Rock en Seine 2009, enfin le report
L’édition 2009 de Rock en Seine est prometteuse. On retrouve déjà Oasis, Prodigy et The Offspring en tête d’affiche. Les groupes annexes ne sont pas en reste non plus (Klaxons, Bloc Party). L’affiche est assez ouverte. Comme à son d’habitude, le festival s’ouvre à d’autres genres que le rock. On a ainsi droit à des ambiances africaines avec BaaBa Maal et des relents Hip-Hop et soul, voire disco.
Le festival se situe dans le Parc St Cloud à Paris. C’est assez facile d’accès par métro ou par tramway. Les transports Parisiens étant ce qu’ils sont, les rotations de tramway s’arrêtent à minuit et le métro à 1h. C’est très gênant dans le cadre du festival car les derniers concerts finissent bien à minuit. En témoigne la marche de 2h30 que moi et mes comparses nous sommes coltinés à travers Paris (dantesque mais c’est une autre histoire) le dernier jour.
Sur le site sont installées trois scènes, une immense pour les têtes d’affiches, une autre pour les outsiders et la dernière pour les révélations scéniques de l’année, les groupes un peu indés et les français. La programmation de ces scènes était assez mal pensée. On a par exemple retrouvé deux soirs de suite la grande scène contre la petite scène. A savoir Yann Tiersen contre The Offspring ou Sammy Decoster contre Eagles Of Death Metal programmés à la même heure. Trois scènes c’est bien mais seulement si cela permet également de varier les plaisirs. Le dimanche après midi vide intersidéral de rock, trois groupes de soul/Hip-Hop programmés en même temps. Bref, niveau programmation et timing c’était très décevant de ce côté-là.
La partie intéressante arrive. On reste classique, je vais chroniquer le tout par ordre chronologique.
Jour 1
Arrivée sur les lieux vers 2h30 (les concerts commencent à 3h). Visite de quelques stands et récupération de boules Quies offertes par la région Ile de France. Mine de rien c’est un petit élément vital que je conseille pour les petits et les grands.
Jack Hunter (Scène Outsider)
Un ensemble cuivre, contrebasse, batterie et un vieux crooner à la guitare électrique, voilà ce qu’est Jack Hunter. Le programme le présente comme un groupe Motown qui groove (pléonasme !). Tout ça pour un rockabilly de grand père. Ennuyeux à mourir, j’ai vite migré vers la grande scène. On ne peut pas lui reprocher grand-chose, le genre a tellement été exploité qu’il en est devenu ringard et ridicule. Mais bon, papi en costard avec sa guitare Jazzy et son orchestre qui veut nous faire rêver sur ses histoires de bal du dimanche, c’est dur.
Just Jack (Scène Énorme)
Le groupe est un ensemble rock classique avec des synthés pour faire le groove, supporté par une choriste. Une très bonne prestation de ce garçon qui maîtrise le « flow » (d’après le programme toujours). C’est mi-rappé, mi-chanté et surtout très efficace. Très bonne ambiance, le public était réceptif. Les plans de basse étaient vraiment groovy comme on les aime. Pour le coup on avait presque quelque chose de Motown sur ce groupe. La composante électronique était peu présente et faisait vraiment ressentir cette époque bénite des bassistes noirs.
Keane (Scène Outsider)
(Grand éclat de rire) A noter qu’ils ont sorti plusieurs fois la guitare (le chanteur la porte bien avec son petit haut cuir). Le chant était bien et c’est tout. Je ne peux vraiment rien faire avec ce groupe. La balance était quelque fois un peu limite et les petits cris du chanteur nous explosaient les tympans à chaque fois.
