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Live report : Massive Attack @ Halle Tony Garnier, Lyon (16/11)

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Le 16 novembre dernier, nous étions étonnamment peu nombreux, en cette vaste halle Tony Garnier, a nous êtes déplacés pour entendre le Massive Attack nouveau, quelques mois avant la sortie de « Heligoland« , prévu pour février prochain. C’est donc dans une configuration réduite de la salle, avec environ 3500 personnes, que Martina Topley-Bird a engagé la partie, presque seule en scène.

Le public, très hétérogène, l’accueille chaleureusement, mais sans toutefois l’enthousiasme débordant donc étaient peuplés les concerts de ma jeunesse – ce qui reste compréhensible, et même souhaitable. Nous avons donc décidé de profiter, bien qu’illégalement, des sièges en bois tout creux et rigolos, qui permettent une bonne vue de l’ensemble du spectacle.

Très jolie dans sa grande robe rouge, Martina s’empare de la scène et sait ménager son effet : ballades tranquilles où sa voix officie en maître, mélodies entraînantes parsemées de rythmes africanisants et même un morceau rock pour clôturer son show. Mention spéciale à son « Ninja« , un curieux individu multi-instrumentaliste surdoué, donc on ne verra jamais le visage.

Quelques temps plus tard, Massive Attack entre en scène et éveille un public un peu endormi. Le set jouera sur les deux tableaux : des titres cultissimes allant de « Teardrop » à « Risingson » en passant par « Mezzanine », comme de nouveaux titres que j’ai découvert sur le tas : « Psyche », « Babel » ou « Spitting the Atom ». L’ensemble est très bon, on se sent planer, rebondir, décoller.

Les guest stars habituelles du groupe se succèdent : Martina Topley-Bird est de retour pour de nombreux morceaux (elle figure sur le prochain album), mais aussi Horace Andy, le reaggeaman jamaïcain, vieux papa à la voix tremblante et au charisme incroyable, et Deborah Miller, bouillonnante et fascinante.

Derrière les musiciens, un curieux écran composé des dix bandes pixélisées diffusera pendant toute la prestation divers messages : des noms de médicaments et de drogues, des chiffres, des citations en français… et plus étonnant, des titres d’articles de médias français assez subversifs, parmi lesquels j’ai identifié ceux de Rue89. Un temps divertissants, ces textes ont vite eu le désavantage de trop détourner l’intention vers eux. On en serait pas à oublier ce qui se passe sur scène mais presque.

D’autant plus que le concert connaitra quelques petites longueurs, pendant lesquelles le bruit semblera prendre le pas sur la musicalité. Mais pas d’affolement, très vite, 3D et sa bande reprennent le dessus pour nous transporter dans leur monde peuplé de voix langoureuses, de guitares aiguisées et de beats pressés, accompagnés de leur cadence toute particulière, énergique et rêveuse.

On en ressort détendu, ardent, serein, endiablé, amoureux… un combo d’émotions semblable à la musique de Massive Attack : blanche, noire, pop, électro, enlevée et tranquille.

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l' auteur, Elmera

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