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Chronique de The Enemy – Centenaire

[16 septembre 2009 | 11 Commentaires | 482 visites ]
Chronique de The Enemy – Centenaire

Centenaire - The Enemy

Année : 2009
Genre : Folk noise grahouuu
Chanson(s) préférée(s) : Bottle Of Sound, Wheelchair, Farmers Underground...

9/10

Quand on écoute beaucoup d’albums, on a tendance, si la première écoute n’est pas du tout fructueuse, à passer à autre chose et à changer de disque. Centenaire aurait ainsi pu rejoindre les rangs serrés des groupes qui ne m’ont pas « accroché » à la première écoute. J’aurais pu rater un album à la fois troublant, émouvant et incroyablement intense.

Heureusement, il y eu ce billet derrière la fenêtre, qui était tellement bien écrit que mes plans s’en sont retrouvés chamboulés. Allons Martin, donne une seconde chance à ces petits français, et peut-être que ça te fera le même l’effet qu’à la demoiselle ! J’ai insisté, et dès la deuxième écoute, j’y ai découvert un petit bijou.

Tout commence en douceur, dans cette première partie de l’album qui est à mon avis la plus réussie. C’est la fin de l’été, ou le début de l’automne, on ne sait plus trop. On sent le soleil nous caresser la peau, et dès Wheelchair, la grâce évanescente de Centenaire tape dans le mille. Avec un partie de guitare qu’on dirait sortie tout droit de Veckatimest, des petites touches de violoncelle et un travail de percussion incroyable, cette chanson me met à genoux. Ruptures rythmiques, mélodie douce-amère et ambiance en contre-jour, tout y est.

Mais rien ne prépare à Bottle Of Sound, véritable pépite à la fois solaire et glaciale, murmurée, touchée par la grâce. On voit le soleil couchant caresser les feuilles des chênes bercées par le vent de septembre En fait pas vraiment, mais pas loin quand même.

The Enemy poursuit dans cette lancée, superbe elle aussi, mais l’atmosphère se fait plus sombre, plus moite lorsque débute Farmers Undergound puis, un peu plus loin, Testosterone, épique : la distorsion surgit, les guitares hurlent, la basse se fait poisseuse et les percussions acérées, les arrangements laissent apparaître la facette sombre du groupe. C’est inquiétant, plus profond, plus oppressant.

La chanson A Cure nous rappelle qu’on est dans un entre deux, entre froideur glaciale et douce chaleur. Car c’est un disque de la transition. Et il semble faire un grand écart entre la fin de l’été, avec ces chansons du début si irradiantes de lumières, de grâce, et l’automne, avec ces nuages dans un coin du ciel dès la quatrième piste, de cet orage qui menace de gronder, de ces frimas qui délicieusement nous enserrent.

L’album se termine magistralement par Back Home, d’une sensibilité touchante, qui clôt un album qui nous aura fait emprunter un nombre infini de chemins, qui nous aura perdu, retrouvé dans un univers intensément poétique. On a même parfois l’impression que les pistes vivent, qu’elles se dévoilent un peu plus à chaque écoute. Et quand on pense qu’on a cerné ce petit break, ou ce changement de rythme qui font des petits frissons dans le dos, ils disparaissent et réapparaissent comme par enchantement. Comme si elles faisaient exprès de pas complètement se dévoiler.

On peut bien sûr trouver des défauts à ce deuxième album de Centenaire : un accent parfois un peu approximatif, et surtout une brièveté presque scandaleuse (7 titres !) Mais parce qu’il est complexe sans jamais être brutal, cet album est une pépite, un bijou dans un écrin qu’il faut savoir déceler, et qui délivre dans ces sept titres une intensité et une force poétique qui vaut bien des albums-fleuves. Et ça fait du bien de savoir qu’on a pas besoin d’être américain pour pondre de la grande musique, à la fois intelligente, complexe, fouillée, mais tellement belle et directe qu’on s’en retrouve tout désarmé.

Du son l’ami(e) ?

Centenaire – Wheelchair

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11 Commentaires »

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l' auteur, Martin

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