Concert : Lyre Le Temps (@MDE – Poitiers – 11/06)
Jeudi 11 Juin à 21h, j’avais rendez-vous avec l’un des groupes les plus excitants, à mon humble avis, de la scène électro française : Lyre Le Temps. Les ayant découvert il y a un an et demi par le biais de leur Myspace et assisté à leur éclosion progressive (sortie de Different Universes, leur premier album, multiplication des concerts etc), j’étais très fébrile à l’idée de les découvrir sur scène.
Dans le cadre d’un concert organisé par une association musicale locale poitevine (l’Amie Zik), les LLT se produisaient avec les Idéograme (du rock progressif) et Songo Family (rigolo-électro). Je passe rapidement sur ces deux « première et troisième partie », j’étais pas réellement là-bas pour ça, même si la personne qui vendait les billets qui était également la chanteuse de Songo Family a répondu par un « En deuxième mais vous resterez nous voir jouer j’espère » à la question « Ils passent en quelle position Lyre le temps » ? En gros Idéograme c’était très certainement un groupe local pas réellement habitué à la scène, c’était genre, euh, sympa. Du rock. Progressif. La Songo Family c’était rafraîchissant et novateur mais c’est passé après LLT donc du coup c’était un peu dur de se remettre dans le bain : en gros c’est « Opestak’ », un concept d’un espèce de spectacle-histoire-conte hybride à base de batteries, guitares et synthè. De l’électro-conte. Voilà.
Entre ces deux groupes se produisait donc LLT, durant une petite heure et demie d’un show à proprement parler assez génial. Lyre Le Temps, c’est trois compères venus d’Alsace, Amorphe (platines), Seconde (platines) et Ry’m (voix, synthé), réunis pour produire un électroclash du tonnerre orienté jazz et swing et hip-hop. D’aucuns résument le style de ce groupe sous le nom d’un « électro-swing » qui est plutôt prétexte à créer des compilations. Non, la musique de Lyre Le Temps n’est pas résumable à cet « électro-swing » restrictif. Lyre Le Temps, c’est jute le mix entre la puissance électro et scratchy de deux DJ, la voix rocailleuse et déchaînée d’un chanteur qui transmet une énergie folle, mais avant tout la passion d’un trio pour la musique venant de tous horizons, de la musique chinée dans les bacs d’obscurs disquaires. Bref, un vent, non, une déflagration de fraîcheur musicale envoyée par 3 artistes talentueux, qui nous bousculent bien le sonotone en l’envoyant valser à travers le XXème siècle et ses courants musicaux divers.
Ce qui donne, dans les faits, un son imparable qui pioche dans l’électro, mais aussi le gospel, le rock, le hip-hop, le jazz, le swing, le blues, le country, et la musique de chambre, ou pas. Voilà pourquoi parler d’un électro-« clash » semble plus cohérent, tant la patte de LLT brasse quantité d’influences dans un son assez inimitables, entre gros riffs électro saturés, distordus et rétro sublimés par la voix irrésistiblement énergique et vénère du chanteur. A l’écoute, une sacrée présence. Il fallait donc voir sur scène. Et j’y viens. Puisque c’est le propos du report. Qui débute juste. Alors que j’ai déjà tartiné une page. Et que je cultive l’art de la digression oiseuse.
Nous étions 50. A tout casser. 50 dans cette salle neuve de la Maison des Etudiants. Le public : des roots faqueux-lettreux-socioteux-psychoteux pour la plupart. L’ambiance : délétère. Rien ne bouge, ni personne. Parfois, des huées fusent ici et là. (j’y reviendrais). Pour résumer : ce concert ne peut qu’être pourri. Pourtant, dans ce territoire conquis par la flemme et la morgue cynique de l’étudiant blasé de lettres qui révise pour son master s’il te plaît, une poignée d’irréductibles joviaux résistent à la morosité ambiante : 5, nous serons 5 à danser pour toute la salle durant tout le live, à se démener comme des beaux diables pour essayer d’encourager un groupe qui n’a sans doute pas eu l’habitude de faire des scènes aussi piteuses.