Gush (Scène Petite Gens)
Sélectionnés pour leur prestation scénique, ces français ont offert un beau spectacle. Ils sont 4 dont un synthé. Une de leurs particularités est qu’ils échangent à chaque morceau leurs instruments. C’est tout de même assez gadget et n’apporte pas grand-chose à leur jeu de scène qui n’en a pas besoin. En effet, ce sont des bêtes. Rien que leur morceau d’ouverture fait penser à du Queen (dans l’idée !) avec des chorus, des canons. Tout le monde chante ce qui apporte une dynamique incroyable. Ce ne sont pas des manchots. Ils chantent tous vraiment bien : des voix très typées mais aussi très justes et vraiment saisissantes. Je n’ai pas été réceptif à
l’ensemble du set à cause de morceaux inégaux mais ils sont là, ce qui est déjà pas mal.
Yeah Yeah Yeahs (Scène Outsider)
J’aime bien écouter en cachette leur dernier tube. Très facile d’accroche et emballant comme la pop anglaise sait le faire. En concert vous avez en prime la tenue vestimentaire de très mauvais goût de Karen-O la chanteuse (et l’habillage de son micro aussi) et la coupe de cheveux du guitariste. On ne peut pas dire au moins que ce groupe manque de personnalité. Seul défaut : la chanteuse ne sait justement pas chanter. En concert cela fait très mal aux oreilles car elle crie beaucoup. Certes les singles ont de l’impact car tout le public les chante mais pour le reste, la pilule passe très mal. Le guitariste avec ses allures punk envoie un son hyper saturé, ce qui n’est pas pour me déplaire. Entre la chanteuse et le punk, ils nous ont emmenés bien loin de la pop et finalement c’était bien joué. A noter qu’ils avaient recruté un autre frontman (guitare et piano, la chanteuse assurant tout de même sa part de synthé).
Amy McDonald (Scène Énorme)
Ah non en fait, j’ai préféré manger et gagner une gourde d’eau au stand de la Générale des eaux (Ah non c’était Saez Suez). Ils avaient ouvert un stand où un charmant jeune homme (le genre stagiaire) faisait deviner la provenance de l’eau contenue dans trois gobelets. Si vous me suivez encore il y avait de la Contrex, un autre truc et l’eau du robinet. Et bien devinez quoi, j’ai presque pas senti la différence. Mais comme je suis vraiment fort je l’ai sentie. Tant de talent pour une gourde je n’en pouvais plus, j’ai du refaire la queue pour la remplir. Sinon vous savez qu’une fille âgée de 12 ans a emmagasiné au cours de sa vie assez d’énergie dans son petit doigt pour soulever la presqu’île de Manhattan. Dingue.
Madness (Scène Outsider)
Groupe culte, inventeur (ou en tout cas qui participa à la popularisation) du genre ska, Madness fait office de dinosaure. Dès leur arrivée sur scène on comprend pourquoi. Beaucoup de membres bien habillés en dandys, et deux chanteurs qui commencent directement la parlote avec le public. Très volubile et rigolo, le groupe est là pour jouer et ça va s’entendre. On a eu droit à toute leur fantaisie. Les trois cuivres du fond qui font n’importe quoi quand ils ne jouent pas (genre chanter la chanson dans les micro de leur instruments), un saxophoniste volant avec une version voulant tabasser un mec du public. Du grand spectacle mais malheureusement (pour moi sûrement !), leur musique ne m’emballe pas plus que ça, ce n’est pas du rock.
Bloc Party (Scène Outsider)
La mauvaise programmation aidant, il fallait choisir soit d’assister à l’intégrale du concert du groupe, soit louper plus de la moitié du set (voire la totalité !) pour aller ensuite se faufiler à travers la foule attendant Oasis sur la grande scène. Heureusement pour vous et pour moi, la première option a été retenue. Bien m’en a pris car d’un côté les frères Gallagher se mettaient sur la tronche et de l’autre un groupe envoyait carrément la sauce. Car oui, Bloc Party ce jour-là a fait la leçon. Aucun autre groupe ne dépassera le niveau de qualité de leurs morceaux. Le chanteur est déjà à sa place, tonique, juste, discutant mais pas trop. Son charisme est évident sur scène et il pose l’ambiance à lui tout seul. Ensuite le set est composé d’une partie techno et une autre plutôt pop dansante. Tout s’enchaîne très vite, le cerveau n’a pas le temps de réfléchir. C’est tellement efficace que c’en est presque indécent de remuer sur un Helicopter et d’enchaîner sur un groove de synthé. Ils font jeunots. Et pourtant ce sont les meilleurs. A noter qu’au milieu du set le manager du groupe s’est exprimé au sujet d’Oasis ce qui pour moi suscite une petite polémique mais j’en reparle dans ce qui suit.
