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Chronique de Bravo ! – Friska Viljor

Chronique de Bravo ! – Friska Viljor

Friska Viljor - Bravo !

Année : 2006
Genre : Pop scandinave insolente de classe
Chanson(s) préférée(s) : Toutes, un petit plus pour Gold, Friskashuffle, Oh Oh, I Gave My Life, Puppet Cabaret...

9/10

Il y a des albums qu’on met du temps à apprivoiser. Un peu comme je sais pas moi, le vin, certains ont besoin de mûrir, de prendre de l’ampleur, de macérer avant de révéler leur pleine saveur.
D’autres au contraire se jettent sur nos tympans à la vitesse d’un Somalien sur un sac de riz, devenant instinctivement familiers, sonnant comme si chaque chanson avait été écoutée des centaines de fois.

Bravo !, du groupe suédois Friska Viljor, sorti en 2006, est de ceux-là. J’avais prévu de ne pas le chroniquer, puisqu’il date un peu. Pourtant, devant l’ampleur de la découverte, je me devais de vous le faire partager avant de m’attaquer à leur dernier album, sorti il y a deux ans. Et les seuls mots qui me viennent à l’esprit sont du genre « grandiose » ou « ahurissant » (avec la bouche ouverte et la bave qui goutte). Voilà pourquoi.

Ce qui frappe en premier, c’est la diversité des ambiances, le nombre d’atmosphères, de couleurs différentes charriées par cet album. Comme si il n’était rien d’autre que le condensé de milliers de morceaux dont on avait gardé les parties les plus intéressantes. Ou bien comme si il avait été conçu comme un défilé, une parade enthousiaste de tout un arsenal de personnages, d’histoires, en bref, du savoir faire pop des deux gaillards. Cet album en est presque insolent de talent, du genre « regardez ce qu’on sait faire, et regardez comme on met la honte à 90% des groupes de pop infichus de sortir du carcan Am-G-Dm ».

Mais si cet album est fier, ardent et bouillonnant, on sent que la fêlure n’est pas très loin, et que malgré cette aisance, on est pas loin de du point de rupture. Ce n’est pas pour rien que cet album est le fruit d’une double rupture amoureuse… Et si les structures musicales, les rythmiques, les sonorités, les lignes de voix sont d’une variété ahurissante, elles n’en gardent pas moins cette fragilité, cette pudeur, ce petit charme légèrement froid qui sied tant à la musique scandinave.

Tour à tour naïf (Shotgun Sister, We Are Happy Now), plaintif et lancinant (Four Points, Oh Oh, I Gave My Life), épique (Friskashuffle), fantomatique et diaphane (Goldfish), voire champêtre, martial et cuivré (I Gave My Life) cet album est une véritable montagne russe, qui nous fait passer du poignant au plus léger en deux accords.

Friska Viljor se permet même la classe d’une petite excursion électro-pop à la fin de l’album (Monday), sans même tomber dans la vulgarité, et une petite pause plus rock, aux guitares plus rêches sur Puppet Cabaret. Et si la production sobre, elle a le mérite de ne pas mettre à bas le très bon travail d’instrumentation : les guitares s’emmêlent, s’imbriquent, jouent avec les cuivres, très présents, et on entend pléthore d’instruments différents, sans jamais tomber dans la lourdeur ou pire, l’inutile.

En effet, tout ce que semble entreprendre le groupe sur ce disque est couronné de succès. Les mélodies notamment, belles, aériennes, tantôt chaloupées, irrégulières, tantôt plus franches et directes sont un véritable délice. On ne demande qu’à écouter jusqu’à plus soif les refrains de Gold, de Oh Oh ou de Friskashuffle. Bien aidé il est vrai par un Joakim Sveningsson à la voix grandiose, malléable, capable d’être tour à tour tendue, douceureuse, éraillée, ou fluette, flirtant avec les aigus (Shotgun Sister, Friskashuffle).

Rien est à jeter dans ce premier album, de la première à la dernière chanson, on est surpris, troublé, interpellé par l’aisance et la classe des Suédois. Je ne serais même pas capable de citer une seule chanson en dessous des autres.

Bon, un album de pop parfait, ça n’existe par définition pas, puisque la pop tend justement vers une certaine forme de perfection (cela étant discutable ad vitam aeternam). En suédois, le nom du groupe signifie « sain d’esprit ». Je ne sais pas si génie musical et santé mentale s’accordent très bien, mais Friska Viljnor, semble être réellement en mesure de s’en approcher, de cet album parfait.

Du son !

Et le mp3 que j’ai déjà posté ici !

Friska Viljor – Gold

  • Une chronique de l’album sur Goute Mes Disques (dont je partage l’enthousiasme, mais absolument pas l’analyse – où voient-ils du Weezer là dedans ?? Un album Simple ? Du Rock garage ??)
  • Acheter l’album sur Amazon
  • Leurs deux albums sur Spotify
  • Friska Viljor sur l’IndieMusicDatabase (je connaissais pas ce site, très bien).
  • Leur site officiel, avec plein d’extraits et une genèse de l’album.

L'avis des autres

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7 Commentaires »

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l' auteur, Martin

Touffe blonde sociopathe à double arceau rotatif.

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