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Chronique de NOFX – Coaster

[27 juin 2009 | 5 Commentaires | 569 visites ]
Chronique de NOFX – Coaster

NOFX - Coaster

Année : 2009
Genre : Puuuunk
Chanson(s) préférée(s) : We Called It America, The Quitter, First Call, Suits And Ladders

7/10

Alors que je ne me remet toujours pas de la déception cinglante que m’a infligé le dernier album des sacripants de Green Day, il fallait que je me tourne vers une valeur sûre et fiable.

Quand on aborde un nouvel album de NOFX, il ne faut pas s’attendre à une révolution musicale. Depuis qu’ils ont commencé, il y a vingt-cinq ans, ils ont déjà appris à jouer en rythme et à chanter à peu près juste, ce qui est déjà un excellent début.

Ce qu’il faut aussi garder à l’esprit quand on écoute cet album, c’est que le groupe a tutoyé les punks de la première déferlante (sur la fin) et ils sont un des derniers groupes de punk encore actif qui ait commencé à jouer alors que le Clash venait juste de sortir Combat Rock. En gros, c’est comme Rancid, qui eux étaient les protégés de Strummer : ils sont une des réminiscences du punk les véritables. De plus, ils ont également connu le revival punk de l’an de grâce 1994, où sortirent Dookie de Green Day, Let’s Go de Rancid, Smash des Offspring et donc Punk in Drublic de NOFX. Superbe (enfin bon, façon de parler) album et qui est reconnu comme le meilleur album de NOFX ever et qui est également un des albums de punk majeur des années 90.

Les fans avaient un peu tremblé. Après le très honnête War On Errorism (2003), Wolves in Wolves’ Clothing (2006) les avait déçu. Pas moi, mais bon. On flippe quand même à l’idée que lassé saprès 25 ans de tournées, ils tournent la page. N’y pense pas MARTIN N’Y PENSE PAS.

Mais fini le verbiage, car la question de savoir ce que « le groupe le plus drôle du rock’n'roll » peut nous apporter avec ce 11e album ne se pose pas, on connaît déjà la réponse : rien, sinon un putain de bon album punk intransigeant et déjanté.

We called it America, ouvre l’album. Tendue et massive comme un skin ivre mort, elle met les pendules à l’heure, et nous rappelle que dans son domaine NOFX surclasse tout le monde, renvoyant nombre de kids nés alors que le groupe sortait leur troisième ou quatrième album à leurs legos et leur Budweiser. C’est puissant, urgent, la guitare lead cavale à la vitesse de la lumière, les powerchords de la guitare back sont dévastateurs, et Fat Mike débite et mitraille comme si sa vie en dépendait avec un flow étonnant. Bref, quand, au bout de deux minutes la chanson se termine, on a le sourire libidineux et chafouin de celui qui va pouvoir s’envoyer un putain de bon album de punk speed et burné.

La deuxième chanson, le single The Quitter, met la barre encore plus haut : ligne de basse aller retour pick au son crade, riff de guitare surpuissant, refrain aisément gueulable dans une fosse moite et surpeuplée, et un débit de mitraillette qui sied à Fat Mike comme une crête sur le crâne d’un skin

Avec First Call, la troisième piste, on respire un peu, le refrain reste énorme, mais la pression se relâche sur les couplets.

Constante sur tout le skeud et comme d’habitude avec NOFX : le son est énorme, les powerchord sonnent très bien et quand il n’y a qu’une guitare, on a l’impression d’en entendre deux. Le son de la batterie est impeccable, et le chanteur/bassiste Fat Mike plante quelques jolies lignes de basses (First Call, Suits And Ladders).

NOFX revient régulièrement à la base Punk In Drublic-like, batterie en avant et refrains monumentaux (My Orphan Year, Suits And Ladders, The Agony Of Victory, One Million Coasters). Ainsi, si la musique n’est pas variée, les paroles le sont. Certaines chansons, autobiographiques probablement, si elles étaient chantées par dessus une guitare sèche auraient de quoi émouvoir n’importe quel keupon endurci (« My mother battled cancer / The night before she left me / [I] thanked her for everything she’d done / Raising me alone wasn’t much fun » dans My Orphan Year). D’autres encore reprennent les chevaux de bataille du politisé Fat Mike, avec l’ironie et l’irrévérence qui font la saveur de bien des chansons du groupe : la religion, avec Blasphemy (« Mother Mary, the virgin whore »), ou la politique, avec We Called It America qui exprime bien le sentiment de déclin des USA (« That was the America that we thought was number one / Thought would overcome, thought would never die »).

Mais n’oublions pas que NOFX est un groupe de sacré déconneurs imbibés : les paroles de Creeping Out Sarah, ou la parodie ultra-kitsch et hilarante de Iron Maiden (Eddie Bruce and Paul, et son solo final) sont là pour nous le rappeler.

Les gars de NOFX ont de la bouteille (c’est le cas de le dire), mais ils connaissent toutefois quelques moments de mou notamment quand ils renouent avec leurs penchants ska qui leur allaient pourtant si bien (Best God In Show) ou sur certains passages de chansons excellentes par ailleurs (les passages kitschs et inutiles de I Am An Alcoholic ou de One Million Coasters).

Sur Coaster, si NOFX n’innove en rien, mais le groupe évite les fautes de goûts, la redite trop évidente, et le foutage de gueule en pondant son meilleur album depuis un bon bout de temps. Si je devais donc résumer, ce nouvel album de NOFX c’est comme une bonne Kro : c’est pas le premier, ni le dernier (espérons-le), mais par le saint esprit de Strummer : que c’est bon !

Bourre-toi la gueule en public


5 Commentaires »

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l' auteur, Martin

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