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Chronique de Music Components Rev. 2 – Arnaud Rebotini & ses potes.

Chronique de Music Components Rev. 2 – Arnaud Rebotini & ses potes.

Music Components Rev2 / Arnaud Rebotini

Année : 2009
Genre : Re-techno
Chanson(s) préférée(s) : Un cheval d'orgueil (Donovan Remix), Horn of innocence (Xavier Naudascher Remix)

7/10

Music Components d’Arnaud Rebotini est entré dans mon panthéon personnel des meilleurs albums d’électro jamais produits. Vous pouvez le constater ici, même si la chronique ne prouve pas que l’album tient remarquablement sur la longueur (normal, quand on le fait uniquement avec des machines de plus de 25 ans d’âge). C’est donc avec une certaine joie, teintée toutefois d’appréhension, que je me mets à l’écoute de cet album de remix de l’opus de Rebotini qui sort pratiquement un an jour pour jour après l’original.

Au menu, des invités prestigieux avec le teuton crasseux Martini Bros et la délicieuse française DJ Chloé ; des pousses prometteuses avec Donovan le jeune poulain de l’écurie Citizen et Discodéine de chez Kill the DJ ; de parfaits inconnus avec Acid Washed et Somethingalamode (dont le pseudo second degré hype genre donne envie de découper des têtes d’enfants blonds à mains nues) ; ou tout simplement un auto-remix de Rebotini himself sous le nom du projet Blackstrobe. Nous pouvons donc nous attendre à un album de remix de très haut niveau.

Mais avant d’aller plus loin : qu’est-ce qu’un bon album de remix ? Doit-on, ou ne doit-on pas pouvoir reconnaître l’original ? Doit-on, ou ne doit-on pas pouvoir retracer le processus de (re)création du remixeur ? En somme, un bon album de remix, est-ce celui qui tire dans une direction tellement novatrice que l’auditeur perd tous ses repères ou est-ce celui qui cultive légèrement l’identité quand les remixeurs se réapproprient prudemment les titres originaux sans toutefois déboussoler totalement l’auditeur qui peut aisément reconnaître les ambiances et les boucles des morceaux originaux ? La question n’a sans doute pas de réponse fixe puisque les deux réponses contiennent en elles-mêmes un écueil évident : pour le premier le risque de dénaturer totalement l’objet, de le pourrir et d’obtenir un fiasco… et pour le second le risque d’ennuyer et de se montrer plat et trop convenu.

Ce Music Components ne tranche pas dans les deux réponses ni dans les écueils évidents. Dans ces remix, généralement point de modifications radicales de l’ambiance rebotinienne : on est toujours dans de la bonne techno couillue, dark et moite, un truc pesant et tourbillonnant aux relents résilles et décadents d’électro-techno-clash. Mais c’est malheureusement un peu au détriment de la qualité générale du truc. Le problème étant que l’album original ayant placé la barre réellement haut, le travail d’un remix est toujours plus casse-gueule : si on s’éloigne, on saccage, et si on ne s’éloigne pas assez on fait toujours moins bien et on ennuie. C’est un poil le cas ici, quelques titres s’égrainent tranquillement, c’est bon mais sans plus et ça n’égale jamais la puissance crasseuse et brute de l’originale et ses boucles à la fois surannées et modernes. Les remixs plutôt ratés et chiants de 1314 par Acid Washed ou Decade of agression par Jesper Dalhback parlent d’eux-mêmes. Le remix de Conakry filter sweep par Blackstrobe n’apporte vraiment rien, quand à Chloé, son remix de Cm s’oriente vers une minimale qui se veut planante et poisseuse mais qui est plutôt chiante, à mon goût.

Mais pourtant il y a quelques bonnes surprises valant le détour. A commencer par le remix de Un cheval d’orgueil par Donovan, qui, s’il ne s’éloigne pourtant pas énormément de l’original dans sa forme, a trouvé le petit truc qui fait du remix un bon remix. Ici c’est une espèce de ligne crade de turbines grêles qui fait limite penser à du Dave Clarke (dans ses remix). C’est extrêmement lourd, et le remix vient pratiquement égaler l’original (pourtant une démonstration de montée jouissive), en rajoutant simplement des kicks et une turbine réellement agressive qui fait du bien là où ça fait mal. Un des plus gros bangers que j’ai entendu ces derniers temps. La suite des excellents travaux de cet album de remix vient lorsque Horns of innocence, un track plutôt posé autour d’amples de synthés, est sublimé par Xavier de Neudascher et devient une sorte de périple post-disco enflammé, désuet et absolument jouissif. Quand au looong périple Mnll, il est radicalement transformé par SomethingALaMode et devient une sorte d’électro-violons progressive souillée par quelques kicks crasseux edbangeriens. Ce morceau chelou n’a plus rien à voir avec l’original, et c’est tant mieux.

En conclusion on saluera un album de remix assez honnête qui contient son lot de très bons travaux mais qui ne parvient toutefois pas trop à s’éloigner de l’opus de base, exemple en matière de techno. On peut déplorer le manque de prise de risque, ou souffler en pensant avoir évité le pire. Bref, une galette de remix sympatoches qui permet de se replonger encore un peu dans Music Components 1. Mais maintenant Arnaud, ô divin moustachu, on veut des inédits !

Pete – El Goodo
31èmes rencontres transmusicales de Rennes.

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l' auteur, Pierro

Connard pédant.

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