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Chronique de The Resistance – Muse

Chronique de The Resistance – Muse

Muse - The Resistance

Année : 2009
Genre : Rock britannique
Chanson(s) préférée(s) : United States of Eurasia, Exogenesis, Undisclosed Desires

7/10

foMuse à la salle du Summun à Grenoble en 2004, mon premier concert rock, j’ai 14 ans. Une claque magistrale, un très beau souvenir. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et autant de CDs sur ma platine. Mes goûts se sont modelés, ont changé souvent de visage et d’âge, mais Muse reste toujours là quelque part, ma révélation en quelque sorte.
Alors non, aujourd’hui que sort dans les bacs le nouvel album studio du trio britannique, je ne vais pas vous expliquer pourquoi cet album est tangiblement moins bon que ses prédécesseurs. Je vais me contenter, avec toute la mauvaise foi de l’amour adolescent, de vous transmettre comment je ressens cet album. Libre à vous d’être objectifs.

Un peu comme à la brocante, on trouve de tout dans cet album : du vinyle qu’on cherche depuis des mois au Tintin déjà lu cent fois, on passe de déceptions en découvertes.

Des titres semblent tout droit sortis du dernier opus, « Black Holes and Revelations« , comme le titre inaugural de l’album et premier single, « Uprising« . Même sauce habituelle; j’entends : les mains qui claquent en rythme, une basse omniprésente et une guitare gentillette qui balance le tout. Arrangement minimal, mal servi et presque douteux. À la première écoute, j’ai cru déjà connaître, alors que non, c’est pour vous dire. Les paroles, elles aussi, semblent très proches d’anciens titres comme « Exo-politics » (« they will not control us – we will be victorious« ).
Je glisse sur les titres qui n’en valent pas la peine de par leur médiocrité et leur manque crucial d’originalité , « MK Ultra« , « Guiding Light« .

D’autres titres, moyens, réveillent tout de même l’auditeur qui s’était précédemment endormi. On trouve par exemple « Resistance« , la seconde piste, qui, loin d’être un chef d’œuvre, enchante mon cœur chétif gagné d’avance. Le refrain est tout à fait surprenant, à la limite de la comédie musicale avec les chœurs masculins qui répètent « it could be wrong, could be wrong, could be wrong…« . Je sais qu’en mon for intérieur, j’ai du mal, mais ça me donne plus envie de chanter que d’éteindre le poste. Et puis la voix de Bells qui traînasse comme ça en déclamant ces paroles toutes plus niaises les unes que les autres, rien n’y fait, ça me fait de l’effet (« love is our resistance – they’ll keep us apart and they wont to stop breaking us down« ).
De même, sur « Undisclosed desires« , la voix prend des accents peu communs pour du Muse. Les jeux musicaux entre la voix et la mélodie d’accompagnement rendent plutôt bien, tout étant relatif. Ça sonne, les percus sont là, le travail n’est pas dégueulasse, disons.

En revanche, d’autres titres arrivent à nous tirer de notre passivité morose en quelques secondes à peine. C’est le cas pour le très surprenant « United States of Eurasia« . Ne vous laissez pas avoir, le morceau démarre très mal : piano typique, violons guimauves en grand nombre. On se dit que l’heure de l’inévitable morceau rose bonbon a sonné. Et tout d’un coup, sans qu’on sache pourquoi, le morceau part dans un délire mêlant violons simili-orientaux, piano classique, chœurs d’opérette et formation rock. Le groupe, qui s’est plaint pendant des années que les journalistes n’avaient de cesse de les comparer à Radiohead, leurs homologues anglais, peut se réjouir. Il y a fort à parier que concernant cet album, et ce morceau en particulier, les amateurs de rapprochements y voit un aimable emprunt dans le style à Queen, et notamment au titre « Bohemian Rhapsody« . Quoiqu’il en soit, et bien que j’ignore dans quel esprit ce morceau a été conçu, j’y vois là une ironie et un décalage agréables qui détonnent avec l’ensemble.

On trouve aussi l’amusant et troublant, « I Belong To You / Mon Cœur S’ouvre A Ta Voix« . Amusant car Bellamy s’essaye au français en référence à l’air d’opéra de Camille Saint-Saëns, « Samson & Dalila » en chantant « Réponds à ma tendresse! – Ah! Verse-moi l’ivresse!  » (paroles originales, ah, ces chanteurs). Et troublant, voir ci-dessus, la mollesse de mon cœur qui s’attendrit à la première tentative.

C’est là-dessus que Muse nous plante sa triple piste, « Exogenesis« , une curiosité qu’on attendait pas. Autant vous en affranchir tout de suite, j’ai lu sur un blog , dont vous vous garderez bien de rire du nom, que ce(s) morceau(x) est (sont?) basé(s) sur une théorie appelée la panspermie, selon laquelle la Terre serait fécondée en son centre par des êtres extraterrestres. Rassurez-vous, le fait est anecdotique et ne déteint pas sur le contenu même. Malgré un abus de violons caractéristique, ces trois morceaux sont reposants et bien montés. On y trouve des moments calmes de piano classique, mais aussi de larges envolées où la voix reparait. C’est assez dur à décrire; en tout cas, c’est plaisant. Vraiment, à écouter.

Et je ne peux m’empêcher de vous transcrire cette phrase étonnante que Wikipedia nous rapporte : « Sur un des morceaux, comme sur « Screenager » en 2001, le groupe a enregistré des percussions à base d’ossement d’orteils de lama. »

Et puis, comme la chair, décidément, est bien faible, je retrouverai Muse pour un très sold out concert à la salle Tony Garnier de Lyon le 22 novembre prochain. Je vous raconterai tout ça.

Enfin, le plus simple, vous le savez, est de vous faire un avis par vous-même. Partagez-le ! Rendez-vous sur Deezer, pour l’instant seule plate-forme à diffuser cette nouvelle production.


L'avis des autres

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l' auteur, Elmera

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