Chronique de All Is Wild, All Is Silent – Balmorhea
Balmorhea - All Is Wild, All Is Silent
Année : 2009
Genre : Post-folk/rock/pop/classique
Chanson(s) préférée(s) : Aucune
Difficile de parler d’une musique qui ne semble pas avoir de lieu, d’existence matérielle. Difficile de rendre compte de la douce mélodie que chacune des neuf chansons du dernier album de Balmorhea susurrent à nos oreilles.
Car au carrefour où les Texans semblent tracer leur route, les contours sont flous et les impressions diaphanes difficile à retranscrire. Il n’est pas aisé de savoir où une chanson se termine et où l’autre commence, car là n’est pas l’important. Il n’est pas non plus aisé de coller une étiquette sur ce All Is Wild, All Is Silent. Pop ? Folk ? Classique ? Rock ? Tout ça à la fois, sans aucun doute.
Le mieux est sans doute de s’oublier, de fermer les yeux et de se laisser aller le long de ce voyage intemporel, dans la brume froide et la lumière glaciale, à travers des steppes désertées où on ne rencontre personne, où on a plus d’excuse pour ne plus se regarder. Un peu contraint, on se renferme sur nous même et la force de suggestion des constructions post-rock fait le reste. Un vent froid et parfumé caresse notre visage et, lentement, nos pieds ne touchent plus le sol.
N’écouter qu’une ou deux chansons ne serait pas très intéressant tant l’intérêt du disque réside dans sa cohérence, dans sa progression. Construit comme un long voyage là où se rencontrent folk, pop et musique classique. Ainsi, à la différence des groupes qui peinent d’une chanson à l’autre à se renouveler (The xx), le disque de Balmorhea se conçoit comme une seule et même chanson, un seul mouvement, une longue histoire, un tranquille périple, une errance apaisée.
Ce disque a le goût du voyage, de l’évasion, il a la saveur délicate du dépaysement, de la désorientation délicieuse et de la nostalgie du pays natal. Les lignes instrumentales se nouent, se dénouent et nous emportent au gré de leurs déambulations ensoleillées. Ici, un violon, là, un arpège de guitare, on croit même apercevoir des voix en arrière plan, qui nous donnent la main et nous aide à progresser dans ce monde où on a perdu tout repère.
Mais ce disque, mélancolique comme une brise d’hiver et froid comme le soleil de janvier est paradoxalement accueillant : si il est dépeuplé, il n’est pas aride et si il fait voyager, on s’y sent bien, comme dans un cocon. Les neuf chansons nous racontent une histoire, un conte de l’exil. Et nous, mené par le bout du nez par cet album sublime, on marche à ses côté, ébahi et rasséréné.
L’album en intégralité
La superbe vidéo de Remembrance :
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Paco a dit :
1
Un des plus bel album de l’année sur lequel on revient avec plaisir quand on a un peu de temps. Car ce disque s’écoute en entier ou pas.
Martin a dit :
2
Complètement d’accord
David a dit :
3
Un magnifique album que j’ai découvert il y a peu ! Ca me fait parfois penser à la musique composée par Neil Young pour Dead Man, ce côté « mélancolie contemplative ». J’adore ! Ce disque témoigne avec brio de la possibilité qu’a la musique à nous faire voyager. Lorsque j’écoute, je vois de somptueux paysages, je me sens minuscule, mais terriblement humain, vivant. Je le conseille vivement !