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Chronique de The Presets – Apocalypso

Chronique de The Presets – Apocalypso

The Presets - Apocalypso (Modular Records)

Année : 2008
Genre : Dance-punk-furia-rock-électro-rave
Chanson(s) préférée(s) : Kicking and Screaming, My People, This Boy's in love, Talk like That

8/10

Je suis venu à l’électro par des chemins pauvrement banals. En 2006-2007, alors que la french touch 2.0 commence d’être inventée par les journaleux, que le fluo fait encore rage, je découvre « l’électro-rock », la « nu-rave », le « disco-rock » bref, appelez ça comme vous voudrez : les compilations Kitsune m’ouvrent les oreilles et m’emmènent vers les infinies contrées électroniques.

C’est ainsi que j’appris à aimer la puissance brutale, charnelle, des riffs synthétiques avec Digitalism, Late of the Pier, Klaxons, b, Justice etc… tant de groupes qui, forts d’un arsenal électronique ravageur, privilégient aussi une approche mélodique et une construction assez old-school de leurs morceaux, qui oscillent entre instruments analogiques et puissance digitale. Parmi ces groupes qui me firent découvrir et apprécier l’électro, il y en a un qui tient une place à part dans mon petit cœur tout frêle : The Presets, duo australien incendiaire qui distille une électro-rock dark et discoïde. En un mot : irrésistible. Aucun autre groupe électro-rock n’arrive, pour moi, à recréer cette ambiance à la fois pesante, moite, mélodique, du feu de dieu. Vous l’aurez compris, ils sont pour moi une sorte de madeleine de Proust.

Leur premier album Beams sorti en 2005 esquissait déjà la puissance de feu du groupe avec des morceaux comme Are you the one ? ou I go hard, I go home, se perdait parfois dans des chansons diaphanes à fonction de remplissage mais laissait entrevoir l’extraordinaire potentiel de ces deux australiens pour produire une électro-rock-dance-punk-pute-prout aux amphétamines, charnelle et mélodique. En 2008, Apocalypso, leur deuxième opus, vient confirmer cette impression. Beaucoup plus dark, beaucoup plus électro, beaucoup plus puissant, finalement beaucoup plus mainstream. De la bombe.

Cet album, qui les propulsa tout au devant de la scène australienne, c’est un concentré de gros riffs distordus, de grosses « nappes » discos, de petits bruitages piou-piou, et de synthétiseurs un peu dégueulasses… le petit plus étant la voix du chanteur qui s’envole vers des pointes mélodiques et qui donne le « supplément d’âme » à cette musique, calibrée pour faire bouger des culs et lever des mains. Une dance-pop-punk de stade donc, absolument énorme, portée par des énormes bombe comme le fédérateur My People, le dévastateur Kicking and Screaming, le très mélodique This Boy’s in love, ou l’infectieux Talk like That sans oublier quelques nécessaires accalmies comme If i know you. 11 morceaux, 51 minutes, 5 bombes absolues, 6 autres très bonne chansons : c’est un album qui peut s’écouter en entier, sans tomber dans l’écueil de l’album fantoche, avec 3 singles énormes et du remplissage annexe.

La recette elle est, à peu de chose près, toujours la même, ce qui ne veut pas dire qu’elle est inefficace : une mélodie très simple à retenir, trois-quatres notes maxis, étayée par une panoplie électronique énorme à base de disto qui donne une impression d’un son très dense, un beat synthétique régulier, la voix dark du chanteur, et, dans la dernière partie de la chanson, un feu d’artifice mélodique avec ces fameuses « nappes » pompiers qui viennent transcender le reste et nous laisser chaos. A l’horizon, rien de nouveau, simplement une puissance hors-norme et absolument honteusement jouissive.

En gros, The Presets, est un vrai groupe d’artificier qui mêlent la puissance électronique avec une construction musicale très rock, très mélodique, super bien produite à l’image d’une tripotée de groupes actuels (avec plus ou moins de succès). Une musique purement charnelle donc, idéale pour danser ou se motiver à mort. A mon goût, ils surpassent absolument tout les autres groupes dits électro-rock dans la puissance « dancefloor ». Trop injustement occultés par leurs homologues Cut Copy,  Midnight Juggernauts, PNAU, Empire of the Sun, The Cat Empire... The Presets est la preuve que l’Australie, lointain sous-fifre du grand empire Britannique, peut produire un son de bourrin, un son de bourrin facile, mais un son de bourrin dark et mélodique qui rivalise avec la civilisation occidentale, la vraie. Ca déchire. Ca ne se pose pas de question. C’est l’été. Et c’est tout ce qu’on demande.

Attention, l’écoute prolongée d’une chanson peut vous la faire rentrer dans le cerveau pour une durée indéterminée. Très fort potentiel addictif.

L’album sur Spotify.

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Talking Heads – Psycho Killer (live – Rome 1980)

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l' auteur, Pierro

Connard pédant.

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