Chronique de Alif Tree – Clockwork
Alif Tree - Clockwork
Année : 2009
Genre : Jazz, Trip Hop
Chanson(s) préférée(s) : Aurevoir,Reality, Not Gonna Waste My Time
Sur BTS on a pris l’habitude d’être des rédacteurs chiens, on le vit plutôt bien mais vous vous en doutez, quand un artiste balance la sauce avec un album qui fait crisser les pneus, on a tout de suite envie d’en dire du bien… Alif Tree et son Clockwork rentre sans effort dans cette seconde catégorie.
Il existe bon nombre d’albums doués pour vous convaincre en quelques secondes… Clockwork répond à cette mécanique, dont Alif Tree – Alexandre Altain – commence à maitriser tous les rouages. Jazz et Trip Hop, deux genres qui traduisent sans doute les eaux entre lesquelles nous nageons au contact de cet album. Fort de ce louvoiement, Alif Tree n’avait encore jamais laissé au Trip Hop une telle place dans ces compositions. Si autrefois le Jazz se faisait clef de voute, on dénote désormais un partage plus équilibré, une sorte de dialogue entre les genres qui imagent à merveille le mouvement qui investit nos têtes. Une oscillation de métronome, qui fait de ce tic tac un orchestre.
Dans une interview sur Openmag, Alif Tree décrit un «album [qui] parle du temps qui passe, du travail du temps» Je suis tenté de dire qu’il n’y a probablement pas de meilleurs termes pour décrire l’esprit du skeud. C’est un album tout ce qu’il y a de progressif et d’inspiré, abouti peut-être, mais pas tant que ça quand on reprend justement les attraits que l’artiste soulève. Une sorte de mouvement perpétuel où les morceaux avancent au simple rythme du temps. C’est dans ces longs moments pleins d’humeurs et d’émotions qu’on se surprend à regarder la poussière tomber: béa, contemplatif et l’air idiot, les stigmates d’un album réussi.
Souvent Jazz et Trip Hop ne font pas le meilleur effet auprès des sonotones les moins attentifs; beaucoup s’en méfient faute de ne pas accrocher facilement à ces stéréotypes. Alif Tree remet les pendules à l’heure et permet à ces genres de gagner en accessibilité: attention, ce n’est pas une insulte… On ne manque par exemple pas d’apprécier Reality, balade pop-bleuté irrésistible, chaude et sensuelle, un régal qui se laisse dompter avec docilité sans pour autant négliger la richesse et la spécificité de l’artiste.
Toutefois, même extraordinaires, ces quelques morceaux plus « faciles », restent marginaux. Aussi Alif Tree nous offre des titres variés pour son répertoire: Way Down South, sexuel et rocailleux, Never Be the Same, funk est entrainant, tout comme l’est Not Gonna Waste My Time.
Enfin, les titres qui appartiennent pour moi au trio de tête, d’abord parce qu’ils me fond décoller vers un autre monde, et ensuite parce qu’ils forment à mon sens une combinaison parfaite: Aurevoir qui est de loin la meilleurs mise en bouche que je puisse vous dévoiler… Cette piste propulse Clockwork dans un engrenage tumultueux, mélangeant son électronique, percussions, Jazz et vocalises lointaines. Une atmosphère cosmique, dense et irréelle… Plus délicat, Timesteched courbe le temps dans une lente mélodie, simple, répétitive, qui se transforme progressivement et enfin, accélère dans une apothéose sublime. Vient pour finir Dead Flowerz qui partage la dernière piste avec Clockwork. Si vous êtes amateur de contre-basse, ce dernier titre vous ravira comme merveilleux témoignage de la beauté de cet instrument, avant de vous plonger dans un court moment d’émotion que le piano se chargera d’initier.
Clockwork restera donc pour moi le plus savant mariage qu’Alexandre Altain ai pu produire. En effet, si cet album avait été un tableau, le Jazz en aurai tracé les lignes, le Trip Hop les formes et la Pop les couleurs. Une association qui fonctionne à merveille et dont le résultat sait encore me surprendre après de nombreuse écoutes.
Écoutez l’album sur le site de Alif Tree, sur BTS avec Reality et Way Down South !
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