Live report : Cougar @ Batofar, Paris (07/10)
Le 7 octobre dernier, Cougar donnait un concert au Batofar à l’occasion de la sortie de leur dernier album, « Patriot ». Mon cher collègue Nao et moi-même étions sur place. Ambiances.
Ma culture cougarienne était relativement limitée avant ce concert. Disons que j’étais vierge en Cougar. Nao quant à lui, était déjà un adepte convaincu, il est venu armé de son appareil photo, et c’est à lui que nous devons les images du concert qui font notre fierté, on dit tous merci à Nao.
La première partie a été assurée par une jeune Norvégienne, Thea Hjelmeland, au demeurant charmante, vocalises à la Björk, pieds nus. Ambiance gentiment barrée, le temps de se remettre de nos émotions (comprendre : « de notre sprint sous une pluie battante avec pour seul refuge possible un pont parisien même pas étanche »). Il le fallait. Car ce qui a suivi, ce qui a suivi mes amis, il était inenvisageable d’en perdre une miette.
Pour décrire le phénomène, je n’ai qu’une seule image en tête : si Emerson, Lake and Palmer avaient donné dans le gros rock, ils se seraient appelés Cougar. Mais si, Emerson, Lake and Palmer. Ce groupe de rock semi progressif, semi expérimental des années 70.
La ressemblance est limitée, cependant, car Cougar est loin des mises en scène extravagantes des trois agités qui démontaient leur orgue sur scène chaque soir avant de le réparer pour le concert suivant. Non, Cougar, c’est plutôt : mur d’amplis, kilomètres de câbles enchevêtrés, bouteilles d’eau de ci de là, et surtout, petit félin en peluche posé sur le devant de la scène histoire de rappeler au public que Cougar, c’est avant tout le deuxième nom du puma (mais ça visiblement, tout le monde le sait et il n’y a que moi que ça étonne encore). Ambiance casual, donc, et tant mieux : la musique de Cougar est assez brute de décoffrage pour se passer d’artifices.
En revanche, on retrouve le synthétiseur déjà utilisé par ELP. Car ce qui est fascinant, quand on regarde Cougar sur scène, c’est ce mélange « deux guitaristes et un bassiste alignés sagement + un batteur pour le moins énergique + un homme-orchestre alternant synthé et percussions plus exotiques ». Quand Cougar joue, on écoute, car quand Cougar joue, Cougar explose. Mais Cougar explose avec classe. Cougar joue avec force, pas avec brutalité. Cougar fait du gros son avec des solos plutôt fins, Cougar compose des morceaux originaux et recherchés qui font sortir la bête primale cachée en nous. Cougar (ou plutôt le batteur de Cougar, qui fait office de porte-parole) incite le public à se détendre, car ils sont étonnamment calmes, ces Parisiens. « Talk about healthcare reform, or something », nous suggère le batteur (on me glisse à l’oreillette que son nom est David Henzie).
Mais le public s’abstient de causer santé publique et se détend d’une autre manière, probablement parce qu’on n’a pas envie de parler quand Cougar joue, juste d’écouter. Le public se détend donc « corporellement » (non, pas de cette façon corporelle là, je vous vois venir). Les pieds battent le rythme, les jambes sautillent, les bras s’agitent. Certains se laissent aller à un léger headbanging. A ce titre, la salle est assez intéressante à regarder, elle aussi, l’occasion de constater que le public de Cougar est assez varié, entre couples middle age et jeunes gars à tendances métalleux.
Cougar demeure un jeune groupe (non que cela transparaisse dans leur jeu scénique : ils sont restés imperturbables alors qu’il s’est mis à pleuvoir à l’intérieur du bateau et qu’ils étaient entourés de câbles électriques). Ils remercient le public d’être venu les écouter, car pour l’instant ils ont eu du mal à trouver quelqu’un qui veuille bien les produire en France. M’est avis que cette disette ne durera pas bien longtemps. Car plus qu’une comparaison fumeuse avec Emerson, Lake and Palmer, pour décrire Cougar, je n’ai qu’un seul mot en tête : « révélation ».
Nao vous parle désormais. Du point de vue du résumé, il n’y a pas grand chose à dire de plus que ce que vient de vous raconter ma chère Mercy.
Mais j’aimerais rajouter un léger focus sur cette fantastique chanson qu’est Stay Famous (spotify). Ce titre me donnait déjà des frissons avant le concert et je l’avais écouté en boucle durant tout le mois précédent. Alors forcémment, en allant au concert je ne pensais qu’à cette mélodie éléctrisante et foutrement factrice de défoulement et de bonheur pour mes petites oreilles. Je ne voulais que cette chanson à la fois douce dans ces solos de gratte, et si explosive lors de son refrain joussif. Pendant que nos cinq compères s’installaient, à la fois trempé par l’orage et émoustillé par la voix ensorceleuse de la jeune blonde aux traits presque elfiques Thea Hjelmeland qui avait précédé nos félins, je trépignais, et là, presque par surprise, sans même prévenir, ils ont lancé leur concert par Stay Famous. Quelle violence. C’était un moment juste parfait, une parfaite mise en tympans pour un concert d’anthologie, et depuis, je ne me lasse toujours pas d’écouter et de réécouter ce tube qui est de loin mon titre préféré dans tout ce que j’ai pu entendre cette année. A réécouter sans modération, vraiment.
Pour aller plus loin :
- La chronique de l’album Patriot par Martin
- Le Myspace de la première partie : Thea Hjelmeland
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