Chroniques sur le pouce #1
C’est l’été, personne ne lit BTS. Mais surtout, tout le monde n’a pas forcément envie de se farcir des pages et des pages de chroniques avant de choisir quel CD glisser dans sa platine. De plus beaucoup de CD ne méritent tout simplement pas des tartines, pour une raison ou une autre. D’où ces chroniques sur le pouce : tout l’été, trois galettes chroniquées en quelques lignes, et un seul extrait musical.
Le thème de cette première fournée : « tout a déjà été dit ». Le web croule d’analyses, chroniques, vidéos et mp3 de ces trois CD sortis cette année – tous depuis un moment. A quoi bon en rajouter une couche ? Mais vous ne les avez pas forcément lu et puis j’aime bien donner mon avis, je suis là pour ça, après tout.
Revolver
Music For A While
Les amateurs des Beatles ou d’Elliott Smith se régaleront : sous couvert d’une pochette en hommage aux fab four se cache une pop sentimentale et ouvragée, mâtinée de musique classique par trois garnements passés par le conservatoire. Après un EP prometteur, Music For A While est un superbe album, intelligent, sensible, aux mélodies irrésistibles (Leave Me Alone, Balulalow) voire tubesques (Get Around Town), et à l’instrumentation audacieuse, faisant largement appel aux cordes. On pourra lui reprocher une production un peu trop lisse et un aspect trop parfait. Néanmoins, cet album prouve que la pop française a de très beaux jours devant elle et Music For A While est un des très bons albums de 2009.
Franz Ferdinand
Tonight
C’est un peu le genre d’album que tu écoutes une fois, en te disant que c’est vraiment sans surprise. Album que tu te retrouves deux jours après à balancer à fond et à te jeter sur les murs en hurlant. J’avais beaucoup aimé leurs deux premiers albums, et force est de constater que dans l’évolution, la bande de Kapranos ne perd pas de sa classe. Beaucoup de choses restent inchangées : je reste amoureux de ce duo basse batterie qui est ce qui se fait de mieux dans le rock un peu mainstream aujourd’hui, les refrains sont toujours super bien foutus (No You Girls, Twilight Omens, Ulysses), les riffs sont toujours des machines à faire danser (No You Girls). Mais Franz Ferdinand évolue : aucun single absolu ne se dégage, sinon peut-être No You Girls. Mais grosse évolution qui a déplu a beaucoup de monde mais que j’approuve complètement : le recours à l’électro. Ça reste discret, mais l’épique Lucid Dreams (8 minutes), en nous gratifiant d’un final électro que ne renierait pas tous les camés d’une petite rave poitevine suffit à nous convaincre de la pertinence de la démarche : 3 minutes de pur bonheur d’un son gras et collant qui te malaxe les tympans et te décrasse les synapses pour de bon. L’album est par ailleurs maillé de beats et de sonorités électro qui font la petite nouveauté. Bilan : quelques petites longueurs, un soupçon d’électro, et un très bon album qui fait danser.
Album sur Spotify
Toy Fight
Peplum
Ils sont français, parisiens, et sont le pendant un peu fou-fou de Revolver. Là où ces derniers sont un peu lisses, les popeux de Toy Fight n’hésitent pas à introduire des aspérités, des ruptures et des sonorités inattendues. Multipliant les influences, l’instrumentation complexe tient de la véritable alchimie, et les mélodies immédiatement irrésistibles (Minute Song, High Noon) côtoient les compositions plus ambitieuses (The If Song, Les Indes Noires, Trucmuche…) et ouvragées. Cet album fait preuve d’une vraie personnalité et sonne vraiment comme l’œuvre d’un groupe expérimenté. Je comprends ainsi complètement l’engouement suscité par cet album, tant le travail de composition, l’inspiration et la personnalité du groupe est forte. Je trouve simplement qu’il souffre de quelques longueurs sur la fin, ce qui le met un cran au dessous, mais suffit qu’il reste quand même pour moi un des bons albums de 2009.
nuage de tags & best-of





Nao a dit :
1
Pourquoi tout ces français chantent ils en anglais ? …
Chatterton a dit :
2
Parce que quand on chante des choses absurdes ça passe toujours mieux en anglais. Il se trouve que pour pouvoir se payer le luxe de chanter en français, il faut faire de la chanson à texte, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Chanter en anglais permet de s’épargner les rimes (les anglais ne chantent pas en alexandrins) et le ridicule (exemple type du groupe qui aurait du chanter en anglais : BB Brune. Ou Vegastar)
Florian a dit :
3
« Tell me if I must leave or not »
Malie a dit :
4
Mouais, c’est ptêtre un mauvais exemple, ils auraient eu l’air ridicules quoi qu’il en soit.