ian Curtis serait toujours aux manettes, susurrant son désarroi et son mal de vivre. L’instrumentation est souvent sobre : des guitares plus ou moins saturées et un synthé qui se réveille de temps en temps. Si Trisomie 21 se cantonnait à des concerts typés musique électronique à la Kraftwerk, on pourrait excuser ce manque d’effort sur l’instrumental. Mais le groupe a une dimension rock très connotée dans cet album qui nous laisse sur notre faim.
La première écoute de l’album est fabuleuse. Très facile d’accès avec des morceaux bien formatés et de qualité très égale, les écoutes suivantes sont un peu plus difficiles. La faute à justement une instrumentalisation qui fait défaut. En concert le groupe a avec lui : guitare, basse et batterie. Je ne peux pas comprendre pourquoi pour un cd studio, Trisomie 21 conserve ce côté cd de démo avec une boite à rythme omniprésente. Ledit instrument se ferait moins remarquer si la boucle rythmique jouée variait au moins un peu pendant les morceaux mais même pas.
Ce constat négatif est paradoxalement la grande force de cet album. La pauvreté instrumentale et notamment rythmique met en exergue la guitare. Toujours saturée, elle vient jouer les troubles fêtes dans cette mécanique trop bien huilée et nous arrache finalement les plus belles émotions. Le groupe joue habilement avec ses propres limitations sur le morceau Half Drop pour nous offrir une belle montée de synthé en lieu et place de la guitare.
Je m’attarde sur ce que je juge être le défaut ou l’atout du groupe. Cela dépend de la manière dont on l’aborde. Pour moi venant de la pop, des morceaux comme Shadows Army sont des summums et si ce n’est les meilleurs morceaux de Black Label. Ce morceau précisément, un peu plus rock que les autres est placé vers la fin du cd avec d’autres du même acabit. J’ai vraiment le sentiment à l’écoute qu’il y a presque une césure brutale entre deux univers : l’un plus électro et l’autre plus rock. S’en est presque perturbant.
C’est pour moi un très bon album. L’émotion l’emporte sur le regard presque technique ou même sectaire vis-à-vis des genres. J’ai acheté la version « collector » qui comporte un deuxième cd de remix et de pistes plus destiné pour faire sample qu’autre chose. On insultera au passage le format du boitier qui rend pénible au choix : la lecture du livret ou l’extraction d’un des deux cd.
nuage de tags & best-of


Jean Luc a dit :
1
Très agréable à lire et intéressant, même si certaines phrases sont parfois too much (L’émotion l’emporte sur le regard presque technique ou même sectaire vis-à-vis des genres)…
je testerai peu être si j’ai du temps et de la motivation
Matt Daemon a dit :
2
C’est vrai que je n’ai pas fait l’effort de mettre un mp3. Je le ferai pour mes chroniques à venir.
Branche ton Sonotone ! » Dernière tournée pour Trisomie 21 a dit :
3
[...] Lien vers la chronique Propage la bonne parole ! [...]
yakayéyé a dit :
4
Remonte le temps et revise « Le repos des enfants heureux » « Passion divisé » « Wait and dance » et, deja sur le declin, « Chapter IV » et son Remix. Tu comprendras tout. La cold wave française fin 70 debut 80 c’ etait ça et ça manque.