Oasis (Scène du néant)
Je ne vous apprends rien. Le groupe s’est disloqué après une dernière engueulade musclée des deux frangins. Seulement il y a un petit problème de timing entre les annonces d’annulation. Le manager de Bloc Party a annoncé que le concert des Britons ne se ferait pas vers le milieu du set. Alors qu’à la grande scène, les festivaliers l’ont appris un peu plus tard. On peut donc sans trop prendre de risques dire que les organisateurs ont voulu retenir jusqu’au bout les deux frères pour qu’ils jouent. Quoiqu’il en soit peu importe. Le groupe est sûrement définitivement mort. Aux dernières nouvelles, Liam conserverait le groupe (Noël, le seul membre créatif s’étant barré). On peut espérer un album solo de la part de Noël avec la plus grande impatience.
Jour 2
Un deuxième jour plein de promesses et d’envolées lyriques.
The Asteroids Galaxy Tour (Scène Outsider)
Je les ai vu mais je n’arrive absolument pas à me souvenir de leur prestation. C’est le genre de groupe où je me permets de faire la queue pour m’ acheter un kebab. Transcendant donc.
Ebony Bones (Scène Énorme)
Un saxo, basse, guitare, chœurs, batterie et chant (et l’indispensable synthé et peut être un tam tam et des cuivres (cette phrase est trop longue)) sont tous là habillés de manière excentrique. C’est vaguement africain et le saxo est plus là pour faire beau qu’autre chose. La chanteuse est certes très énergique mais les compliments s’arrêtent là. J’ai du finir mon sandwich devant ce groupe. Je rajouterai que l’empilage d’instruments sans cohérence rend vraiment l’ensemble très difficile à digérer.
DANANANANAYKROYD (Scène Outsider)
Formation rock classique à l’exception de ces deux chanteurs, ce groupe à des allures de Sonic Youth. Attention, ils ne sont pas aussi bruitistes et touche-à-tout mais leurs mélodies y font fortement penser. Le problème des groupes à deux chanteurs est qu’ils passent souvent leur temps à beugler comme des fous dans le micro, et ici ça n’a pas loupé. Mais on peut les excuser car ils ont su mettre l’ambiance après la tripotée de groupes mous qui les avaient précédés. Du rock un peu bruitiste et décalé avec des morceaux de qualités très inégales, voilà de quoi égayer de manière positive un début de soirée.
Billy Talent (Scène Énorme)
La formule utilisée par ce groupe est toujours aussi efficace. Avec trois frontmen et les chœurs assurés par tout le monde, le groupe dégage une vraie énergie. C’est facile à écouter, très efficace et les morceaux sont assez courts. De plus les interventions du chanteur sont bien senties. Sa voix est peut être un peu particulière mais elle sert bien l’ensemble et rend encore plus puissant les duo questions/réponses très fréquent dans leurs morceaux. J’avais vu un DVD de leur concert l’année dernière et il semble qu’ils aient du mal à se renouveler. La suite de leur actualité nous dira s’ils ne sont pas allés au bout de leur concept.
The Horrors (Scène Outsider)
N’est pas The Cure ou My Chemical Romance qui veut ! Et ce n’est surtout pas The Horrors qui pourrait en être. Le groupe est coincé par un chant vraiment horrible et sans âme. Le reste de l’orchestration est ok mais sans plus (formation équivalente à The Cure). Grosse déception. Pour être plus précis, il en ressort une impression de gâchis immonde. C’est incohérent torturé, à force d’en faire trop l’esprit se perd et s’endort.
