Chronique de The Field – Yesterday and Today
The Field - Yesterday and Today
Année : 2009
Genre : Techno minimale classieuse
Chanson(s) préférée(s) : You have the moon I have the Internet, Leave It, The more I do
La techno minimale est un genre qui se produit au kilomètre. Parmi la masse de productions qui encombre les labels se dégagent souvent quelques perles plus ou moins brillantes. Alex Willner alias The Field, suédois de son état édité sur Kompakt qui vient dignement de fêter ses dix ans, est l’exemple type de ce son qui parfois émerge et donne au genre ses lettres de noblesse. Après le bien nommé From here we go sublime The Field récidive avec un deuxième album tout aussi remarquable – bravo, Alex, tu as passé le cap du second album avec brio … - Yesterday and Today sorti en mai dernier.
La minimale est un genre paradoxal, elle n’est bonne que quand elle est riche, non nécessairement de par un foisonnement sonore mais d’autant plus par sa profondeur. C’est une musique qui doit donner le sentiment à chaque nouvelle écoute de ne pas entendre le même morceau. Ainsi, on peut découvrir de nouveaux motifs rythmiques ou mélodiques, des gimmicks lointains qui ne s’entendent qu’au casque, un beat bien placé à la 7ème minute qui fait du track le chef-d’œuvre de la décennie pour au moins deux mois. Yesterday and Today est de cette trempe. Sur six titres longs comme il faut (bien plus de 5 minutes en moyenne), on s’envole dans des hautes sphères planantes et délicates. You have the moon, You have the Internet introduit le tout dans une montée irrésistible et caressante. Exemple paradigmatique pour le reste du disque, motifs planants, progression des boucles rythmiques. Le second titre Everybody’s Got to Learn Sometime joue une carte pop un peu mal ficelée en reprenant le titre d’un groupe maintenant un peu obscur des années 80 The Korgis (à noter que la chanson à déjà été reprise par Beck et… Zucchero). Moment un peu faiblard de l’album malgré les jolies nappes en background.
La suite, Leave It relève d’un hymne superbe à la techno de Détroit et à Basic channel dans ses plus belles heures. Hypnotique et génial. Le track éponyme Yesterday and Today est tout aussi jouissif, on est toujours dans la montée progressive qui alimente l’oreille et l’imagination de mille trips planants.
The Field oscille avec grâce entre techno discrète et une ambiant digne de ce nom.
Le single The more I Do nous rejoue le coup pop et rappelle en filigrane le Beautiful Life de Gui Borrato mais en nettement plus subtil. Pour finir, Sequenced déçoit un peu avec sa ligne de basse et son break de batterie too much décalé par rapport au reste de l’album.
Au final, pourtant, Yesterday and Today est une bien belle réussite qui mérite d’être placé comme disque de chevet techno minimale pendant quelques longues semaines.
Écouter
The Field – You Have The Moon, I Have The Internet
The Field – Leave It
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pannouf a dit :
1
Encore un artiste que j’avais manqué dans la prog des trans ! Et bein y a du pain sur la planche…
Super chronique !
Elmera a dit :
2
J’aime beaucoup, très bonne découverte : )