Le Best-of du mois

6/10 7/10 8/10 9/10 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Allemagne Angleterre Australie Blues Canada clip concert disco enfant malien Etats-Unis Festival folk France Grande Bretagne Hip Hop house jazz live New Wave nouveau nouvel album pop post-rock punk rap reprise rock Royaume-Uni soul suède techno trip-hop UK USA électro

nuage de tags & best-of
Accueil » Chroniques

Chronique de Yom – New King Of Klezmer Clarinet

Chronique de Yom – New King Of Klezmer Clarinet

Yom - New King of Klezmer Clarinet

Année : 2008
Genre : Klezmer
Chanson(s) préférée(s) : Naftule Attitude 1, à peine plus que toutes les autres

10/10

Quoi tu n’a jamais entendu parler de musique klezmer ? Qu’à cela ne tienne, Branche ton Sonotone t’emmène dans son sac à dos à la découverte de Yom, l’un des plus jouissifs contemporains de la musique Klezmer !

Avant Yom donc, il y a le Klezmer:  musique Juive trouvant ses racines en Europe de l’Est. Le XXème siècle (particulièrement les 20′s puis les 70′s) aura permis à cette musique de ce faire connaître partout dans le monde grâce à des artistes comme Naftule Brandwein (retenez bien ce nom), Giora Feidman ou encore Davird Krakauer.
Issu d’une culture nomade et quelque peu religieuse, le Klezmer utilise généralement des instruments légers, facilement transportables, à savoir: le violon, la clarinette, le saxophone, la flûte ou le tapan (et autres percussions). Notez également que les chants le sont souvent (pour pas dire toujours) en Yiddish.

Maintenant que j’ai fini de vous prendre pour des benêts incultes, passons aux choses sérieuses… La particularité essentielle de cet album New King Of Klezmer Clarinet est qu’il est un hommage… Un hommage à Naftule Brandwein (si si j’en ai parlé!) qui ma foi, fut en son temps un virtuose de la musique Klezmer. Dans les années 20 il débarque sur le continent Américain et gagne rapidement un franc succès. Il est aujourd’hui encore considéré comme une référence pour les Klezmorims…

Oui mais voilà : Naftule est un ivrogne, complètement déjanté, ne sachant pas lire une partition ! Parmi ses multiples excentricités il s’aventure à jouer dos au public (pour que personne ne lui vole ses plans…), montrant ses fesses après avoir joué à moitié nu, en sueur et une guirlande électrique pendue autour du cou. Enfin, il s’auto-proclame King Of Jew Music (Roi de la Musique Juive) ! 50 ans plus tard il vous aurait été présenté comme un punk. À raison.

Vous l’aurez compris le titre plus modéré New King of Klezmer Clarinet se justifie (Yom est (un petit peu) moins mégalo que Nafstule). Sur la pochette de l’album et dans le livret, on le voit d’ailleurs (sa véritable identité est un mystère) déguisé en excentrique roi (qui emprunte plus son style à un rappeur US qu’à un monarque traditionnel). Ceux qui n’aurons rien compris dénonceront d’ailleurs cette attitude faussement prétentieuse (si si j’en ai vu). Mais pour avoir apprécié Yom en live et échangé quelques mots avec lui après le concert, je peux vous assurer qu’il ne manque pas d’humilité (et son rire est tonitruant) !

L’album met donc en scène Yom, accompagné de trois prodigieux musiciens, l’un au Tapan, l’autre au Tuba/Trombone et un dernier au piano (le piano fait son apparition dans la musique Klezmer grâce à l’influence du Jazz, lorsque la seconde génération de Klezmorim apparaît au Etats-Unis). Il est en fait difficile de parler de cet album sans évoquer les traditions et codes de ce style si singulier. Plus encore quand on sait que cette prestation est une oeuvre brute, conditionnée par l’improvisation et la transe du clarinettiste.

Transe car c’est finalement ce que m’évoque le jeu de Yom. Un enchaînement complexe et passionné de note. Une musique au rythme indéchiffrable, ponctuée d’allitérations musicales qu’offrent les trilles et certaines transitions inattendues. Si demain nous inventions un notomètre, machine capable de compter le nombre de notes jouées sur intervalles fixes, Yom produirait sûrement des chiffres et graphiques que la pensée humaine ne saurait pas interpréter…
En outre les clarinettistes classiques s’étonneront d’entendre jouer des notes qui n’appartiennent pas à la porté habituelle de l’instrument. Pour réaliser un tel miracle, Yom manipule magnifiquement quelques procédés propres au Klezmer comme pincer la hanche avec ses dents ou utiliser des glissendos.

Tout au long de l’écoute, le trombone et la percussion ont pour qualité de donner à l’auditeur une trame plus facile à suivre, un rythme plus ou moins régulier sur lequel se raccrocher. Le clarinettiste nous souffle tellement qu’on cherche à tout prix quelque chose auquel se tenir pour ne pas se noyer. C’est cet aspect de Yom qui en fait probablement tout le charme. Le pianiste lui, intègre la musique avec plus d’inertie en adoptant des mouvements plus aléatoires et improvisés, comme le démontre très bien la chanson The hot boiling Bulgar ou sur le dernier titre de l’album, Introduction (logique).

L’hommage reprend néanmoins des titres plus calmes de N. Brandwein comme The rabbi’s Disciple (chanson reproduisant quand même de grands élancements mélodiques). Titre surprenant d’ailleurs quand on considère que Nafstule était plus un fervent adepte du bar que de la synagogue.

Clôturons enfin cette chronique en soulignant la complète réussite de cette hommage. La performance technique est telle que je vous recommande absolument la prestation live de ce quatuor. Si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas une seconde, pas besoin d’être un féru de musique klezmer pour en apprécier le spectacle. Et puis il faut bien l’avouer, Yom est un virtuose et on n’en rencontre pas tous les jours !

Mettez vous l’eau à la bouche (ou le cérumen au cornet)

Grillez votre sonotone un peu plus loin

MAP – Appelle Moi Camarade
Comment créer un hymne techno-rave-punk imparable ? (Smack my Bitch Up – The Prodigy)

13 Commentaires »

Réagis mon ami !

S'abonner aux commentaires de cet article.

Ce blog est magistralement paramétré pour afficher des Gravatar. Si toi aussi tu veux une image à côté de tes commentaires (comme je te comprends), tu peux aller jeter un oeil chez Gravatar.

l' auteur, Pirhoo

Petit manchot, gros égo.

Creative Commons License
Les articles sur ce site sont placés sous licence Creative Common (by-nc-sa).