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Chronique de A Brand You Can Trust – La Coka Nostra

Chronique de A Brand You Can Trust – La Coka Nostra

La Coka Nostra - A Brand You Can Trust

Année : 2009
Genre : Hip-Hop gangsta
Chanson(s) préférée(s) : Bang Bang, Bloody Sunday, Hardcore Chemical, Brujeria

7/10

Eminem et Everlast ne s’aiment pas. Depuis la fin des années 90, la tension est grande entre les deux rappeurs américains qui s’affrontent par petites phrases assassines interposées. Cependant, s’il fallait départager aujourd’hui Slim Shady du rappeur de New-York, nul doute que ce dernier l’emporterait haut la main. Le dernier album du blondinet, Relapse, sorti un peu plus tôt cette année n’est en effet guère convaincant, pas franchement mauvais mais très loin de ce qui l’avait fait connaître. Face à lui, Everlast, ancien membre du collectif House Of Pain, révélé en solo en 1998 par Whitey Ford Sings the Blues où il était parvenu à mâtiner son hip-hop originel d’une forte teinte rock et blues. Il m’a littéralement soufflé l’année dernière en sortant un War, Love and The Ghost of Whitey Ford entre hip-hop vindicatif, rock granuleux et sonorités blues qui fut une de mes grandes révélations de 2008, avec notamment une reprise de Folsom Prison Blues qui n’aurait pas déplu à Johnny.

Alors quand j’ai vu chez Thibault qu’Everlast avait rassemblé quelques potes dans un collectif appelé La Coka Nostra et sortait un nouvel album, je n’ai pas mis longtemps avant d’y jeter une oreille. Je n’y connais pas grand chose en hip-hop (on recrute quelqu’un très bientôt !), mais ça m’a amplement suffit pour plus qu’apprécier cette petite bombe qu’est A Brand You Can Trust, leur premier album.

Je vous arrête tout de suite. N’en attendez pas l’album défricheur qui révolutionnera le hip-hop, car ce n’est ni le but, ni l’intérêt d’Everlast et de ses camarades; DJ Lethal, Danny Boy (ex-House Of Pain), Ill Bill et Slaine. Les thématiques « clichés » du hip-hop US sont bien là : drogues (le single s’appelle That’s Coke, après tout), flingues, filles et violence. On reconnaîtra également sans doute pléthore d’influences, venues de nombreux autres rappeurs ou collectifs.

L’intérêt n’est donc pas là : et sans se démarquer des carcans, cet album n’en est pas moins complètement réjouissant et addictif.

Dès le morceau d’ouverture Bloody Sunday, le ton est donné : ce sera violent et brillant. Un featuring de Sen Dog de Cypress Hill, un riff de guitare martelé à l’envi, un refrain absolument dantesque et des paroles sans aucun compromis (« Pope’s is a pedophile with a drug habit », dès la deuxième phrase) font de cette chanson une des toute meilleures de l’album. Dès les premiers vers de cette dernière, la voix d’Everlast nous rappelle que ce type, rescapé d’un arrêt cardiaque, a des choses à dire et que sa voix exceptionnelle, aussi à l’aise dans le hip-hop que dans le blues est là pour nous le faire rentrer profondément dans l’esprit. Ce type a juste un flow exceptionnel : j’y connais rien, je le rappelle mais quand il est lancé, sa voix granuleuse, terreuse, comme sortie des profondeurs de la terre (sans dec’) est irrésistible.

Et ce n’est que le début, car les tracks qui vous feront dodeliner de la tête s’enchaînent comme les tatouages sur les bras d’un chef de gang : Brujeria et son couplet en espagnol excellent, Once Upon A Time et flow plus haché, Choose Your Side, arabisante et lancinante ou encore Hardcore Chemical, tendue et violente.

Mais la vraie pépite, je l’ai déjà partagée sur BTS. Elle se niche en troisième position, avec, en la personne de Snoop Dog, un featuring de luxe, des claviers partout et un refrain qui se passe de mots, un vrai bonheur.

Sur certaines chansons, l’influence d’Everlast se fait plus sentir. The Stain ou Cousin of Death, par exemple, se rapprochent de ce qu’il a pu faire sur son album solo de l’an passé : toutes guitares dehors pour la première, mélancolie touchante pour la seconde, les deux dominées par sa voix rocailleuse exceptionnelle.

La fin de l’album accumule en revanche les quelques petites faiblesses de l’album qui l’empêche d’être complètement réussi : à une Soldiers’s Story sans goût, succède Gun In Your Mouth, peu intéressante et Nuclear Medicinemen, inutilement violente sur les refrains et sans nouveauté sur les couplets. Les deux dernières chansons, pourtant singles, ne sont malheureusement pas à la hauteur non plus.

Mais quand même : 15 pistes et pas grand chose à jeter pour un album de hip-hop qui s’écoute d’une traite et dans lequel se succèdent single sur single, qui n’invente rien mais qui le fait très bien. Everlast s’affirme dans le même temps comme un valeur sûre que je vais donc continuer à surveiller de très prêt. Et ce nouveau collectif, par la même occasion.

Ecoute !

Bang Bang toujours à l’écoute ici :

Bloody Sunday

Brujeria

My Girlfriend Is Better Than Yours (clip)
Yeti Lane – Lonesome George

1 Commentaire »

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l' auteur, Martin

Touffe blonde sociopathe à double arceau rotatif.

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