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Concert : Solidays – Paris – 27 & 28.06

[4 juillet 2009 | 2 Commentaires | 385 visites ]

bannieresolidays

Il fait très beau et très chaud ce samedi après-midi, alors que j’emprunte le chemin interminable (mais vraiment) qui sépare la station de métro de l’hippodrome de Longchamp. A l’entrée, une ambiance un peu fête foraine d’un goût un peu douteux. Je ne m’attarde pas, et je décide de commencer par un concert d’un groupe que je connais absolument pas.

La Phaze

Une sorte de mélange punk / électro / rap sous l’influence croisée de la Mano Negra (sans les cuivres) et de RATM. C’est pas toujours très inspiré et de très bon goût, mais leurs textes politisés et plutôt rageurs, chantés tantôt en anglais, tantôt en français, le tout propulsé par un gros son de gratte et des sonorités électroniques bien bourrines font que finalement, ça débroussaille pas mal les oreilles en vue des concerts suivants, et je passe un plutôt bon moment. Les pogos et les slams s’enchaînent, le groupe est heureux d’être là, ça se sent, et il se paie même le luxe de faire un featuring avec DJ Zebra, qui met la fosse en délire.

A la fin du concert, le nez d’une jeune femme se jette sur mon épaule, à mon grand dam. Ça ne m’aide pas pour résoudre mon premier gros dilemme de festivalier : Keziah Jones, dont j’apprécie vraiment les premiers travaux et qui promet une jolie performance en live, où la très belle révélation folk Alela Diane ? Le choix se fait sur le plus trivial des critères : la scène où se produit Keziah Jones est sur le chemin, ce sera donc ici que je m’arrête. D’autant plus que je ne me fais guère d’illusion sur la prestation scénique d’une folkeuse, et l’inventeur du blufunk me semble plus à même de déménager un minimum (pour moi un concert ça doit gêner mémé, sinon c’est vraiment pas drôle).

Keziah Jones

J’aurais du aller voir la folkeuse, puisque j’ai été vraiment déçu par le concert. Malgré la reprise de All Along The Watchtower, malgré un jeu de gratte de folie (ce type joue de la guitare comme on joue de la basse, j’adore), et des chansons plus anciennes de très bonne facture sur CD (Million Miles From Home, Kpafuca, Beautiful Emilie, Rythm Is Love), le live manque de souffle, de cohésion, de force : le son est mou voire moyen, les compos du dernier album peinent à me convaincre. Rétrospectivement, je me dis que c’est Keziah Jones et que c’est pas non plus l’artiste de la décennie, mais quand même, une vraie déception.

Point positif de ce festival : c’est très à l’heure et les concerts de ne démarrent jamais avec plus de cinq minutes de retard sur le programme. Ca ne pallie pas le principal problème de ce genre de festival : le dilemme cornélien entre plusieurs groupes qui jouent en même temps sur des scènes différentes. Qui donc choisir après cette déception ? The Virgins ? Yodélice ? Sefyu ? Ça sentait le choix par défaut, n’appréciant vraiment aucun des trois : je voulais avoir la confirmation que The Virgins c’était nul, que Yodélice c’était mignon et que Sefyu c’était pas mal sur scène. Je me suis donc convaincu de passer vingt minutes par concert.

The Virgins

The Virgins, donc. C’est convenu, déjà entendu, toutes les chansons se ressemblent et les minettes se sont donné rendez-vous pour pousser des petits cris hystériques. En plus le chanteur (qui n’a pas de voix) a un tee-shirt abominable. Don’t believe the hype.

Yodélice

Déjà chroniqué sur BTS, j’en attendais pas grand chose sinon un petit concert de folk Cocoonienne mignonne et sans prétention. Je pensais y rester donc vingt minutes mais j’ai été scotché jusqu’à la fin du concert. C’est complexe, mêlant plein d’influences et surtout très loin de la pop-folk radiophonique ! Le chanteur a une super présence scénique, le décor est parfait, jusqu’à la plume planté dans son chapeau, l’instrumentation est sombre, dépouillée et envoûtante. Je n’offre guère de résistance et dès la deuxième chanson, j’ai décollé. Une reprise – pourtant terriblement commune et casse gueule de Smells Like Teen Spirit – menée avec brio et maîtrise achève de me convaincre : le public ne se trompe pas et lui fait une très longue et tonitruante ovation.

J’aurais pu aller voir les Ting Tings, mais la fatigue, le manque de réel intérêt que je porte à ce groupe et ma répulsion à côtoyer pendant une heure les lolitas en slim, keffieh et wayfarer me propulsent vers la sortie du festival.