NB : Les photos et les vidéos ne sont pas extraites du live de poitiers puisque je n’avais pas le matériel, mais la disposition et l’énergie sont les mêmes. Merci à Volubilis.net pour les images.
Normalement, la musique et l’énergie Lyre Le Temps doivent faire décoller n’importe quelle salle. Ils sont calibrés pour. Ils savent faire. Leur énergie est communicative. Ici, ça n’a marché qu’à demi, le chanteur tentait pourtant d’instaurer un dialogue entre un public jonché de réfractaires mals dans leurs peaux venus exsuder leur aigreur en lançant des « barrez-vous », « c’est de la merde », « on n’aime pas », entre chaque chanson. Droit d’expression ok. Mais quand ces réflexions se répétaient sur chacun des trois concerts, on aurait dû les foutre au four. Mais passons. LLT a donc partiellement réussi à faire décoller la salle, mais je dis ça, j’ai du retourner la tête 10 fois dans la concert et je me souviens peu, tellement mon état de transe musicale était avancé. J’étais tout devant, je voyais très bien le groupe et tout. Faut dire que y’avait tellement personne, rah.
You got it – Live at Molodoï, Mars 2008
Commençant avec leur classique You got it, qui n’est pas présent sur leur album, une tuerie électro-blues-rock qui sample un extrait d’un morceau d’Elvis the king Presley, je crois, mais je peu me tromper, n’importe qui aurait dû s’enflammer, mais là non, 5 personnes bougeaient, en gros. Pourtant c’est un réel plaisir de voir le groupe sur scène : une table de mixage simple, les deux Djs derrière à scratcher comme des beaux diables et le chanteur devant qui donne tout ce qu’il a. Chemise blanche et cravate noire de circonstance. Déhanchés et chorés saccadés.
« Vous dormez un peu là, j’entends rien ? » Vaines tentatives pour tenter de mettre le feu à un parterre beaucoup trop timide. Pourtant, quelle prestation. Jouant les titres phares de leur album « About the trauma drum », « Oh lord », « Against the grain », ainsi que leurs premières tueries comme « Hold the night », les LLT auraient du dynamiter la salle, mais rien n’y a fait, sans doute le nombre trop peu élevé de personnes trop peu motivées. Pourtant, le chanteur se donne pour 3, pour 10, pour 100 : quelle énergie ! Aussi présent vocalement (quoiqu’un peu court et essoufflé parfois, mais il faut voir le truc) que scéniquement : celui-ci a carrément dansé pour tout le public. Ce n’est donc pas pour rien que les Lyre Le Temps ont une réputation qui n’est plus à faire en live : ils se sont fait connaître grâce à la scène, et c’est dans la scène que leur musique trouve sa plénitude : entre impros jazzys, hip-hop-houp, réinterprétations ou reprise de « Hit the road Jack » au synthé (debout le synthé), ça fuse de partout et on ne s’en remet pas.
En conclusion : j’ai carrément kiffé ma race à ce live de Lyre Le Temps où je me suis donné de A à Z sur tout leur répertoire, émaillé d’impros et de réinterprétations. Je recommande ce groupe novateur et excitant, sans doute l’un des groupes français actuels les plus prometteurs (oui, je le dis), à absolument TOUT-LE-MONDE, si tant est que vous n’êtes pas un connard aigri et fermé, allez checker leur Myspace, vérifiez quand ils passent près de chez vous est FONCEZ-Y, vraiment, vous ne le regretterez pas.
Branche ton sonotone
L’horrible player deezer est de retour, et il est méchant.
Liens
- Lyre le temps sur myspace.
- L’album de Lyre le temps sur Deezer.
- Acheter Different Universes sur iTunes.






Marttin a dit :
1
Ouais public pas trés sympas…
Une correction, pas de sample du king sur « You got it » mais une voix rec maison !
Martin a dit :
2
Wow, merci du commentaire et de la précision
!
Martin a dit :
3
Merci à toi !
Pirhoo a dit :
4
Ah Pierrot, je suis allé voir LLT ya quelques jours: quelle sauce mon amis, quelle sauce ! J’ai adoré !