Accueil » Chroniques

Chronique de Julian Casablancas – Phrazes For The Young

[4 novembre 2009 | 1 Commentaire | 745 visites ]
Chronique de Julian Casablancas – Phrazes For The Young

Julian Casablancas - Phrazes For The Young

Année : 2009
Genre : Voyage pop
Chanson(s) préférée(s) : 11th Dimension, 4 Chords Of Apocalypse, Glass.

9/10

Chroniquer Julian Casablancas, idole de longue date qui a fait plus d’une fois fondre mon cœur avec ses copains des Strokes, est un sacré cas de conscience pour moi. Une bataille entre admiration inconditionnelle et objectivité bloggistique. Mais j’ai choisi de m’y atteler au péril de ma vie  et ce en remerciant un collègue tricératops qui a bien voulu me laisser le cas.

Passons donc au vif du sujet : la galette. Le package est fort joli. L’artwork qui officie sur la devanture de la pochette reflète plus ou moins la personnalité de cet album. Casablancas sur son trône entouré à sa gauche d’une guitare typée vintage affublée de touches colorée façon Guitar Hero et à sa droite d’un tourne- disque muni d’un équalizer électronique. En fond, d’immenses fenêtre avec vue sur l’espace, trois énormes enceintes et un piano style classique habillé lui aussi de diverses touches de couleurs flashy. Le tout forme un message explicite : un voyage entre références « classiques » et modernité .  Et c’est bien cela l’idée de cet album, revisiter en 8 morceaux des années de culture pop sous toutes ses couture, sans forcement chercher à rendre l’ensemble cohérent, il s’agit tout simplement d’un voyage initiatique.

L’album s’ouvre sur Out Of the Blue et ses guitares aux sonorités country-rock. Le morceau n’est pas mauvais mais ne prend pas et même la voix trainante de Juju ne parvient pas à nous emmener dans le voyage. Seul véritable intérêt de la chanson cette phrase formidable : « Yes, I know I’m goin’ to hell in a leather jacket, At least I’ll be in another world while you’re pissin’ on my casket », il fallait la sortir. On enchaine sur Left&Right In The Dark, changement d’ambiance radicale, entrée de claviers sucrés à souhait qui force vos giboles à s’agiter de gauche à droite. Le morceau est plutôt parfait dans son genre avec un refrain à tomber par terre porté par des guitare rappelant délicieusement les Strokes. La sauce commence à prendre. Next step : 11th Dimension et ses claviers 80’s, ses mélodies vocales parfaites et ses paroles tirée d’un autre monde, l’archi tube imparable de l’album, terriblement addictif et inlassable machine à dandiner. C’est alors qu’apparait 4 Chords Of Apocalypse, véritable moment de grâce. Sur fond d’orgues gospelisants on écoute médusé ce slow lancinant ou le leader des Stokes oublie pour un temps son ton trainant pour faire place à une mélancolie qui prend au tripes de manière magistrale sur les envolées vocales des refrains. On en pleurerait presque. Ça secoue les oreilles et le cœur d’une manière assez extraordinaire. On passera sur le morceau suivant fade et inutile mélange de psychédélisme et de country ( si si ça existe ). C’est plutôt ennuyeux et ça ne décolle jamais vraiment, tant pis. River Of Brakelights qui vient ensuite est un morceaux plutôt déroutant et difficilement descriptible. Le titre démarre de façon étrange avec une rythmique déstructurée et un chant totalement détaché puis le morceaux monte en puissance jusqu’à un break de clavier façon console 8bits. A partir de là c’est l’avalanche :  envolées vocales poignantes mixées à des passage saccadés ou Casablancas scande » Getting the hang of it, Timing is everything « . Ça fait mal et on prie pour que la chute ne soit pas si dure qu’après 4 chords. Mais non, mais non ! On s’envole bien plus haut avec Glass, chef d’œuvre de l’album. On est entrainé dans ce morceau aérien où les nappes de claviers sont maitresses dans l’arrière garde d’un chanteur de génie qui utilise tout son potentiel avec un couplet chanté avec une sincérité extraordinaire pour le petit branleur qu’est Casablancas et un refrain, oh mon dieu j’en perds mes mots. Ça porte si haut  qu’on se croirait dans un film ou tout s’arrête façon bullet time amoureux. On est forcement suspendu en l’air et un seul mot semble ceindre: beauté. C’est juste beau. Très beau. Et rien que pour ce morceaux je mettrais 10 à ce Phrazes For The Young. Le King Of Pop n’est peu être pas mort finalement (Ouuu je vais me faire lyncher) . On termine, encore abasourdi, par Tourist, jolie ballade entre claviers et guitares mutées. C’est une jolie manière de clore cet album en faisant redescendre la pression doucement.

Verdict ? L’essai est plutôt réussi, on navigue en effet entre classicisme pop et modernité électronique. Un travail profond a été apporté à cet œuvre, notamment aux rythmiques assez inédites. On voit ici Julian dans un registre plus intime qu’avec les Strokes, et on ne peut que se rendre compte que de la fertilité de ce garçon qui reste à mon sens l’un des artistes les plus talentueux de la décennie. Bémols ? 8 titres c’est court trop courts et la présence des deux vautres que sont Out Of The Blue et Ludlow St ne s’en ressent que plus. Certain pourront aussi reprocher un manque de cohérence à cet album ou l’ami Julian se balade entre des genres opposés sans forcement de transitions. Julian Casablancas a fait bien mieux chez les Strokes et on espère que cela continuera d’ailleurs, mais il prouve içi qu’il est plus que la voix erraillée du groupe. On ressent dans cet essai solo qu’il est le papa des mélodies divines présentes sur Is This It et consorts, et qu’il mérite son statut d’icône autrement que pour sa belle gueule.

Écoute !

Julian Casablancas – 4 Chords of Apocalypse

Julian Casablancas – Glass


1 Commentaire »

Réagis mon ami !

Mmh, au fait tu peux aussi t'abonner aux commentaires avec ce flux RSS.

Sois impertinent, percutant et provoquant. Mais pas de spam, sinon...




Ce blog est magistralement paramétré pour afficher des Gravatar. Si toi aussi tu veux une image à côté de tes commentaires (comme je te comprends), tu peux aller jeter un oeil chez Gravatar.

l' auteur, Matthieu