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Chronique de Smoke the monster out – Damian Lazarus

Chronique de Smoke the monster out – Damian Lazarus

Damian Lazarus - Smoke the monster out

Année : 2009
Genre : Electro-folk barrée
Chanson(s) préférée(s) : Memory Box, Bloop bleep, Come and play, Lullabies, Moment

9/10

Damian Lazarus est l’un des DJ les plus réputés et respectés Outre-Manche pour ses sets de techno vicieuse et imparable. Il signe ici son premier essai, où il fait le choix d’une voie hybride, entre pulsations synthétiques et beautés organiques et lancinantes.

Jonglant entre folk barré, house vicieuse et accalmies schizophrénico-dark, ce Smoke the Monster Out (« Débusquer le monstre ») porte bien son nom : le monstre, non content d’être débusqué, est intégré, synthétisé et revendiqué dans cette musique indéfinissable et complètement barrée où tout le monde pourra trouver son compte. Ce monstre, c’est cette espèce de tension omniprésente dans l’album de Damian Lazarus : un balancement permanent entre des tonalités sombres et déchirantes et une joie de vivre bizarroïde à base de bruitages foufous, de mélodies jolies et de basses diaboliques.

Voilà. Ceci dit je sais plus comment rebondir là-dessus. Je vais vous faire une confidence : chroniquer un excellent album c’est toujours difficile, mais chroniquer un excellent album indéfinissable comme celui de Damian Lazarus, ça l’est encore plus. Alors du coup il faut trouver des formules pédantes et creuses pour essayer de résumer ce qui n’est justement pas réductibles à quelques formules lapidaires… mais voyez plutôt :

Je pourrais bien vous dire que l’album s’ouvre sur un Moment d’anthologie : une pièce de 9 minutes totales bercées par les voix aériennes et déchirantes des chanteuses de Taxi Taxi, le tout sur une espèce de basse sombre et bondissante à la fois. L’alliance parfaite de l’humain et de la machine. De même sur Come and Play, une espèce de balade-techno éthérée et lancinante à la beauté déchirante, ainsi qu’It’s raining today…

Je pourrais bien vous dire que le suivant Memory Box est une espèce de house brutale et couillue qui prend totalement l’auditeur à contre-pied… tout comme le morceau Lullabies, qui démarre sur une espèce de bourrée folklorique avant d’embrayer sur une deep-house bien charpentée.

Je pourrais tout autant vous assurer que le disque continue sur cette voie de la surprise en alternant des balades parfois très folk et toute mimis ou Damian Lazarus chante, un poil maladroitement il est vrai, (Diamond in the Dark, After Rave Delight) avec des gros bruitages bizarroïdes de voix monstrueuses et de basses sombres.

Je pourrais conclure cette rapide revue des titres de l’album en vous disant que le plus surprenant est à mon goût Bloop Bleep, une pièce complètement farfelue et décalée de 4 min qui démarre façon années 30 avec un rythme binaire fait de « bloop » et de « bleep », puis qui part dans une espèce de pièce progressive et irrésistible à base d’instruments à vent, de percussions, de synthés et de chœurs aériens. Un pur régal.

Smoke the monster Out peut apparaître comme un gigantesque fourre-tout pétri d’influences. Ce qu’il est. Souvent pour le meilleur (c’est jouissif et rafraîchissant et suprenant), et rarement pour le pire (quelques maladresses dans certaines balades). Si j’aimais bien le comique de répétition, je dirais que l’album de Damian Lazarus est, comme celui de Laurent Garnier (dans un esprit encore différent), un album syncrétique : entre rave et mélodie, froideur technique et bouillonnement brutal, tristesse et joie… Encore quelqu’un qui prouve que l’électro n’est surtout pas un genre inepte, que c’est une musique intelligente qui peut s’adresser à tous.

Si vous n’avez rien lu de la chronique et que vous arrivez là par hasard, Damian Lazarus, c’est juste ma très grosse surprise de ces dernières semaines. Je l’écoute en boucle et vous exhorte à l’écouter, que vous aimiez l’électro ou pas : si vous aimez être surpris, cet album est pour vous.

Liens

L’album sur Spotify.

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l' auteur, Pierro

Connard pédant.

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