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Chronique de Rodrigo y Gabriela – 11:11

Chronique de Rodrigo y Gabriela – 11:11

Rodrigo y Gabriela - 11:11

Année : 2009
Genre : Guitar heroes acoustiques
Chanson(s) préférée(s) : Voodoo Child, Hanhuman, 11:11

7/10

Retour aux sources pour Rodrigo y Gabriela. Pour donner naissance à ce quatrième album studio, ayant la lourde tâche de succéder à un très réussi album éponyme, ils sont en effet retournés au Mexique, leur pays natal.

Ce quatrième album est aussi prétexte à retourner à leurs premier amour… Le metal. Leurs débuts, ils les font au sein de Terra Acida, groupe de heavy metal officiant dans les clubs de Mexico. Pour cet album, ils embauchent Colin Richardson derrière les potards, maître du son de Slipknot, Trivium ou de Cradle of Filth.

Dès les premiers accords de Hanhuman, le ton est donné : ça joue très fort et très vite, le son claque, résonne, détonne sous les coups de boutoirs percussifs des deux guitaristes. La pression ne se relâche pas et on s’aperçoit que les deux mexicains sont encore meilleurs que précédemment… L’alliance entre percussivité rauque et dense et mélodie quasi-instantanée est parfaite, et Buster Voodoo, en hommage à Hendrix, est ébouriffante d’aisance et de classe. La troisième piste – Triveni – en est un autre exemple, car de rythmiques quasi-tribales et métalliques, on passe sans coup férir à des ambiances plus douces, beaucoup plus mélodiques, où le Oud s’invite dans ce morceau en hommage au trio Israélien Joubran.

En effet, conçu comme un véritable album hommage, 11:11 fait donc le pont entre le metal abrasif de leurs débuts et une palette d’influence qui se veut de plus en plus large et à laquelle Rodrigo y Gabriela font la part belle. En effet chaque morceau est un tribute à une de leurs multiples influences, qui vont de Dimebag Darrell (Pantera) à Pink Floyd, en passant par leur compatriote Santana, Hendrix, ou Paco de Lucia.

Grande nouveauté pour cet album, les deux mexicains intègrent dans leur travail de nombreux instruments, complexifient les instrumentations, épaississent leurs compositions et plus grande nouveauté encore, font appel à la guitare électrique. Très présente sur certains titres, elles décevra les puristes qui voyaient dans les deux mexicains les nouveaux apôtres de l’acoustique, mais ravira tous les autres.

C’est sûr, on reprochera à Rodrigo y Gabriela de produire une musique un peu cliché, qui cherche peut-être trop à s’enfermer dans le carcan de ceux qui tiennent un concept et qui ne veulent pas y déroger, quitte à y sacrifier la qualité. On peut considérer que ce quatrième album est une preuve de plus que le groupe tourne un peu en rond, en usant et abusant des mêmes ficelles musicales, jusqu’à lasser, et l’argument serait très recevable. Il est vrai qu’au bout de quelques écoutes, certains titres paraissent plus faibles que les autres (Master Maqui, Savitri…), et qu’on a un peu envie au choix, de maudire celui qui a inventé la guitare acoustique, ou de crier « Aïe Caramba, calienteee ! » dès que quelqu’un nous adresse la parole.

Néanmoins, 11:11 est un album solide, très plaisant et offrant à nouveau un écrin de choix au talent monstre des deux mexicains, démontrant que génie instrumental ne rime pas forcément avec piètre qualité musicale.

Du son !

Rodrigo y Gabriela – Hanhuman (inspiré par Carlos Santana)

Rodrigo y Gabriela – 11:11 (inspiré par Pink Floyd)

Encore plus !

  • Rodrigo y Gabriela sur Spotify
  • En concert à L’Alhambra (Paris) le 9 septembre et à Caen le 12 septembre.
The Horrors – Sea within a sea
James Holden – Idiot

2 Commentaires »

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l' auteur, Martin

Touffe blonde sociopathe à double arceau rotatif.

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