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Chronique de Temporary Pleasure – Simian Mobile Disco

Chronique de Temporary Pleasure – Simian Mobile Disco

Temporary Pleasure - Simian Mobile Disco

Année : 2009
Genre : Décadance
Chanson(s) préférée(s) : Cruel Intentions, 10000 Horses can't be wrong, Audacity of Huge

4/10

Deux ans après leur premier album Attack Decay Sustain Release, le duo au nom un peu chelou, celui qui est de tout les bons coups, celui dont l’un des membres a produit entre autres Peaches, les Klaxons ou les Arctics Monkeys, bref le duo le plus hype d’Outre-Manche est de retour avec Temporary Pleasure : j’ai nommé James Ford et James Shaw, plus connus sous le nom de Simian Mobile Disco.

Depuis 2005 et la formation du groupe, Ford et Shaw vont donc de remix en productions, distillant la hype avec leurs beats bondissants et leurs effets disco-cheap. En 2007, Attack Decay Sustain Release offrait un album court et inégal qui s’essoufflait dès la moitié du disque alors même qu’il démarrait sur les chapeaux de roues. En 2008, Sample and Hold, un lamentable album de remix de leur premier album sortait sans faire, heureusement, trop de bruit. En 2009, de l’eau a coulé sous les ponts et les deux larrons (surtout James Ford, producteur en vue) sont devenus prescripteurs de la frange électronique chébran. Temporary Pleasure s’en ressent donc. Ainsi, sur 10 titres, 7 sont des featurings. Ah, que du beau monde, ça c’est sûr : de Beth Ditto (Gossip), à Jamie Lidell en passant par Alexis Taylor (Hot Chip) et Telepathe, sans oublier Gruff Rhuys (Super Furry Animals) ou Chris Keating (Yeasayer) voire même les rappeurs de Young Fathers… SMD ratisse large dans son carnet d’adresses en conviant quelques-uns des artistes les plus en vue du moment.
Sur le papier, ça promet.
Dans les faits, c’est une déception.

Il était pourtant possible d’y croire, à l’écoute des premiers très bons titres sortis avant l’album (Audacity of Huge, Synthetise, 10000 Horses can’t be wrong). Mais Temporary Pleasure pêche par paresse. En posant les voix de 7 invités, SMD a sans doute voulu faire oublier  la relative pauvreté musicale qui transparaît à l’écoute de leur album. Pas grand-chose n’a changé. Toujours cette house désinvolte et bondissante, émaillée de montées atmosphériques et d’effets cheaps-disco à base de synthé un peu dégueus. Mais la recette fait rarement mouche. Efficace sur des titres comme Audacity of Huge ou 10000 Horses can’t be wrong, SMD pêche par paresse et facilité sur des sons comme Off the Map et sa ligne de basse ultra-putassière ou Cream Dream et ses envolées lyriques assez atroces. Bien sûr, dans le fond on ne peut pas s’empêcher d’aimer ce genre de choses puisque c’est EFFICACE. Tout est calibré pour que l’on ne s’ennuie pas à base de gentille mélodie  qui s’insinue vite fait bien fait dans ton crâne. Mais on aurait sans doute préféré un peu plus d’engagement et de hardiesse, et sans doute moins de featurings et de paresse. Sans doute était-ce beaucoup trop demander. Si le premier album s’écroulait à mi-parcours, il offrait tout de même quelques bombes irrésistibles. Au contraire, le dernier opus des SMD ne parvient que très rarement à convaincre (les meilleurs morceaux sont sans doute ceux qui ne contiennent pas de featurings ou de mélodies un peu dégueus, bref, ceux qui font dans un certain minimalisme synthétique blip-bloopant appréciable), en s’effaçant volontairement devant les artistes invités. Je passe, bien sûr, sur certaines chansons assez vomitives (essayez donc d’écouter celle avec Telepathe jusqu’au bout, pour voir).

Allez, ne boudons toutefois pas notre plaisir, et prenons cette galette fadasse et finalement assez triste pour ce qu’elle se revendique, du pur « plaisir temporaire », de la jouissance sans lendemain. Certes, nous souffrirons d’une certaine alacrité coupable à écouter cette pauvre dance-music qui va du hip-hop (Turn up the dial feat. Young Fathers) aux mélodies eighties (Cruel Intentions réussi avec une Beth Ditto tout en nuances, ce qui semble lui réussir ces derniers temps) en passant par des trucs plus bourrins, dégoulinants, bondissants ou rugueux qui vident bien la tête.  Ensuite, nous rangerons bien rapidement l’album dans la catégorie « choses qu’on oublie » . Mais qu’importe, les SMD ne perdront pas leur aura de sitôt et cette friandise sans saveur contentera le plus grand nombre. 10000 kids won’t be wrong, isnt’ it ?

Je voudrais pas dire mais j’ai l’impression de me répéter quand je descends deux fois en une semaine des duos britanniques  prometteurs qui font de la dance-music décevante (Autokratz était le premier, dois-je le rappeler ?). Le petit génie nerd Calvin Harris et son Ready for the weekend ont intérêt à se montrer plus convaincants, sinon… c’est LA LAPIDATION EN PLACE PUBLIQUE, FOUTREDIEU !

L’album en 5 mots : Paresseux, Inintéressant, Efficace, Ephémère, Futile.

Liens

Temporary Pleasure sur Spotify.

Une chronique de l’album sur les Chroniques Electroniques.

Branche ton sonotone

Du son

Simian Mobile Disco – Cruel Intentions (feat. Beth Ditto)

Simian Mobile Disco – 1000 Horses Can’t Be Wrong

Black Mountain – Stormy High
Surkin – White Knight Two

5 Commentaires »

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l' auteur, Pierro

Connard pédant.

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