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Chronique d’In This Light & On This Evening – Editors

Chronique d’In This Light & On This Evening – Editors

Editors - In This Light And On This Evening

Année : 2009
Genre : Rock électro mal digéré
Chanson(s) préférée(s) : The Boxer, Walk The Fleet Road, ....

5/10

Editors avait prévenu : le nouvel album sera différent. Vous vous en êtes rendu compte avec le premier extrait, Papillon, posté ici il y a quelques jours, ils ont bien tenu paroles. Ils étaient connus pour leur noirceur charismatique, leurs élancées lyriques et surtout la très belle voix de Tom Smith (qui lui-même n’est pas vilain, mais nous nous égarons). Ils nous reviennent avec In This Light & On This Evening grimés en apprentis sorciers de l’électro. Sous le maquillage, que reste-t-il du minois tourmenté et entêtant d’Editors ?

Dès la première seconde, la couleur est donnée. Synthétique. Du bon vieux synthé, à peine dépoussiéré, sorti de la male de Mamie. Mais attention! Point de subtilité débordante. Editors, mine de rien, fait ce qu’il sait faire. Les mélodies accrocheuses de guitare qui nous accrochaient tant sont les mêmes. Mais jouées au synthé, a fortiori avec ce son sorti d’un autre âge, l’effet tombe à plat. Le timbre, au-delà d’être agaçant, est tout simplement trop moche pour mériter d’être ressorti. On fait des choses très correctes maintenant, avec des ordinateurs, ou seulement du bon matos ?

Et comme si ça n’était pas suffisant, Editors ajoute au tout une bonne cuillerée de chœurs masculins, très vaguement grégoriens (Bricks & Mortar, You Don’t Know Love). Ici, Ils ne sont pas la solution pour donner du volume au morceau, ce qui semble l’effet recherché. Les guitares font ça très bien. Un sample bien placé également.

Tout cela fait d’In This Light & On This Evening un ensemble peu reluisant. Reste que la voix de Tom Smith est la même, magnifique. Je suis très sensible à ces voix graves, comme celles d’Interpol ou de The National (bien évident, la comparaison s’arrête là). Les mélodies ne sont pas mauvaises, mais perdent de leur force, parasitées ainsi pour le grossier son des synthés.
On trouve cependant sur l’album l’agréable ballade The Boxer, une fois abstraction faite des gémissements de ceux-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom. De même Walk the Fleet Road est un joli dernier morceau, très lent, mettant bien en valeur une voix admirable. On prétend ne pas entendre le beat électro qui pointe de temps à autres à l’arrière plan. On fait abstraction de ces foutus syn****. On retient l’essentiel, l’atmosphère sombre et mélancolique. Tom Smith joue avec le concept du double enregistrement; c’est vraiment bien fait.

The Big Exit propose aussi un son un peu plus proche de l’originel d’Editors et relève les précédents morceaux, malgré une boîte à rythmes dont la platitude ferait presque pleurer et quelques passages nantis de nappes de claviers assez dégueus. Quant à lui, le single, Papillon, se révèle très étonnamment être un bon morceau rock-dancefloor, je le retiens pour ma fête d’anniversaire. « It kicks like a sleep twitch!« .

A noter enfin une curieuse focalisation dans les paroles sur Dieu : « I swear to God » (In This Light & On This Evening),  » No one understands, the way you found your God » (Bricks and Mortar),  » if there really was a God here » (Papillon), « I don’t wanna be ignored, oh God » (Eat Raw Meat=Blood Drool). Ça fait tout de même beaucoup pour le même homme. Ça en est presque louche.

Editors avait peur de ne savoir se renouveler, de tomber dans la répétition après deux albums salués de toutes parts. Ils ont eu le courage de tenter la métamorphose. Malheureusement, la sauce ne prend pas. On s’interroge vraiment sur l’intérêt de cette indigestion de synthés (sur TOUS les morceaux). Il semblerait qu »Editors ait vraiment voulu jouer la carte de l’électro, mais sans atteindre l’aboutissement recherché. En fait, ils se contentent de prétendre, sans creuser leur démarche.

Cela m’attriste de l’écrire, mais le peu que j’apprécie de cet album est du à la tendresse particulière que je porte à ce groupe que j’ai aimé passionnément sur les précédents albums. J’attends malgré tout les cinq bonus tracks, Cuttings II, à sortir dans quelques temps. Qui sait, peut-être une agréable surprise ?


L'avis des autres

Jamie T – Hocus Pocus
Bad Lieutenant – Sink Or Swim

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l' auteur, Elmera

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