Chronique de xx – The XX
The XX - xx
Année : 2009
Genre : Pop aérienne et album frustrant car en demi-teinte
Chanson(s) préférée(s) : Infinity, Crystalised, Shelter
Je me méfie de plus en plus des groupes étiquetés ‘révélation Pitchfork’. Trop souvent, il s’avère je n’apprécie au final pas la déflagration annoncée. Et c’est bel et bien l’impression que m’avait donné la première écoute de cet album : pas nul, non. Juste plat et sans grand intérêt sinon de distiller de jolies mélodies sur des guitares toute douces. Et puis l’intérêt et le remue-ménage autour du groupe m’ont poussé pas mal d’écoutes supplémentaires, et force est de constater que cet album possède quelques bonnes qualités, agrémentées malheureusement de quelques défauts.
Ce qui impressionne sans doute le plus au premier abord, c’est leur maturité : les membres de The XX ont 20 ans, et pourtant leur musique est complexe, travaillée de plein d’influences s’étalant sur toute l’histoire de la pop. Radiohead et Interpol sont les premiers à me venir en tête, mais la on pourrait sans peine allonger la liste. Malgré donc cette foultitude d’inspirateurs, le tout a un effet velouté, aérien, très classe : hors du temps.
Mais force est de constater que sur la majorité des titres on s’ennuie. En fait, ce n’est probablement pas le terme exact. Il n’en reste pas moins que 6 chansons sur 11 sont plates, pas si mauvaises, intéressantes en un sens, mais pas suffisamment pour qu’elles me restent en mémoire. Ce sont des chansons raisonnables, dans un album inégal, et deviennent vite une musique de fond si on y prend pas garde. Et ce qui retient ainsi malheureusement l’attention, c’est donc bien l’inégalité de ce disque.
Heureusement, après une introduction assez anecdotique, et une deuxième chanson à peine plus intéressante, le niveau se relève nettement avec le single Crystalised, petite merveille, synthèse du talent du groupe. Les anglais font ici preuve d’un talent mélodique rare, et les deux voix s’entremêlent de manière absolument sublime. Le riff de gratte est plus consistant, on commence enfin à toucher du doigt le potentiel du groupe.
Cependant, les chansons qu’ils déroulent derrière ne sont pas loin de me faire ranger ce groupe dans la catégorie « groupe à single ». Islands, Heart Skipped a Beat et Fantasy retombent dans les travers précédemment évoqués : qualité, mais somme toute banalité et se faisant, perdent ce qui faisaient de Crystalised une si belle chanson : les mélodies sont ternes, ils tournent un peu en rond musicalement. Bref, je m’ennuie. Heureusement arrive Skelter, qui fait partir la machine à toute berzingue.
A partir de cette chanson, ça va mieux, c’est plus riche, les mélodies deviennent enfin intéressantes. Le riff de guitare se fait plus distant, voilé et en même temps plus hypnotique, comme déchirant l’obscurité, on a l’impression de monter, de décoller. La basse se muscle un brin, les ruptures de rythme débarquent et l’album démarre vraiment.
Basic Space nous redonne encore plus d’envies d’espérer, avec une rythmique très travaillée, entre beats et pulsations africanisantes. Et avec Infinity rien ne semble plus arrêter le groupe, avec ce qui est sans le moindre doute la meilleure chanson de l’album. Trouvailles rythmiques, mélodie obsédante, comme surgissant de la nuit, son velouté font de cette chanson une grande réussite. Night Time est un cran en dessous mais confirme nos espoirs, celui d’une fin de disque qui prend la bonne direction. Espoirs un peu ternis par la dernière chanson, clairement un ton en dessous.
Le vrai talent de ce groupe s’exprime sur 4 ou 5 chansons. The XX est un groupe obscur, qui fait de la musique entre obscurité et lumière, à la fois musique de la nuit et pop majestueuse et brillante. Mais ils ne donnent pas là dans la branlette sans fondement (The Horrors, pour ne pas citer de noms), car leur musique a l’aisance et la classe des gens discrets et plein de talents. On se surprend ainsi à monter le son, à essayer de se faire complètement envelopper par ces sonorités rondes, spatiales, lentes et stratosphériques, quelque part entre Phoenix et le post-rock.
