Chronique de Futuro – The Low Frequency In Stereo
The Low Frequency In Stereo - Futuro
Année : 2009
Genre : Post-rock influencé
Chanson(s) préférée(s) : Solar System, Geordie La Forge, Turnpike, Mt. Pinatubo
Depuis quelques temps, j’ai comme qui dirait une attirance pour le post-rock. Et après les grandes claques que m’ont infligé les albums de Cougar et de Acetate Zero, les norvégiens de The Low Frequency In Stereo sont, avec Futuro, en passe de faire rentrer un nouvel album de ce genre dans ma discographie.
Tout commence avec Turnpike (déjà postée ici). Avec son riff de guitare légèrement électronique, ses chapes de distorsion et ses claviers omniprésents, elle donne un aperçu assez fidèle de ce qu’aurait pu produire une collaboration improbable entre Jim Morrison et Sonic Youth. Un vrai délice, une des chansons fortes de l’albums.
Avec Texas Fox, on cerne déjà ce qui fait la qualité de cet opus : la diversité. En effet, sur les 8 chansons (seulement, malheureusement) qui composent l’album, pas une ne se ressemble, et toutes naviguent au milieu d’influences des plus improbables. Texas Fox, donc, est une synthèse inattendue entre une mélodie pop sucrée et légèrement racoleuse à la No Doubt et un duo basse/gratte ronflant et puissant, répété à l’envi que ne renierait pas un Black Rebel Motorcycle Club ou un Ghinzu.
Puis vient Geordie La Forge, une autre chanson incroyable, qui tente de nous dérouter et nous amener sur d’autres chemins, où se promènerait l’avatar potentiel d’un jam entre Phoenix, les Strokes et Vampire Weekend. D’autres chansons déroutent, venant d’un album qu’on attendait post-rock. Starstruck, clairement arabisante ou Sparkle Drive, à la mélodie plus légère, semblent se jouer de nous. Mais toujours, à l’arrière plan, un larsen, un riff dissonant ou un ronflement distordu, à l’instar de Mt. Pinatubo : lent, pachydermique et angoissant, scandé par une voix féminine à la limite de l’incantation.
Mais on sent également, comme tapie dans les enchevêtrements électriques, l’influence lancinante d’un son venu tout droit des sixties, à la fois hypnotique, désabusé, et psychédélique, et on croit entendre à plusieurs reprises ce qu’aurait pondu Jim Morrisson si le post-rock lui était atterri entre les mains. Par moment, on sent aussi comme une influence plus noire, au bord de la rupture, presque Joy Divison-esque, dans les voix surtout. En fait, cet album est en quelque sorte le pont entre le rock sixties, chamarré et nourri à l’herbe, le rock des années 90, poisseux, plein de crasse, de crack et de cambouis et l’électro décomplexée, parsemant l’album de ses boucles insidieuses.
Mais le moment le plus fou de l’album, le plus inspiré, le plus excitant, le plus jouissif, c’est la montée en puissance que constitue la dernière chanson, Solar System. 9 minutes de pure folie où toute la création musicale semble s’inviter dans un rodéo infernal, un feu d’artifice magistral où trompettes et saxophones à l’agonie se mélangent à des boucles électroniques, des incantations quasi-chamaniques et des guitares en furie, larsen et distorsion à fond. S’il ne fallait retenir qu’une chanson, ce serait celle-là.
Si j’accordais la moindre valeur à cet argument, je reprocherais aux Low Frequency in Stereo un trop plein d’influences trop évidentes, pas assez intériorisées, avec pour résultat un disque fragmenté, trop diversifié pour suffisamment marquer.
En revanche, ce que je lui reprocherais de bon cœur, c’est ce manque prégnant de ce quelque chose que je ne saurais nommer, et qui confère à un Cougar cet esprit, ce souffle qui fait toute la différence et qui m’avait fait quitter terre pour arpenter avec eux des terres glaciales, arides et inconnues. Peut-être que ce défaut vient de ce trop plein d’influence. Ce qui est sûr en revanche, c’est que Futuro est bien parti pour ne pas me lâcher pendant un moment.
Ecouter !
Turnpike est toujours dispo ici !
Solar System
Geordie La Forge

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