Deuxième jour (enfin troisième)

Je rate Syd Matters, mais trois heures de l’après-midi c’est beaucoup trop tôt, faut pas déconner. Il fait toujours aussi beau et c’est sous un cagnard ardent que je me dirige vers la scène Bagatelle pour aller voir Izia.

Izia

Eddie en a dit beaucoup de bien et nous aussi d’ailleurs. C’est donc comme ça que je me suis décidé entre elle et Piers Faccini. Ça passait déjà vraiment bien sur CD, mais là… Quelle claque mes amis ! Sans aucun doute un des tout meilleurs live que j’ai vu ce week-end. Furieusement rock’n'roll, la fille de Higelin est tout sauf une fille à papa. Un peu ronde, une voix éraillée, parfois presque soul, la Beth Ditto bien de chez nous envoit la purée. Un gratteux absolument parfait, une présence scénique ahurissante pour une gamine de son âge (elle est plus jeune que moi bordel), des gimmicks bien au point, des hymnes rock’n'roll fédérateurs, il n’en faudra pas plus pour mettre le public en nage et en transe, moi y compris. Elle conclut son concert d’un franc « Putain ! C’tait trop bon ! ». Pas mieux.

Ayo

C’est mignon. Bon, après ?

Et c’est encore un dilemme qui s’impose à moi (ou plutôt à nous puisque Chatterton m’a rejoint). Qui voir ? Les Naive New Beaters, que je trouve pas-trop-mal-sans-plus sur CD mais dont la réputation live est fracassante ? Emir Kusturica que je ne connais absolument pas mais dont je n’ai eu que des échos live enchantés ? Ou Caravan Palace, l’électro swing-jazz inspiré et réjouissant, grosse révélation et gros coup de cœur de ma part ?

Caravan Palace

J’étais donc excité comme une puce avant ce concert, et pour cause ! Leur album est donc excellent, leur son est vraiment innovant et leur électro jazzy dansante ne pouvait qu’envoyer le bois sur scène. Peut-être en attendais-je trop, toujours est-il que j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le concert. La faute sans doute à un son un peu approximatif et à une scène sous chapiteau rapidement transformée en étuve par les quelques milliers de spectateurs présents. Néanmoins, leur présence scénique est ahurissante : drôle, leur spectacle confine parfois au théâtre et on sent une vraie complicité entre les membres. La chanteuse est juste sublimissime, le violoniste est déjanté, les instrumentistes sont définitivement brillants : la sauce prend tout de même, et la salle décolle littéralement sur des titres comme « Jolie Coquine », « Suzy » ou « La Caravane ». Bref, j’ai encore plus hâte de les voir sur la scène du Cabaret Frappé, cet été à Grenoble.

Wampas

Les Wampas, pour Chatterton et moi, étaient relativement haut dans notre liste nommée « bordel-ce-groupe-il-faut-absolument-que-je-le-voies-en-concert ». Bref, on attendait ce show avec l’impatience d’un parlementaire en vue avant un remaniement ministériel. Des grands néons formant le nom du groupe, un Didier Wampas qui se fait désirer, une foule qui en conséquence gueule « DIDIER, BOUGE TON CUL ! », une voix apocalyptique et divine qui nous susurre que « Les Wampas sont la preuve que Dieu existe (*mouhahah*) », le décor est planté. Habillé d’un pantalon moule-bite rouge brillant, d’un tee-shirt siglé « 100% parfaite » et d’un blouson de motard, portant de temps à autre une guitare Hello Kitty, Didier Wampas pourrait être un être hybride, croisement improbable entre David Johansen, Sid Vicious et Siouxsie. Pas loin de ces glorieux instigateurs, le punk yé-yé des Wampas envoit le bois (sans être révolutionnaire, cela va sans dire) et fait se retourner la fosse sur des hymnes comme « Rimini » ou « Manu Chao ». Les Wampas en live c’est juste gigantesque, et si musicalement ça peut pécher, le leader débile, du haut de ses 47 ans, donne une sacré leçon de décadence et d’irrévérence rock’n'roll. Tour à tour chantant au beau milieu du public, porté par le public sur une chaise, frappant de son poing le micro fiché dans son slip, portant (chastement) une petite fille sur ses genoux ou conviant plusieurs dizaines de filles du public à venir danser sur la scène avec lui, le seul vrai keupon français nous rappelle cette évidence : « DIDIER ! WAMPAS ! EST-LE-ROI ! ».

Manu Chao

Manu Chao c’est mieux en CD : c’est plus facile à arrêter.


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l' auteur, Martin

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