D’ailleurs, cet album me fait exactement le même effet que celui de Phoenix. Il me frustre : quelques chansons absolument enthousiasmantes, sublimes, incroyables, pour autant de chansons non pas mauvaises, mais plus plates, moins intéressante. Je me passe une partie de l’album en boucle, en oubliant l’autre moitié, rendant finalement cet album très difficile à évaluer. Si on respectait le ratio bonnes chansons / chansons moyennes, il devrait obtenir juste la moyenne. Mais les bonnes chansons le sont tellement, que ça mérite indéniablement davantage. J’ai vraiment l’impression qu’ils peuvent faire un album beaucoup plus enthousiasmant, en évitant les chansons cache-misère de cet album par trop irrégulier. Je ne les lâcherai plus.
Du son !
The XX – Infinity
The XX – Crystallized
Filmés par Grand Crew en première partie de The Big Pink
Encore plus !
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Menwho a dit :
1
C’est un peu le problème des révélations Pitchfork, au début ça a l’air tout bien tout novateur, le truc que tu vas être content de filer à tes potes en mp3 dl advance ou en lien spotify en leur montrant que t’as vu t’es toujours à la pointe des trucs qu’ils vont kiffer, et puis tu écoutes en entier et tu t’aperçois assez vite que tu t’emmerdes. C’est du folk chiant, du postrock trop complexe pour être vraiment intéressant, de l’electro ni dansante ni planante ni vraiment mentale, c’est… je sais pas… du Pitchfork, un truc bien à avoir en sticker sur ton MacBook ou en ticheurte pour une soirée aux Disquaires ou au Social Club, mais une seule parce que après ce sera démodé (qui porte encore des trucs Fuck Buttons ?).
Bon, après, Pitchfork c’est un média comme un autre et ils se plantent pas toujours, faut juste pas trop oublier de jamais complètement believe the hype.
Martin a dit :
2
J’suis complètement d’accord. (Même si Fuck Buttons c’est pas que de la hype, enfin perso je trouve ça trop ouf)
Au risque d’insister, si il y a du déchet dans cet album, y’a aussi quelques perles, ce qui justifie de surveiller ces gamins dans les années à venir !
Valoche a dit :
3
Sympa ta chronique.
Bon 6/10 pour the XX alors que tu avais mis 10/10 à Lee (http://www.lee-officiel.skyrock.com) je trouve ça bizarre mais bon. Tes gouts et tes couleurs hein…
Martin a dit :
4
Quel taquin ce Valoche :p
Fred a dit :
5
Je ne fréquente ni les lieux branchés, ni les sites hypes.
C’est pourtant pour moi le disque de l’année.
Un avis simplement basé sur 30 ans d’amour de la musique.
Y’a des diques qui méritent d’être écoutés et encore écoutés pour se bonifier. C’est le cas de xx.
Mais bon, passer plusieurs semaines sur un même disque n’est plus vraiment dans l’ordre des choses…
Martin a dit :
6
Je chronique rarement un disque sans l’avoir écouté une quinzaine de fois. Ce qui ne m’empêche pas de revenir parfois sur mon avis, ce qui me fait toujours plaisir quand ce dernier devient positif
Cela étant dit l’avis en question n’engage que moi, et je suis bien conscient que xx est un album majeur de l’année pour beaucoup.
Branche ton Sonotone ! » Chronique de All Is Wild, All Is Silent – Balmorhea a dit :
7
[...] Ainsi, à la différence des groupes qui peinent d’une chanson à l’autre à se renouveler (The xx), le disque de Balmorhea se conçoit comme une seule et même chanson, un seul mouvement, une [...]
PatibulaireMaisPresque a dit :
8
Faut arrêter les conneries: tu chroniques du grindcore et tu dis: ouhlala c’est un peu rapide et bruyant comme truc???
C’est plat??? Couillon de la lune, c’est juste ta culture musicale qu’est trop restreinte pour trouver ce qu’il te faut en fonction de tes envies du moment. C’est un disque qui passe super bien et sur toute la longueur, planant à souhait, juste ce qu’il faut pour agrémenter le silence. Des mélodies prenantes qui arrêtent le temps… Ce groupe est impressionnant et très accessible, c’est cela qui te dérange?
Interpol et Radiohead, comme influences, sans dec. Tu les sors à chaque chronique sur un groupe anglais???
Ce groupe a fait du bruit et une quasi-unanimité sur le talent de ce groupe commence à se dessiner et forcément dans ces cas là, une tribune se crée pour des chroniqueurs-trous-de-balle. Ouuuuuh yeah, ouai. Suceur.