The Offspring (Scène Énorme)
Grosse tête d’affiche du festival et immense attente de ma part. Ce groupe me rappelle mes années collèges lorsqu’ils assenaient tube coup sur coup à la radio. Et puis plus rien pendant ces longues années (un trou de plus de dix ans). Les voilà de retour (sans dreadlocks) avec une formation presque originelle (les indécrottables guitariste et chanteur) avec en prime un nouveau CD. Le guitariste dans son unique intervention scénique nous annonce qu’il est content d’être ici car leur single a atteint la première place des charts. Ils peuvent remercier Virgin Radio et consorts car le résultat est plus que douteux. On a l’impression d’assister à un spectacle de mort vivant rejouant tous leurs hits sortis d’un autre âge. Le côté subversif et rebelle en prend un très gros coup. Leur jeu scénique est désincarné, on n’a pas envie d’y croire. Malgré les tubes, la sauce ne prend pas et l’on préfèrera pogoter ou tout simplement partir, déçu. Une page se tourne, pas celle d’un groupe mais celle d’une époque où tout sonnait dans l’urgence et dans un esprit contestataire (même si c’était plutôt des gros branleurs).
Calvin Harris (Scène Outsider)
On en a déjà parlé dans nos colonnes, si vous ne connaissez pas disons que le bonhomme fait dans la musique électronique dansante. Son gros tube est intitulé Ready for the Weekend. Par rapport aux autres DJs, il fait l’effort sur scène d’apporter des synthés, des guitares et des chœurs. Le talent de showman du monsieur est certain. J’avais trouvé certain des titres (dont le tube) de son dernier album un peu mou pour remuer le popotin. Mais en concert, son set prend une tout autre ampleur. C’est explosif et dynamique. Sa présence et son charisme sont là pour mettre l’ambiance et sa musique n’est pas en reste. Le monsieur est talentueux est cela se ressent. Un artiste à assurément voir en concert.
Faith No More (Scène Énorme)
Pour être honnête je ne connaissais pas du tout le groupe avant. Je voyais bien qu’il était connu étant donnée la masse de personnes qui s’étaient déplacées pour l’occasion. J’étais intenable mais j’ai vite déchanté. Le groupe arrive en costard, genre crooner à la Bryan Ferry et le chanteur porte une moustache discrète qui le fait ressembler au parrain. Ils entament leur set par Easy des Commodores. Je vous laisse imaginer la scène, un mec ultra kitsch chantant une chanson encore plus kitsch. La suite a été dans la plus pure lignée du groupe : du Hard Rock vraiment très hard et des ballades vraiment très molles. Tout ça pour dire que je n’ai pas aimé. La qualité de la prestation est cependant là, le (gros) son était bon et le chanteur a un filet de voix certain.
Jour 3
C’est le jour où Prodigy a fait son concert et ses retrouvailles avec le public Parisien. C’est aussi ce jour-là que le groupe Les Petits Pois ont révélé leur identité secrète. Suspens.
Metric (Scène Outsider)
Voilà un groupe Canadien que j’affectionne. De la pop gentillette, teintée d’un peu (voir beaucoup) de synthé porté par une voix féminine des plus agréables. Leur représentation est tout à leur image. Gentillette voir un peu chiante, ils retranscrivent tout leur CD en 1h30 de concert. Un peu chiant car on ne ressent pas vraiment le petit plus de peps qu’on serait en droit d’attendre lors d’un concert. Franchement désagréable aussi lors de certains passages au synthé qui sonnaient faux !
Baaba Maal (Scène Énorme)
Que le premier qui dit que la musique du monde (avec des tamtam) est chiante lève la main ! Bravo, vous avez raison.
Sliimy (Scène Outsider)
Je vais faire l’effort de ne pas faire deux résumés express à la suite. Sliimy est une sorte d’hybride entre Prince et Mika. Sa principale innovation par rapport à ces deux comparses est de se peindre les mains de différentes couleurs. Il porte aussi des petits jeans serrés de rouge très vifs. Discret sans être trop discret, cette touche de mode apporte un style jeune et décontracté. Ses cheveux et ses lunettes s’accordent en tout point, que ce soit en forme ou en couleur. Ses petites chaussures font ressortir son côté androgyne loin du mâle alpha violent et provocateur que Sliimy déteste au plus haut point. Il a aussi décidé de faire de la musique mais malheureusement ce n’est pas aussi intéressant que sa description dans Art & Travaux.
