Chronique de Nigel Kennedy And Kroke – East Meets East
Nigel Kenney & Kroke / East Meets East
Année : 2003
Genre : klezmer d'un nouveau genre
Chanson(s) préférée(s) : Eden (piste 4) et Kazimierz (piste 8)
Nigel Kennedy, et les Kroke rien que ça.
Nigel est un violoniste aussi talentueux que déjanté, qui se pointe sur scène habillé en punk pour interprêter les quatre saisons de Vivaldi avec le philharmonique de Berlin. Avec toute l’élégance et l’assurance que lui procurent son talent, c’est avec nonchalance qu’il s’ouvrira (et réussira !) dans d’autres styles comme le jazz ( écouter l’album Blue Note Sessions) et le Klezmer.
Avez vous déjà entendu…The Kroke Band ?
A mon avis oui. Sauf si votre culture cinématographique a passé outre La liste de Schindler dont ils interprètent la B.O. (pas le thème: c’est Itzak Perlmann autre super violonniste klezmer méga doué).
Formé en Israël (culture juive klezmer oblige) par Jerzy Bawol, Tomasz Lato à Tomasz Kukurba respectivement à l’accordéon, à la contrebasse et au violon tous trois sortis de l’Académie de Musique de Cracovie, le groupe des Kroke a remit au goût du jour cette tradition musicale ancestrale. Sur les routes depuis 1993, ils ont sorti de nombreux albums toujours pleins d’originalité et de nouvelles idées forcées par des collaborations exceptionnelles comme Peter Gabriel [Genesis] .
Ce qui m’amène à vous faire une petite parenthèse sur la musique Klezmer.
Le mot klezmer vient de l’association des mots klei et zemer, « instrument de chant ». Certains vont même jusqu’à dire que c’est de l’âme que proviennent les sons. C’est une musique importée par les Juifs d’Europe de l’Est pendant et après la seconde guerre mondiale. On peut très bien la rapprochée de la musique tzigane. On retrouve souvent le violon comme instrument principal (facile à transporter). C’est une musique pleine d’émotion: enjouée et dansante elle peut être aussi très triste, il n’y a pas de demi mesure dans les sentiments. Cet album reflète parfaitement cet aspect de la musique klezmer.
East meets East est une réussite à tout point de vue. La collaboration entre Nigel Kennedy et les Kroke fait émerger des sons nouveaux. Parfois électrique leur musique n’en reste pas moins rythmée traditionnellement.
Que rajoute cet effet? Pour ma part je trouve qu’il offre un nouvel aspect à la musique klezmer et montre qu’on peut sortir du formalisme. Faire sauter les gonds, c’est ça qu’est bon!
East meets East ou quand l’Est rencontre l’Est.
On assiste à une redécouverte du monde de la musique juive. Faire pleurer un violon tout en gardant cette constante du rythme, avec cette impression d’agrandissement des secondes… On se perd, on s’accroche, c’est un peu les montagnes russes (enfin…klezmorimes ici). Quoi qu’il en soit, Nigel Kennedy apporte une nouvelle dimension de part son talent de musicien de formation classique et son adaptation à l’interprétation klezmer. il n’y a qu’à écouter la piste One Voice (âmes sensibles sortir les mouchoirs) qui a été spécialement pensée pour lui et son violon. Du coup, Nigel s’en donne à coeur joie en faisant pleurer son violon et on reçoit par onde de choc des mélodies et des sensations simplement complexes.
Dans cet album, bien que tous les titres soient originaux, (d’ailleurs ne vous inquiétez pas, ils ont tous une signification…en polonais =°), vous aurez surement l’impression d’avoir déjà entendu ces thèmes orientaux en écoutant ce disque.
Oui, mais…
Le klezmer se base sur des accords et des mélodies assez sinueuses et souvent mineures (dans le sens solfégique du terme). En interprétant, on dévie du thème en le répétant. C’est ce qui se passe avec Kazimierz (~Casimir) qui propose un thème enjoué et accélérant.
Cet album est l’exemple même de la dépoussiération avec l’art et la manière. C’est en effet assez complexe d’adapter une formation classique à un concept basé sur l’émotivité mais ils l’ont fait ! Seul petit bémol personnel que j’attribue à la plupart des musiques klezmer, le chant n’a pour moi pas sa place ici, il est trop éloigné de la performance musicale et ne s’incorpore pas du tout à la musique.
Alternant entre musiques lentes et enjouées, traditionnelles et électriques, il y en a pour tous les goûts. Et si les 14 pistes de l’album vous paraissent trop courtes collez votre sonotone à la clarinette klezmer de Giora Feidman, Naftule Brandwein ou Yom.
En écoute sur Spotify et sur Grooveshark (cherchez à « Kroke »
) !
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coutancier a dit :
1
quelle est la collaboration avec Peter Gabriel ?
Caro a dit :
2
Le WOMAD (World of Music Arts and Dance) festival lancé par Peter Gabriel à Shepton Mallet (Angleterre) , un album: Trio (1996) et des sessions de studio que peter gabriel a inclu dans son album Long Walk home. PLUS, la soudntrack du film de Phillip Noyce : « Rabbit-Proof Fence » (le chemin de la liberté).
Fructueuse collaborations n’est il pas?
Pirhoo a dit :
3
Ouach, merci pour la précision
Elsie Stockdale a dit :
4
« East meets East » is one of my favourite CDs. I’ve heard klezmer played in Krakow in Poland by local groups and I heard nothing that outshone what I hear on this CD. Nigel is currently playing concerts with Kroke………..I’m hoping for another CD !
Dominiczku a dit :
5
Bonjour à tous. Juste une petite remarque, car elle est d’importance : Kroke n’a jamais composé ni interprété la musique de La liste de Schindler. Ils ont eu l’honneur, de jouer pour Spielberg et sa femme à Cracovie, de les accompagner à Jérusalem afin de participer à une célébration en l’honneur des survivants. Mais ils ne figurent en aucun cas sur la BO de La liste de Schindler…
voilà, c’est tout..)) Au revoir.