Chronique de Tour de Hearts – Friska Viljor
Friska Viljor - Tour de Hearts
Année : 2007
Genre : Pop scandinave toujours aussi classe
Chanson(s) préférée(s) : Arpeggio, Old Man, The Street Sounds Like
Friska Viljor sera donc le premier groupe à avoir deux albums chroniqués chez nous. Eh oui, quand on découvre artiste et un premier album aussi extraordinaires qu’inconnus, on en parle, même si ça date de trois ans déjà. Quand on aime vraiment, on chronique même le second CD, sorti il y a deux ans, ce que je m’apprête à faire. Et comme on a du nez à BTS, Friska Viljor, le groupe en question, sort un album lundi prochain, ce qu’on ignorait au départ. Album qu’on chroniquera, évidemment.
Friska Viljor, donc. Comme je ne l’avais pas fait pour la première chronique, quelques mots sur la création du groupe. En 2006, les deux leaders subissent plus ou moins en même temps une douloureuse rupture amoureuse, et noient durant une belle nuit d’hiver scandinave leur chagrin dans l’alcool. Selon la légende, ils composent le merveilleux Bravo ! en une seule nuit. « C’est un mélange de cœurs brisés et d’accès facile à l’alcool qui a fait de Friska Viljor ce que nous sommes », déclareront-ils, pour nourrir la petite histoire. D’ailleurs, le nom du groupe veut dire sain d’esprit en Suédois. Pas vraiment aptonyme pour un groupe brillant mais très certainement torturé…
Dès les premières notes, on comprend que, fort du succès de leur premier album, ils ont pu se payer un vrai studio et un vrai mixage. Le son est plus rond, plus net, plus propre : en un mot, plus pro. On pourra leur reprocher de perdre ce caractère urgent, artisanal presque, bien présent sur Bravo ! Mais ce qu’ils perdent en immédiateté, ils le regagnent en ampleur, en énergie. En effet, les cuivres et les chœurs (Old Man, The Street Sounds Like, The Cure), prennent une place d’autant plus importante, ce qui les rapprochent de leurs compatriotes I’m From Barcelona.
Si ils reprennent tous les ingrédients qui ont fait de leur premier album une tuerie, il serait très exagéré de considérer que Tour De Hearts n’est qu’un vulgaire palimpseste. Ma grand mère me l’a toujours dit, c’est avec les vieilles casseroles qu’on fait les meilleurs albums de pop scandinave (si, ma grand-mère dit toujours ça). Et ça marche : c’est beau, c’est fanfaron, c’est grandiose, c’est naïf, c’est lumineux et complètement jouissif. Mais, comme sur le premier album, on est sur le fil du rasoir en permanence, le nervous breakdown menace, et la joie n’est jamais bien loin de la tristesse.
Cet album est en quelque sorte une synecdoque musicale. On pourrait ainsi aisément remplacer pas mal de termes inutiles par Friska Viljor (imaginez : « hmm vachement friska viljor, cet album »), tant ce groupe semble synthétiser tout un tas de franges de la pop. Tour à tour émotionnelle, (Arpeggio, à la mélodie absolument exceptionnelle, Dear Old Dad), elle se change au détour d’une chanson en fanfare réjouissante et débridée, ou même teintée de rockabilly (Sunday). Pop, fanfare, rock, country, folk, Friska Viljor c’est un peu tout ça. Je le disais dans la première chronique, ce groupe est un pied de nez à bon nombre de groupes de pop trop niais ou trop larmoyant. C’est une synthèse, une parade, une fanfare de tout un savoir-faire pop.
J’espère vous l’avoir fait comprendre, j’adore ce disque. Mélodiquement quasi-parfait, bourré de plein d’ambiances différentes, accessible tout en étant complexe… Pourtant, un danger apparaît, celui de ne pas se renouveler sur le troisième album qui vient, et finir, malgré le talent, à lasser mes petites oreilles. J’espère donc qu’ils ont ajouté une dimension diacritique à ce troisième album, pour le différencier du précédent. Si cela est fait, toutes les conditions seront réunies pour que Friska Viljor passe du stade « découverte de 2009 » à celui de très grand groupe dans mon petit panthéon personnel.
Plus !
- Old man, en écoute sur mon One Band, chez Valéry.
- Sur Spotify
Friska Viljor – Arpeggio
Friska Viljor – The Street Sounds Like
Comme vous l’avez sûrement remarqué, cet article contenait un défi, innocemment lancé sur twitter par Eddie du Choix. A toi maintenant
PS : ceci est la 100ème chronique sur BTS ! Youhou !
nuage de tags & best-of



Eddie a dit :
1
Respect !
Tu devrais peut-être faire un lien vers les définitions des mots, à moins que les lecteurs de BTS soient tous académiciens xD
Pierro a dit :
2
Oh putain. Enculé t’es trop fort.
Martin a dit :
3
Eddie > Merci, et j’ai suivi ta suggestion, chaque mot pointe vers sa définition !
Pierro > J’aime quand tu es vulgaire, merci :p
Pirhoo a dit :
4
C’est toi le palimpseste !
Super album (et super chronique), j’avoue qu’il a déjà rejoint mon panthéon des albums fétiches (et fétichistes).
Je vais être comme un foufou lundi
Martin a dit :
5
Merci mec
J’ai de la chance, je suis à la source ! Dès lundi je vais chez mon disquaire stockholmois préféré et lui demande si il l’a reçu
Woodoo Child a dit :
6
Magnifique découverte, milles merci Martin, j’ai découvert BTS il y a peu, il a mit peu de temps à rejoindre mes favoris tant les choix des groupes et les chroniques sont pertinentes.
Je ne vais pas reparler de Friska Viljor, je risquerais de paraphraser la chronique !
Branche ton Sonotone ! » Chronique de For New Beginnings – Friska Viljor a dit :
7
[...] J’avais juré de ne pas les suivre si ils ne se mettaient pas en danger. Car après deux albums pas loin d’être parfaits, je craignais qu’en continuant dans leur lancée, les [...]
Branche ton Sonotone ! » Putain, un an ! a dit :
8
[...] n’aurais jamais tant apprécié ce Friska Vijor dégoté par [...]