Chronique de In And Out Of Control – The Raveonettes
The Raveonettes - In And Out Of Control
Année : 2009
Genre : Noisy-shoegazing pop
Chanson(s) préférée(s) : Last Dance, Gone Forever, Suicide, Bang!, Break Up Girls
Quand on s’appelle Wagner et qu’on vient de Scandinavie, on cumule les prédispositions pour la musique de qualité. Pas étonnant dès lors que le duo danois The Raveonettes, composé de Sune Rose Wagner et de Sharin Foo se soit imposé, grâce à quatre albums de robuste qualité, comme l’enfant légitime de Jesus And Mary Chain, Sonic Youth et du Velvet. Quid de ce cinquième album, qui débarque sur les cendres encore fumante du très bon Lust, Lust, Lust ?
In And Out Of Control est indubitablement plus accessible, ainsi que le prouve le très ensoleillé et ultra-mélodique Bang !, qui ouvre ce disque. Les mélodies sont imparables, limpides, addictives et accrocheuses et ma tête ne tarde pas à dodeliner joyeusement, bien loin des mélodies torturées et des chapes distordues de Lust Lust Lust. Largement de quoi dérouter les fans du groupe, donc. En effet, même si les ambiances se font légèrement plus sombres et la distorsion plus présente sur les deux pépites que sont Gone Forever et Last Dance, les mélodies restent imparables et immédiatement accessibles.
Le contraste est d’ailleurs saisissant entre la naïveté des mélodies et la gravité des paroles. Boys Who Rape, Heart Of Stone ou Suicide sont autant de chansons aux refrains innocents et délicats à tomber par terre, mais au propos sombre et à l’instrumentation de plus en plus complexe, électrique et travaillée. Il y a une sorte de double lecture : l’apparente insouciance en surface, qui disparaît si on gratte un tout petit peu sous la surface. On se rend compte que les sentiments charriés sont très contradictoires, c’est doux-amer, faussement léger et mélancolique… En fait, ce disque va merveilleusement bien avec l’automne qui s’installe. Car il est à la fois lumineux, réjouissant, aux couleurs vives, mais sombre aussi, plus froid, voilé, fait d’ombres et de contrastes laissant deviner l’hiver qui vient.
Ce CD doit être écouté dans l’ordre des chansons, c’est très important, tant la cohérence est grande et la progression évidente au fil des chansons. En effet, Bang ! prolonge l’été indien, le ciel est bleu, c’est coloré et vivant. Mais arrivent rapidement les premiers nuages, le soleil se voile, et on frissonne (Gone Forever, Last Dance), les nuages se massent toujours plus nombreux sous les auspices de la très shoegaze Boys Who Rape, très proche de ce qu’ont pu faire The Pain Of Being Pure At Heart cette année, comme tout cet album d’ailleurs. Après la petite accalmie que constitue I Buried You Today, le temps est changeant, tantôt calme (Suicide), tantôt plus ombrageux (D.R.U.G.S). On échappe pas à l’orage, qui déferle sous les traits de Break Up Girls, toutes guitares dehors, distorsions enchevêtrées et amplis à fond, poussant la pop noisy dans ses retranchements.
En mariant la mélancolie distante et l’insouciance grave des Stone Roses avec une pop noisy voire shoegaze à la Jesus and Mary Chain, le duo danois nous livre là un superbe album, avec une belle enfilade de chansons belles et mélancoliques.
On pourra leur reprocher d’avoir simplifié les lignes, d’être devenus plus pop. Mais lorsque s’achève sur Wine ce délicieux voyage automnal, tout est apaisé, cotonneux comme un paysage enneigé. L’hiver et là, et l’automne était splendide.
Écouter
Bang ! Toujours disponible ici.
Le clip de The Last Dance :
The Raveonettes – Suicide
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Malie a dit :
1
J’ai beaucoup moins aimé que les albums précédents, je le trouve moins authentique…
Olivier a dit :
2
M’est avis que la chronique est meilleure que l’album !
Pas qu’il soit mauvais, non, mais on a l’impression que le groupe a perdu un truc en cours de route. Les mélodies sont là, le talent aussi. Seulement tout ça est tellement… FM. Le mot est lâché. Les Raveonettes sonnent trop propres sur eux,comme endimanchés. Du coup, du mélange apreté + Jesus & the MC / influences sixties + fifties + blue eyed soul , il ne reste guère que quelques bons morceaux enrobés dans une production tout de même vachtement sirupeuse. Dommage, mais l’essentiel est resté et à l’écoute du « Lust Lust Lust » précédent, on est en droit d’être rassuré ! (là pour le coup, le coté noise l’emportait haut la main).
Reste que cet album va certainement les faire découvrir à un plus grand public, pour le meilleur, espérons. Croisage dedoigts en attendant la suite.
Très belle chronique anyway !
Martin a dit :
3
Malie > Ça m’étonne pas, celui-là est nettement plus pop
Olivier > Je suis d’accord, mais moi j’aime bien quand c’est plus easy-listening (je suis faible, je sais :p). Et merci pour le compliment !
Branche ton Sonotone ! » Live Report : The Raveonettes @ Stockholm, 30/11 a dit :
4
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