Chronique de Wave If You’re Really There – Wave Machines C'aurait pu être le disque de l'été...
Wave Machines - Wave If You're Really There
Année : 2009
Genre : Electro-pop-rock-folk-fourre-tout-mais-pas-trop
Chanson(s) préférée(s) : Greatest Escape We Ever Made, You Say The Stupidest Things, Punk Spirit
Qu’on ne me parle plus de groupe post-folkeux aux noms d’animaux, cherchant dans l’expérimentation musicale vaguement électro un exutoire vide de sens à leur talent inexistant et à leur égo démesuré. Et, de manière générale, de tout ce qui s’approche d’un folk-pop-électro intellectuel et prétentieux, qui fait s’activer le popotin du bobo en Ray-Ban plus sûrement que Lady Gaga celui de la pré-adolescente dans une boîte de province minable.
En conséquence, j’avais les crocs, les griffes et toutes sortes d’autres armes contondantes sorties, affutées, et prêtes à tailler dans le vif d’un album électro-pop qui s’annonçait comme une sécheresse en Afrique subsaharienne. Une catastrophe de plus, noyée dans une succession de désenchantements, de déconvenues et de révolte légitime face à l’imposture artistique que représentent quelques uns des albums les plus en vues dans le microcosme nauséabond des prescripteurs de bon goût.
Effrayé face à cette ire que leur nouvel et premier album ne semblait pas en mesure de contenir, les Wave Machines sont venus les mains en l’air, un paquet de Valium dans la poche arrière du jean et un album plein de bonnes idées, pas énormément d’originalité, mais aucune prétention.
Bon, ils auraient quand même pu se manifester un peu avant, les bougres, car l’été s’accorde bien mieux à un album de la trempe de Wave If You’re Really There qu’un hiver grisâtre et frisquet.
Je ne sais pas si je l’écouterai l’été prochain, mais j’aurais aimé danser sur l’épileptique The Line ou sur le bondissant I Go I Go I Go. Ou regarder le soleil se lever dans la fraicheur relative de l’aube, accompagné dans sa course par l’aérienne You Say The Stupidest Things.
Bien aidé par les flots éthyliques déversés dans mes veines par une énième débauche estivale, j’aurais pu me laisser enivrer par le mid-tempo halluciné de Keep The Lights On. A travers la vitre d’un train ou le hublot d’un avion, je me serais laissé emporter par la montée en puissance de l’ample et imposant Punk Spirit. Errant d’un pas nocturne et mal assuré dans les rues d’une ville désertée, j’aurais chaussé mon casque et démarré Dead Houses, envoûtante et sombre.
Malgré cette petite erreur de timing, et bien aidé par la petite perle qu’est The Greatest Escape We Ever Made, incroyable de justesse, d’originalité et de maîtrise, Wave If You’Re Really There me plaît. Aussi parce qu’il a dans les instrumentations une sophistication, avec ces claviers enfantins, ces bruitages inquiétants et ces rythmiques étranges qui reste dans les limites imposées par le bon goût et l’humilité.
Cet album mérite une écoute, même si il arrive trop tard, qu’il tire de grosses ficelles, s’engouffrant dans une brèche rebattue par beaucoup ces derniers temps. Car les Wave Machines le savent, et qu’il se contentent de le faire avec honnêteté et franchise, acceptant l’idée qu’ils ne changeront pas la musique. Et qu’ils n’en ont pas grand chose à cirer.
Ecouter
Le magnifique clip de The Greatest Escape We Ever Made
Wave Machines – You Say The Stupidest Things
Wave Machines – Punk Spirit et son très bon clip aussi
Pour aller plus loin
- L’album sur Spotify
- Acheter sur Amazon
- La Chronique de Benoît, sur la Pop Revue Express.
- Et puis le myspace aussi.


Branche ton Sonotone ! » Ramona Falls – Going Once, Going Twice a dit :
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[...] ne t’aura pas échappé lecteur, que la pop-folk foutraque et pastorale (sic) surestimée par les médias a tendance à [...]