Chronique d’In the mood for life – Wax Tailor
In the mood for life - Wax Tailor
Année : 2009
Genre : Travail de pro
Chanson(s) préférée(s) : B-Boy on Wax, No Pity, Say Yes, I Own You, Greenfields
Depuis 2005 et son premier album, le superbe Tales of the Forgotten Melodies, Jean-Christophe Le Saout, alias Wax Tailor, s’est imposé comme une figure incontournable de la scène hip-hop / downtempo française. Avec sa musique, qui refuse les étiquettes (non, je ne prononcerai pas le mot de trip-hop dans cette chronique), il réussit le tour de force de proposer des compositions downtempo travaillées et accessibles (la preuve, il a été « révélation fnac » ou un truc du genre pendant 2 ans, chez moi), où se mêlent hip-hop, instrus, chants féminins et ambiances cinématographiques (une de ses marques de fabrique). Avec son troisième album In the mood for life, il revient, toujours aussi fort, sans réellement surprendre.
Effectivement, le choix était risqué. Après deux albums très bons, voire excellents, on peut comprendre que le tailleur de cire ait choisi de poursuivre la voie dans laquelle il est le meilleur. On retrouve donc le pur son « Wax Tailor » sur cet album, tant est si bien qu’on a parfois l’impression d’entendre des tracks issus TOTFM ou H&S. C’est le même son, tout craché. Les violons sont là, la flûte de pan également, ainsi que de très bons cuivres. La palette instrumentale est donc très étoffée. Toujours quelques samples cinématographiques émaillés de scratchs. On retrouve également des samples utilisés auparavant par le tailleur de cire sur ses deux premiers albums. Le beat est toujours hip-hop / downtempo. Au niveau des featurings, on retrouve naturellement la fidèle Charlotte Savary et sa voix sucrée sur plusieurs tracks, mais aussi 5-6 nouveaux invités oscillants entre soul et hip-hop.
Car In the mood for life n’est tout de même pas exempt de nouveautés sonores : en premier lieu, quelques 6 intermèdes musicaux, jolis, inspirés, viennent ponctuer l’album, comme pour lui laisser le temps de respirer, de se décanter et de trouver son rythme et son ambiance. Cela pose le son, mais c’est pas non plus la révolution du siècle…
Par contre, ces nouveaux et nombreux featurings viennent apporter un vent de fraîcheur à cet album. Sur Dry your eyes, la participation de la chanteuse Sara Genn, quoique superbe, est assez anecdotique dans la mesure où on à l’impression d’entendre Que sera ou un truc du genre des précédents albums (superbes mélodies, superbe voix, lenteur, langueur, mélancolieeeee)… mais le reste des invités va proposer une direction assez nouvelle qui s’accorde remarquablement bien avec le travail de Wax Tailor : celle de la soul. Soul-pop-punchy avec Charlie Winston ( oui, oui, celui de Like a Hobo, suprenant), soul carrément old-school (aux relents gospel ?) avec Dionne Charles sur Leave it, ou soul-hip-hop sur This Train avec Voice et Ali Carter. Ces nombreux featurings aux couleurs vocales variées apportent donc une fraîcheur indéniable à cet opus. Mais c’est sur No pity, sans featurings, que se déploie à mon avis tout le talent de Wax Tailor : un magnifique sample de soul travaillé, de petits samples de voix chelous, un bon beat hip-hop et de discrètes instrus symbolisent les envies du Tailor sur cet In the mood for life : entre hip-hop léché et downtempo chaleureux, maîtrisés par un pro des machines qui tente quelques incartades, timides, vers un style soul très frais.
Faut-il encore ajouter que même si cet album est timide au niveau de l’ouverture vers de nouveaux paysages sonores, il comporte un lot incroyable de bombes, comme ses prédécesseurs ? Oui, même au bout de trois fois, la recette Wax Tailor n’a pas perdu sa saveur : le son est toujours putain de BON. Les tracks hip-hops sont toujours des grosses tueries live (essayez donc de résister à B-Boy on Wax, le frêre de Positively Inclined et House of Wax), les instrus et les mélodies sont toujours superbes, les voix des chanteurs soul ou classique sont toujours justes. Le gage de qualité ultime d’un album est lorsque vous avez envie de le réécouter en entier sans cesse pour tenter de le connaître sur le bout des doigts. Tel est le cas ici (j’en suis déjà à 9 en deux jours). En bref, le niveau est toujours aussi haut, Wax Tailor ratatinant n’importe quelle production française de hip-hop actuelle et se posant là lorsqu’il s’agit de proposer des compositions plus touchantes et intimistes… Simplement, nos sonotones d’auditeurs ingrats habitués à tant d’excellence sont en droit d’attendre quelque chose de novateur.
Jean-Christophe le Saout a suivi le fameux adage « jamais deux sans trois » : Tales of the Forgotten Melodies était l’album de la surprise, Hope & Sorrow celui de la confirmation et In the Mood for life semble être celui de la continuité. Espérons maintenant que le quatrième album sera celui du renouveau, car le discret mais doué Wax Tailor peut, j’en suis sûr, nous emmener vers des rivages musicaux insoupçonnés.
Poil au périnée.
Liens
In the mood for life sur Spotify.
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Smokey a dit :
1
Ce qu’il y a de bien dans cette album, c’est la cover! Je suis assez fan.
Mais faut dire que Wax manque cruellement renouvellement. Ca s’écoute.
Branche ton Sonotone ! » Les Solidays 2010 a dit :
2
[...] peut plus rock avec, entre autres, Archive, Kasabian et Ghinzu mais aussi le trip-hop de velours de Wax Tailor, la Miss Chocolat Olivia Ruiz et les tant attendus Hocus Pocus. N’oublions pas non plus le retour [...]