Eagles of Death Metal (Scène Énorme)
Groupe à barbus et à grosses guitares. Le guitariste fait partie des Queens of Stone Age. C’est d’ailleurs grâce à cette affiliation que le chanteur du même groupe montera sur scène pour un superbe (le meilleur du set !) morceau. Je ne vais pas tourner autour du pot très longtemps, ce genre de groupe m’ennuie. Qu’on ne s’y méprenne pas, le tout est très rock et assez violent. Mais voilà, je n’ai jamais été fan des ZZ Top et du Hard Rock Texan. Si vous comprenez la dernière phrase, vous saurez que c’est un groupe très honnête mais sans surprise.
Les Petits Pois (Scène Outsider)
Mais que faisait donc le leader de Queens of Stone Age à Rock en Seine ? Et bien il allait jouer dans son nouveau supergroupe bien sûr ! Derrière ce nom un peu débile se cachent les Them Crooked Vultures. Et c’est parti pour l’étalage de nom : Josh Homme (Queens of Stone Age) au chant et à la gratte, John Paul Jones (Led Zeppelin) à la basse, un gratteux inconnu et le meilleur pour la fin : Dave Grohl (Nirvana et Foo Fighters) à la batterie. Le son était violent et bien plus rentre dedans que pour Eagles of Death Metal. Saturation à fond, Dave Grohl assenant chaque coup de baguette avec une force et une vigueur que je n’avais jamais vues. Le problème dans ce genre d’expérience est que le public ne connait aucun des morceaux abordés. Le contact est alors difficile et le groupe s’en est d’ailleurs excusé. Néanmoins chacun était conscient qu’une page de rock’n'roll était en train de se passer, bien loin de la séparation soudainement superflue d’Oasis. Le chant et la guitare étaient évidemment énormes, les membres du groupes se répondant sur certain morceaux en chœur. Il faut dire qu’il y a de la matière avec Grohl. C’est la première fois que dans un concert, je vois le bassiste changer d’instrument à chaque morceau. On a tout vu, de la 4 cordes à une 11 cordes et aussi une sorte de basse avec les cordes inclinées à 45° (si quelqu’un a le nom, je suis preneur). Que du lourd, à voir, à entendre et nous chroniquerons bien sûr leur CD.
Klaxons (Scène Outsider)
La formation est jeune. Le synthé a le droit à un musicien à plein temps, renforcé de temps en temps par le guitariste qui a également l’instrument a disposition. Le groupe a été révélé par le NME. Ce journal est à l’origine de beaucoup de gros coups et de buzz autour de nouveaux groupes comme The Gossip ou The Artic Monkeys. On ne cite bien sûr que les noms prestigieux mais on oublie bien souvent après un mois ou deux les autres qui eux aussi ont eu le droit à la première de couverture. Klaxons fait partie de ces groupes. Ils n’ont jamais vraiment réussi à dépasser ce stade, se coltinant en plus la réputation de mauvais groupe de scène. Ils revisitent tous les genres en passant du punk jusqu’au new wave supporté par de grosses guitares saturées. L’ensemble rend bien car les morceaux sont vraiment très bien calibrés. Cela reste inspiré par la pop anglaise en somme. Le problème est que ça lasse. Leur tentative pour déstructurer cette mécanique trop bien huilée échoue. On est à chaque morceaux en attente d’un passage plus épique, d’un morceau de bravoure rock. Car oui ils le peuvent, d’autant plus que nous sommes en concert. Mais pour l’instant, c’est juste chiant.
