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Chronique de Luciole – Ombres

Chronique de Luciole – Ombres

Luciole-Ombres

Année : 2009
Genre : Chanson Française
Chanson(s) préférée(s) : Elle ne pense qu'à ça, Le coeur en miettes, De temps en temps.

8/10

La Luciole est une famille de coléoptère produisant presque tous de la lumière (jaune à verdâtre), à l’état de larve et/ou adulte, réparties sur tous les continents. Cet insecte, en tant que petit prédateur de la strate herbacée et buissonnante joue un rôle important dans sa niche écologique, en limitant notamment la pullulation des chenilles et escargots.
Luciole, c’est aussi le pseudonyme de Lucile Gérard, jeune artiste française de 22 ans, pleine de talents et très probablement une grande source de lumière et d’espoir pour l’avenir de la chanson française. Cette rennaise d’origine, émigrée à Paris, a commencé par le slam avant de se tourner, au fil des rencontres, vers la chanson, pour aboutir à son premier album, Ombres, sorti au printemps dernier.

Les rencontres dont je parlais peuvent en fait se résumées en une : Dominique Dalcan, un auteur compositeur français, qui a contacté Luciole par MySpace en lui proposant une collaboration artistique qui aboutira à la naissance de l’album : sa musique avec ses paroles.
Avant d’écouter l’album il est donc bon de savoir que Dalcan a composé la musique sur les paroles de Luciole et pas le contraire, les textes d’Ombres sont donc au départ des textes destinés au slam, ça peut paraître être un détail futile mais à l’écoute on se rend compte très vite de l’importance de ce mélange.

Si je devais résumer l’album en un mot, je lui donnerais l’adjectif : attendrissant.

Attendrissant, c’est bien cela, gentil, drôle, naïf, aussi. Luciole nous embarque dans son petit univers artistique et personnel, en nous proposant un voyage musical et idyllique à travers les questionnements sentimentaux et philosophiques d’une jeune femme de 22 ans.

Innovant, jeune, on sent tout au long de l’album une envie de vivre, de créer, de la part de notre jeune artiste, il y a du neuf, du pas encore vu, dans ce mélange des genres, et c’est cela qui me plaît. Les intonations de Luciole, toutes droite venues du slam, ça se sent, viennent nous chatouiller par leur originalité derrière l’oreille, nous décochant un sourire sur nos lèvres : Luciole me fait rire, Luciole me charme en déclamant ses poèmes. Amené par des mélodies simples mais efficaces, la voix de Luciole nous raconte ses histoires sans prétentions tout au long des quatorze chansons qui forment ce premier album.

Il y a certes du bon et du moins bon, bien que l’album reste assez homogène, aucune chanson ne domine, c’est un point positif car on ne se lasse pas de cette vitalité et c’est de plus le signe d’un album soigné, travaillé dans son ensemble, pas pour un ou deux titres comme c’est trop souvent le cas aujourd’hui; mais aussi négatif, car à la longue on a l’impression d’entendre un peu la même chanson pendant cinquante minutes. Je ne saurais donc vous dire quelle chanson écouter pour vous faire une idée, même si j’ai plus particulièrement retenu : Elle ne pense qu’à ça, Le coeur en miettes (magnifique déclamation a’capella), De temps en temps, et Une Rencontre. Cependant, comme je le disais, toutes les chansons valent le coût d’être écoutées, chacune ayant son originalité et son charme propre, évitez donc d’écouter tout l’album d’une traite, il vaut mieux laisser un peu de temps entre chaque chanson pour l’apprécier à sa juste valeur.

Les textes sont dans l’ensemble plutôt bien écrits, ça sonne, ça claque, ça entraîne, on sent un travail sur les «sons-sens», qui me sont si chers, dans l’écriture de Luciole qui est, ça se ressent, soignée et recherchée. Toutefois, la jeune femme tombe d’une part parfois un peu dans la facilité, certains rimes semblent en effet tombés là au fil de l’écriture, juste parce que ça rime, et dans la naïveté d’autre part : tout ces textes frôlent (trop) souvent le : moi-je-ma-petite-vie-mes-amours-ma-sexualité-et-vive-la-liberté-cuicui-les-petits-oiseaux-comme-c’est-beau !

Bref, Ombres n’est pas un album fantastique, loin de là -ne devient pas Brel ou Nougaro qui le veut, mais c’est une belle première création de qualité, pleine de promesses pour la suite, et j’espère vraiment que Luciole et son projet artistique vont faire leur bonhomme de chemin, améliorer les défauts de cet album, afin de devenir ce qu’elle a le potentiel de devenir : une grande de la chanson française, qui pourrait peut être redonner un certain prestige à cette catégorie de la musique française un peu vieillissante depuis la mort des grands de la seconde moitié du XXeme siècle

Encore plus !

Mos Def feat. Slick Rick – Auditorium
Festival Popaganda – Stockholm – 28 & 29/08/09

3 Commentaires »

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l' auteur, Nao

Faux penseur. Mais vrai mélomane.

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