Chronique de Scars – Basement Jaxx
Scars - Basement Jaxx
Année : 2009
Genre : Patchwork-house
Chanson(s) préférée(s) : Scars, What's a girl gotta do, Saga
Sur le nouvel album de Basement Jaxx, Scars, il y a le dessin-collage d’une sorte de hibou chelou avec un casque métallique qui brille et des tas d’assemblages de trucs hétéroclites et postmodernes, sur fond d’une espèce de pampa aride… C’est super délirant ou super moche ou super joli. L’album ressemble un peu à ça. C’est un espèce de machin bordélique où Simon Ratcliffe et Felix Buxton se sont fait plaisir en invitant des tas de gens pour des featurings et en prenant des directions plus ou moins inspirées.
Rapide remise en contexte de l’écoute. Basement Jaxx j’ai découvert en écoutant Crazy Hitch Radio, en 2006. C’était un espèce de terreau chelou entre pop et house-fanfare klezmer et RnB et world music et et et et et bref, un pur crossover. Après j’ai compris que c’était deux des mecs les plus respectés Outre-Manche pour leur apport à l’édifice électronique depuis une quinzaine d’année à base de tracks crossovers foutraques entre turbine schizo et énergie pop/rnb. Bref des pionniers, les Daft Punk anglois en somme.
Leur dernier album Scars, donc, est une galette honnête qui n’est pas sans rappeler Crazy Itch Radio et Kish Kash. La production est toujours ultra fouillée (jusqu’à l’indigestion devant la multiplication des arrangements et des effets cheesys-rigolos). La liste de featurings est toujours assez impressionnante et à la pointe de la mode : Santigold, Sam Sparro, Yo Majesty… Tout cela part joyeusement dans tous les sens avec plus ou moins de réussite, les sirènes house sont toujours présentes, mais le fond de l’air semble un poil plus pop qu’auparavant, avec plus ou moins de réussite.
Ainsi on appréciera quelques antiennes « hétéroclito-pop-ragga-house » avec Scars, Raindrops ou Saga qui remplissent leur fonction de « bangers-arty ». On commentera pourtant le choix discutable d’emmener l’auditeur sur des terrains « rnb-world-xylophone-vocoder » ( !) avec l’ignoble l’étonnant Distractionz, ou vers une resucée dance 90’s que Calvin Harris n’aurait pas reniée avec l’insupportable Feelings Gone, ou plus généralement vers de l’électro-pop fade sirupeuse et regrettable avec My turn. Quant aux ballades A possibility feat. Amp Fiddler et Stay Close feat. Lisa Kekaula où Basement Jaxx s’empresse de bousiller la voix de leurs artistes avec des vocoders ou des tas de petits bruitounets jolis, elles me donnent personnellement envie d’arracher des utérus de génisse avec les dents en chantant du Dave. Mais c’est sans doute très subjectif.
Mais finalement on hochera la tête d’un air entendu en constatant que des tracks comme Gimme somethin’ true, Day of the sunflowers ou What’s a girl gotta do (avec sa sirène du début à la Hey U) qui n’apportent strictement rien de nouveau au son Basement Jaxx sont pourtant les plus réussis de l’album. De la bonne house-hachée-bondissante-joyeuse des familles qui décrasse le conduit comme il faut.
Finalement, si Basement Jaxx « refait toujours le même album », c’est sans doute à raison. Car sur ce Scars, qui s’aventure vers des contrées plus pop que d’habitude, le duo tombe dans l’écueil du mou, du sirupeux donc de l’agaçant… alors même que leur potentiel pour créer des collages improbables d’house foutraque et démesurée est encore une fois vérifié sur la moitié de l’album, franchement bandante. Écoutez-le une fois, puis censurez les passages qui vous sont difficiles et appuyez à nouveau sur Play.
Ecouter
Basement Jaxx – Scars
Basement Jaxx – What’s a Girl Gotta Do
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Mutapop a dit :
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Effectivement, ça ne casse pas des pattes à un hibou !