MGMT (Scène Énorme)
Voici encore un groupe révélé par un buzz. Un peu plus original et ayant déclenché une flopée de clones musicaux, MGMT s’est constitué un univers assez original. Leur succès est tel que certains les considèrent comme tête d’affiche pour ce troisième et dernier jour. Il est vrai qu’entre eux et The Prodigy il y a un monde. Passons la description de leur fanbase constitué de foule de minettes de 14 ans qui se sont évanouies en masse devant le concert de Them Crooked Vultures (peut-être une révélation ?). La foule se presse et s’entasse pour être aux premières places. Le dispositif affiché par le groupe n’est pourtant pas très impressionnant. Une formation rock classique dans laquelle le chanteur est mis en avant, guitare en bandoulière. Il me rappelle un peu dans la gestuelle Alex Turner le chanteur des Arctic Monkeys : même façon de tenir sa guitare un peu haut et son air enfantin. La comparaison s’arrête bien sûr tout de suite là car l’un sait chanter et l’autre pas. Le répertoire de MGMT est composé de beaucoup de morceaux avec des parties chantées très aiguës. Sur CD j’arrive à m’y faire, en concert c’est vraiment presque insupportable. L’ensemble est bon, les arrangements sont calibrés pour faire du tube mais le chant est à la ramasse. C’est dommage car je me serais presque pris au jeu. Le public connait aussi tous les morceaux et participe sans sollicitation du groupe. L’ambiance était donc énorme, une sorte de symbiose entre les fans de rock (drogue?) dur et les minettes à jupes.
The Prodigy (Scène Énorme)
The Prodigy c’est un peu le groupe de toute mon enfance. Quand je jouais avec mon cousin sur Playstation à Wipeout 97 (en 97 donc !), la musique de leur album Fat of the Land nous faisait déjà vibrer. Pendant la dernière décennie leurs albums se sont enchainés, tous de qualité mais peu ont percé dans les charts. La faute à un travail pas très accessible et qui brouille les traces avec leurs gros hits. Mais peu importe ils renouent avec le succès commercial après la publication de leur dernier album Invaders Must Die. On dit toujours que ce groupe est la jonction entre l’électro et le rock. Je n’ai jamais compris pourquoi. Certes, sur scène un guitariste armé d’une guitare (ou d’une basse) sautille de partout. Mais c’est pour mieux balancer dans les airs les gimmicks légendaires du groupe (Firestart, Smatch My Bitch Up). Le hasard de la programmation aidant, leur reprise de Madness sonnait presque en hommage. Le look des membres rappelle un mélange entre Mad Max et le punk. Leur jeu de scène est très direct, ils sollicitent tout le temps le public, plus par des gestes que par la voix. Dernière date de leur tournée mondiale, The Prodigy semblait épuisé mais heureux. D’une part de finir mais aussi de retrouver le public français (ils étaient à Musilac) pour une dernière fois après je crois 10 ans d’absence.
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Joana a dit :
1
Mon Dieu mais quel enthousiasme ! C’était si chiant que ça Rock en Seine ?? J’ai l’impression que tu n’as aimé aucun des concerts, c’est effrayant. J’y étais et je peux te dire que j’ai apprécié, moi.
Matt Daemon a dit :
2
C’est mon aspect cynique. J’écris toujours trop technique et sans vraiment beaucoup d’âme.
J’ai bien aimé, mais comme d’habitude à chaque festival seul 2 ou 3 groupes m’ont transportés sur toute la floppée présente. Il faut avouer que toute les révélations NME du genre klaxons, Keane et Yeah Yeah Yeah te plombent l’ambiance vite fait bien fait. A côté de ça, des groupes comme Just Jack te mettent la banane pour la journée (jusqu’au prochain bide plutôt).
Chris a dit :
3
Note pour plus tard au redac de l’article : « penser a s’acheter des oreilles » (cf la critique hilarante de Faith no more)…
Au moins, le site merite vraiment bien son nom.
Branche ton Sonotone ! » Are We Brothers? – Come Around a dit :
4
[...] que les revenants de Madness ont fait un carton en se réunissant cet été à Rock En Seine, on tient peut-être la relève ska-rock qu’il nous manquait. Prouvant au passage que la [...]
Branche ton Sonotone ! » Rock en Seine : le gros de la programmation est fixé a dit :
5
[...] live-report de la précédente [...]