Chronique de Animal – Autokratz
Animal - Autokratz (Kitsune)
Année : 2009
Genre : Dance-pop casse-couille
Chanson(s) préférée(s) : Always More, Last Show
Après la collection de maxis de Down and Out in Paris and London, les deux anglais d’Autokratz reviennent avec Animal, un album à part entière destiné à nous faire danser. Comme des animaux, donc.
Fortement inspirés par le grand George Orwell tant pour le titre de leurs albums (Down and out in Paris in London est un clin d’œil au premier roman de l’écrivain anglais) que pour leur nom de scène (Autokratz : totalitarisme, soviétisme, 1984, dystopie toussa toussa), les deux larrons d’Autokratz ne peuvent alors que produire des chansons géniales, multiples, intéressantes, ambiguës gna gna gna chef-d’oeuvre gna gna.
C’est raté.
Tout commençait pourtant très bien avec Always More, sorte d’hymne dance-pop profond et mélodique qui rappelait vaguement les Chemical Brothers période We are the night dans la puissance et la mélodie pleine d’écho. Bref, un track assez monstrueux où on se la donne à mort et qui laisse entrevoir le fort potentiel des deux goddons pour créer des hymnes DANCEFLOOR NIGGA.
Mais la suite n’est qu’un vaste plat réchauffé et insipide à base de beats binaires, répétitifs, casse-couilles, émaillés de turbines bondissantes, de vieux synthés cheesys, d’effets vocaux moisis (la voix du chanteur est toujours dans une espèce de reverb bizarre et éteinte, quand c’est pas du vocoder infâme), et de piou-piou en tout genre. Ce qui donne l’impression d’écouter un album où la même chanson tourne en boucle depuis 40 minutes, et qui, alors même que l’on sent une grande volonté des anglais, ne parvient jamais à décoller. Un soufflé au fromage raté et écoeurant. Si j’étais un chroniqueur pédant et insupportable je dirais que les Autokratz, non content de s’inspirer d’Orwell, tombent tout de même avec leur musique dans l’écueil totalitaire de la mode turbine-boum-boum-synthé, en produisant une musique-lavage-de-cerveau répétitive et inepte, un peu comme l’ambiance générale de 1984. Sans réfléchir. Comme des ANIMAUX, donc.
Mais, volontairement ou non, les Anglais tentent de nous faire oublier leur méfait avec le très efficace Last Show, qui vient boucler la boucle en concluant agréablement cet album répétitif et usant : une mélodie simpliste et immédiate vaguement 80′s un beat minimaliste, une voix audible, peu d’effets annexes. Ce qui nous amène à conclure que les deux lascars d’Autokratz peuvent être sympathiques et pas chiants, à condition d’arrêter la surenchère pour essayer péniblement de faire décoller l’auditeur. Mais ces deux bons morceaux ne feront pas oublier le sentiment de vide qui transparaît lorsque l’on écoute cet album, bien plus taillé pour le dancefloor aviné que pour une écoute, attentive ou non, à la maison.
Si vous voulez de la dance-pop réussie et pas chiante, je vous renvoie aux Presets, ou à CSS.
Liens
L’album d’Autokratz sur Spotify.
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