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Chronique de The Dead Weather – Horehound

Chronique de The Dead Weather – Horehound

The Dead Weather - Horehound

Année : 2009
Genre : Blues-rock metallique
Chanson(s) préférée(s) : Treat Me Like Your Mother, Cut Like A Buffalo, Hang You From The Heavens

7/10

A l’aube des temps, il y eu The White Stripes, étape majeur du rock des années 2000. Puis les Raconteurs, hommage brillant au classic rock. Enfin vint, The Dead Weather, dernier né de la lignée Jack White, accompagné de Mosshart des Kills, de Lawrence des Raconteurs et de Fertita des QOTSA. Dès les premières secondes, on comprend que White s’est lâché (inutile de se bercer d’illusion, c’est lui le grand shaman derrière cet album, même s’il ne s’occupe théoriquement que de la batterie). Assez loin de ce qu’il a fait auparavant, Horehound est un brûlot blues-rock aride et poussiéreux, lourd comme un Led Zep’, nostalgique et habité comme un Leadbelly.

Tout commence par la possédante 60 Feet Tall, presque chamanique, portée par la voix incandescente d’Allison Mosshart et par une rythmique hachée, presque à bout de souffle. Et les chansons s’enchaînent, taillées dans le même blues électrique, sinueux et décharné.

La sécheresse et l’aridité règnent sur les 11 pistes de Horehound où une chape électrique et torturée côtoie les rythmiques et les accents bluesy. Les riffs se font tonitruants et les guitares imposantes, métalliques, dures comme la pierre. Le son est rugueux, moite, suant comme une journée dans le mid-west. Le son des guitares est à un niveau rarement entendu cette année, telles des armes émoussées mais redoutables, ouvragées avec soin par l’orfèvre Jack White pour la brute guerrière Fertita.

Au-delà de ce déchaînement tentaculaire règne le détachement : on les imagine, dans une cave et entre deux bières, une cigarette entre les dents, l’air de ne pas y toucher. Plus c’est fort plus c’est bon, mais on en a connu d’autres, voyez-vous.

Peut-être est-ce là qu’il faut chercher ce qui pêche outre ce déferlement sonore et acéré enthousiasmant. Car l’album a du mal à tenir la longueur, et au milieu de perles absolues comme Treat Me Like Your Mother ou I Cut Like A Buffalo, prodigieuses d’aisance et de classe, se cachent des chansons traitresses. Celles qui reprennent les mêmes recettes que les précédentes. Celles où la voix de Mosshart tourne un peu en rond et où le bruit des six cordes lasse. Dispensez-vous de Rocking Horse, de New Pony et de 3 Birds qui, lâchées à la suite, gâchent le plaisir et mettent en évidence les lacunes : le nouveau combo de White manque de consistance, de tenue et d’originalité sur la longueur. No Hassle Night peine à redresser le niveau.

Mais heureusement, à la manière du dernier opus des Raconteurs, Horehound se conclue sur un titre sublime. Will There Be Enough Water occupe ici la place de Carolina Drama. Balade bluesy distante, aérienne et infectieuse, elle justifie à elle seule l’achat du skeud.

On ressort de cet album frustré. D’autant plus aigri que les White Stripes sont un mythe et que les Raconteurs sont des génies. Même si Horehound est un album plus qu’honorable charriant son lot de pépites, Jack White n’est plus complètement à la hauteur de nos espérances.

Deux extraits

La vidéo de Treat Me Like Your Mother, juste énorme :

The Dead Weather – Cut Like A Buffalo

Pour aller plus loin

The Cave Singers – At The Cut
Le premier extrait du nouveau Muse est disponible!

7 Commentaires »

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l' auteur, Martin

Touffe blonde sociopathe à double arceau rotatif.

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