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Chronique de Neil Young – Fork In The Road

Chronique de Neil Young – Fork In The Road

Neil Young - Fork In The Road

Année : 2009
Genre : Rock'n'roll sexagénaire
Chanson(s) préférée(s) : Light A Candle, Johnny Magic

6/10

Neil Young, artiste prolifique originaire de Toronto, est désormais une légende vivante du country-rock. Il sort son premier album solo en 1968, il y a plus de quarante ans. Dans les 70s, avec les cultissimes « After The Gold Rush » et « Harvest« , il devient une star planétaire et marque à jamais l’histoire de la musique de son empreinte inimitable.

En 2009, il nous revient avec son 31ème album studio… Le nombre fait évidemment rêver les musiciens en herbe, mais n’est-ce pas là juste un album de plus, de trop ?

En effet, si on en croit l’avis des critiques, Neil Young a traversé après les 80s une longue période de vide, non pas au niveau de la production mais dans l’inspiration. Son précédent album, « Chrome Dreams II« , sorti en 2006, semblait renouer avec la période d’or de sa carrière. Qu’en est-il de ce « Fork In The Road« , qui, loin de faire l’apologie de la fourchette, indique selon l’expression anglaise un choix décisif de vie?

Tout de suite, ce qui saute aux oreilles quand on écoute les paroles, c’est l’unique sujet abordé par Young : sa voiture, une Lincoln Continental 1959, qu’il semble vénérer – il l’appelle « my girl » et la désigne par le pronom « she », comme un être humain. En fait, il ne s’agit pas uniquement de mécanique, mais plutôt d’écologie. Young, comme tant d’autres, s’empare du thème majeur du XIXème siècle. S’il chante les louages de son auto, c’est parce que depuis 2008, elle est devenue un prototype en se voyant installer un moteur entièrement électrique. Ce fut possible car Young coopère avec le mécanicien Johnathan Goodwin sur son projet LincVolt, dédié à ce nouveau type de moteurs. Tout est résumé dans « Fuel Line » : « the awesome power of electricity / stored for you in a giant battery / she runs so quiet, she’s just like a ghost ».

C’est une noble idée que de vouloir promouvoir l’environnement au travers de sa voiture et les excès sentimentalistes à la Captain Samouraï Flower sont évités; cependant ce thème plus que récurent finit très vite par lasser les novices dont je fais partie. On aurait pu attendre des efforts sur les paroles pour rendre la chose un peu subtile, mais pas du tout. Pour dire, on trouve dans l’album, à la suite, les morceaux « Off The Road » et « Hit The Road« . Redondant.

Plus ennuyeux encore, le niveau vocal de Young semble avoir pris un sacré coup. Certes, il n’était pas connu pour une justesse légendaire, mais là on trouve à plusieurs endroits des faussetés qui font vraiment saigner les oreilles. À d’autres endroits, la voix est tremblante, on sent l’âge qui prend le pas sur le dynamisme. Pour sauver le tout, les chœurs, bien que faisant partie de la signature musicale de Young, sont omniprésents tout le long de l’album. Ils ne sont pas gênants, au contraire, quand ils sont là pour soutenir un rythme ou une mélodie, mais ici on sent bien qu’ils jouent plus le rôle de palliatif de la voix principale.

De plus, là où on aurait aimé retrouver le son de Young, on est déçu. Pas vraiment de country/folk, c’est un rock très classique qu’il nous propose ici. Bonnes guitares parfois, c’est vrai, mais entendue mille fois. Il y a aussi des mélodies accrocheuses, et c’est ce qui sauve l’album, mais l’ensemble est inégal, parfois on s’ennuie ferme. Un bon point cependant pour « Light A Candle« , jolie ballade à la guitare acoustique.

En définitive, cet album est une déception pour moi. J’avais vu Neil Young au festival belge de Werchter et j’avais été emballée par sa prestation, oubliant son âge, tant la dynamique qu’il envoyait était forte. Je pense que cet album est donc plus taillé pour l’écoute en live que sur CD.

Je retournerai le voir avec plaisir dès que l’occasion se présentera, même avec ces morceaux, qu’il saura j’en suis sûre rendre plus attractifs.
Souhaitons-lui bonne chance dans sa prochaine entreprise : effectuer une itinéraire avec sa Lincoln jusqu’à Washington, sans utiliser une goutte d’essence!

Neil Young- Johnny Magic

Neil Young- Light A Candle

Jean Louis Aubert et Asa – Sweet Black Angel (taratata)
Outkast – Hey Ya

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l' auteur, Elmera

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