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Chronique de Seasick Steve – Man From Another Time

[20 octobre 2009 | 4 Commentaires | 733 visites ]
Chronique de Seasick Steve – Man From Another Time

Seasick Steve - Man From Another Time

Année : 2009
Genre : Blues, Country, Folk
Chanson(s) préférée(s) : Diddley Bo, Man From Another Time, Happy [To Have A Job]

9/10

Seasick Steve est un champion de la vie. Dit comme ça, ça parait un peu prétentieux et orienté, mais c’est la stricte vérité. Le type fait du blues, il est né en 1941 ce qui lui fait quand même 68 ans (je vais être honnête avec vous, j’ai du sortir la calculette) et… son concert du 3 novembre à Edinburgh est sold-out, alors que The Dead Weather (le nouveau bébé de Jack White dont on a déjà parlé) le 22 octobre ne l’est pas. La revanche du troisième âge, quoi.

Seasick Steve a appris la guitare à l’âge de 8 ans, après avoir essayé d’apprendre le boogie-woogie piano à 5 mais wikipedia dit qu’il n’a « pas pu ». Oulala, tout cela est follement passionnant. Dans les années 60 il a été pote avec Janis Joplin et ingénieur studio. Un peu plus tard, pote de Kurt Cobain et producteur. Déménagement à Paris (l’histoire dit qu’il possédait 110$, l’avion lui a coûté 100$, un type a eu pitié de lui et l’a engagé comme musicien dans son café), Seasick Steve devient musicien dans le métro et pour finir, il s’est installé en Norvège pour, enfin, sortir son premier album, sobrement intitulé « Cheap » (bon marché, pour les anglophobes). C’est le début de la gloire, et en 2007, il a participé à plus de festivals en Grande Bretagne que n’importe quel autre artiste. Il est super fort et joue de la guitare à trois cordes (achetée en l’état pour 75$ dans le Mississipi), une guitare slide à une corde (il en joue avec un vieux tournevis), Mississipi Drum Machine (une sorte de percussion à pied), et tout un tas d’autres trucs dont une guitare en boîte à cigare. Relativement inconnu chez nous, c’est un artiste connu et reconnu en Grande Bretagne et aux USA. Fin de la biographie.

Man From Another Time est son quatrième album, sorti le 19 octobre 2009 (c’est à dire hier, eh oui chez BTS, nous aimons être à la pointe de la hype, et ce même si la hype a bientôt 70 balais). Pas d’erreur possible, c’est forcément lui. Personne ne fait plus ce genre de country qui sent bon le maïs.

Sa voix rocailleuse, les guitares et les petits effets sonores divers et variés nous projettent dans le Far West avec ce bon vieux Clint (ou John Wayne, ou n’importe quel acteur de western, vous saisissez l’idée), au saloon sur Happy to have a job, puis directement au milieu des cactus avec Lucky Luke le poor lonesome cowboy dans la chanson d’après, The Banjo Song. D’une piste à l’autre, les ambiances varient, tout en finesse sans jamais perdre ce délicieux accent country qui fait tout le charme de l’album, à des kilomètres de la surenchère électronique à laquelle nous assistons ces dernières années (je suis sûre que s’ils existaient encore, les Beatles se seraient mis à l’électro). Seasick Steve est d’ailleurs de mon avis : « I hope by making records like this, that it’ll make people want to hear music that’s recorded without the use of digital equipment, and that people’s ears can get a little rest from all that shit, » (J’espère qu’en enregistrant un truc comme ça, les gens écouteront de la musique enregistrée sans utiliser d’équipement électronique, et que leurs oreilles pourront se reposer un peu de toute cette merde)

Parfois, Seasick Steve est juste un bluesman. Souvent, il est un vieux bluesman. Sa voix porte la marque du vieil homme qui a déjà tout vu, et contribue à cette « patte » Seasickesque, qui est à mon sens très originale et rafraîchissante. Si certains titres mettraient presque la larme à l’œil, d’autres vous apporteront l’énergie qu’il vous manque pour supporter l’arrivée de l’automne qui s’annonce frisquet et pluvieux (BTS est sponsorisé par Météo France). Panorama non exhaustif des chansons qui mettent la pêche : Diddley Bo, Man from another time (surtout au niveau instrumental), That’s all, etc, etc. En fait, toutes les chansons sont bien rythmées et dynamiques, même celles qui sont plus mélancoliques, et ça c’est chouette. Never Go West est particulièrement entrainante, immédiatement suivie par Dark qui porte bien son nom. Seasick nous dit aimer le sombre, bien qu’en voyant son regard rieur de papy bienveillant sur la pochette de l’album, on ait un peu de mal à le croire.  Cette piste est également la plus dépouillée, avec un accompagnement anecdotique quoiqu’efficace. La dernière piste (hors piste cachée), Seasick Boogie, est une belle conclusion à ce western d’un tout petit peu plus de 40 (courtes) minutes.

En guise de conclusion, je vous parlerais bien des paroles, qui sont sûrement très bien, mais l’album est trop récent pour trouver les paroles sur Internet et son accent est… typique. Rural, même. J’ai beau écouter et réécouter That’s all, impossible de dire s’il parle de bird, de beard ou de bear, ou de je ne sais quoi d’autre (en fait je mens,  il parle de « fly like a *** », il est peu probable qu’il parle de voler comme une barbe ou comme un ours mais c’était pour l’image).

De la country plein le sonotone

Album disponible en entier sur Spotify
Quelques pistes en écoute sur le très joli site officiel (cliquez sur « audio »)

Bonus !

  • Je vous conseille d’aller lire cette interview (en anglais) qui date de l’an dernier, où Seasick Steve y raconte son passé et parle de sa musique. C’est d’autant plus intéressant que le journaliste a choisi de conserver à l’écrit la façon de parler du bonhomme (inarticulée, donc).
  • Et bien sûr un superbe concert à emporter sur la Blogothèque

4 Commentaires »

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l' auteur, Chatterton

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