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Chronique de Sonic Youth – The Eternal

Chronique de Sonic Youth – The Eternal

Sonic Youth - The Eternal

Année : 2009
Genre : rock avant gardiste, noise pop, Sonic Youth style
Chanson(s) préférée(s) : What We Know, Walkin Blue

10/10

On ne présente plus Sonic Youth, quatuor New-Yorkais fondé en 1981. Depuis lors, le groupe a mis au monde pas moins de 16 albums studios, sans compter les compilations et autres EPs, ainsi que les divers albums solos des membres, et projets parallèles. Ce super-groupe qui a traversé les modes et les périodes plus ou moins glorieuses du rock est encore là pour nous offrir de la qualité. Je vous le dis tout de suite : on est à des années lumières des pathétiques The Cure.


Petit cours de rattrapage : Kim Gordon, Thurston Moore, Lee Ranaldo et Steeve Shelley sont donc extrêmement productifs, mais pas seulement au sein de Sonic Youth. On ne compte plus leurs collaborations, leurs albums solos, projets parallèles, apparitions dans le monde de l’art contemporain, au cinéma, fondation de labels indépendants… Le groupe a également parrainé de nombreux groupes dont l’incontournable Nirvana.

Comme vous pouvez l’imaginer, en presque 30 ans de carrière la musique du groupe a évolué, allant d’un son new-wave à punk hard core, en passant par le post rock. Leur son est très spécial, ils jouent sur les dissonances et autres fausses notes introduites sciemment pour vous déranger l’oreille. Sans compter les divers bruitages que l’on peut entendre. Les guitares jouent un rôle primordial, et il est impressionnant sur scène de réaliser que chaque guitariste possède une vingtaine de guitares, presque toutes des fender jazz master, toutes préparées et accordées de manière différente, de sorte qu’ils en changent presque à chaque morceau. Tous chantent excepté le batteur, ce qui empêche les albums de s’installer dans une sorte de routine.

The Eternal sort aujourd’hui en France et semble faire parler de lui. L’album précédent, Rather Ripped avait une consonance plus douce, plus pop que les autres albums et avait un son bien particulier, jouant beaucoup sur les harmoniques. Cette fois, Sonic Youth revient avec un album qui ressemble beaucoup à ce que nous avions l’habitude d’entendre venant d’eux : des morceaux vraiment très expérimentaux et dissonants en enlevant le côté doux et pompeux du dernier album. Néanmoins, il me semble bien plus accessible que beaucoup d’autres, tout en restant bien dans l’esprit du groupe. On a toujours des bruits de guitares chelous mais j’ai l’impression qu’ils choquent bien moins l’oreille. Je vous laisse en juger.

Une fois de plus je suis impressionnée par les titres des chansons. Anti-orgasm, Malibu Gas Station, No Way… Les paroles vont également dans ce sens : « heaven is not about your reputation ». Ils ont des choses à dire, des idées à revendiquer, ça s’entend dans le chant, et ça fait plaisir. On peut dire que l’album est très péchu, les morceaux commencent presque tous en trombe, pas le temps de trainer, alors que sur Rather Ripped on avait des morceaux assez doux, comme Or ou le merveilleux Do You Believe In Rapture. Ici rien de tout ça, la batterie ne relâche jamais le rythme soutenu.

En ce sens, l’album est très homogène. La cohérence entre les morceaux est totale, et on sent que ce sont d’excellents musiciens qui sont aux commandes. Rien n’est laissé au hasard, et même les bruits étranges semblent parfaitement maîtrisés. C’est un album très mûr, ils ont atteint le sommet de leur art.

Sur le dernier morceau, Massage The History, on reconnaît très précisément la guitare de Thurston Moore, dans le même style que sur son dernier album solo, Threes Outside The Academy, le tout sublimé par la voix sensuelle de Kim Gordon, la femme la plus classe du monde (note de Matt Daemon : et elle joue de la basse), et on plane pendant 10 minutes de bonheur. On remet le couvert avec de longues parties instrumentales comme seul Sonic Youth sait les faire, les deux guitares si particulières sachant s’accorder à merveille, sans pour autant qu’on ait de solos à tout bout de champ.

Pour conclure, on est en présence d’un très bon Sonic Youth, du grand art. Ils ont réussi ce qu’ils savent faire de mieux, en encore meilleur. Je suis bluffée. Je leur mets donc un 10, car même si l’album parfait n’existe pas, je crois qu’ils n’auraient pas pu faire mieux. J’attends avec impatience d’avoir l’album physique entre les mains pour enfin avoir une qualité d’écoute potable.

Sonic Youth – What We Know.

Sonic Youth – Massage The History.


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l' auteur, Malie

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