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Chronique de Liebe ist für alle da – Rammstein

Chronique de Liebe ist für alle da – Rammstein

Liebe ist fur alle da - Rammstein

Année : 2009
Genre : Metal-électro de gros teuton
Chanson(s) préférée(s) : Pussy, Rammlied, Waidmanns Heil, Führe Mich

7/10

Comme tout adolescent qui se respecte, j’ai eu ma période « fan-de-métal » entre 13 et 14 ans. Par métal, nous entendons en gros Marylin Manson, Rammstein et System of a down. Bref, rien d’étonnant. De cette période trouble où des posters de putes androgynes enflammées et provocatrices s’étalaient sur les murs de ma chambre innocente, j’en garde quelques souvenirs tendres, et avant tout une sorte d’amour un poil coupable pour les groupes sus-cités. A commencer par Rammstein, dont je reste, à défaut d’un authentique fan, un réel amateur.

C’est donc avec une certaine surprise que j’appris en octobre que les teutons revenaient aux affaires avec la sortie du clip de leur single, Pussy, suivi dans la foulée d’un album Liebe ist für alle da (L’amour est pour tout le monde). Comme on pouvait s’y attendre, tout cela orchestré par une machine marketing provoc et bien huilée : le clip de Pussy est un porno joué par les MEMBRES du groupe, le maxi-pack contient 6 godes qui moulent les MEMBRES du groupes (j’aime la polysémie) du lubrifiant et une paire de menottes, et l’album lui est très bien monté puisqu’il contient 16 titres.

Les allemands n’ont donc rien perdu de leur humour acerbe corrosif acide blabla, mais je rentrerais pas dans les détails vu que j’entrave rien à l’allemand (j’ai vite fait regardé les paroles traduites, ça parle d’amour, de domination, de soumission, de mort, de sexe, de sectes, de Josef Fritzl). Tout cela flirte, comme toujours chez eux, avec un mauvais goût outrancier tant dans l’esthétique promotionnelle « décadence boucherie et porno seventies » que dans certains morceaux de l’album comme « Frühling in Paris » où Till Lindemman reprend Edith Piaf et son « non je ne regrette rien ». Assez surréaliste. De même, certains esprits chagrins déploreront bon nombre de tracks de l’album au nom d’un « manque complet de renouvellement créatif blabla écoute Pussy franchement 3 accords du vu du revu Rammlied pareil on dirait Wollt Ihr das Bett in Flammen sehen blabla » … Mais comme toujours, très difficile de distinguer provoc, second degré, sérieux et authentiques ratages chez R+.

Mis à part ce côté outrancier assez habituel chez le groupe de métal indus allemand, ce Liebe ist für alle da est appréciable à plusieurs titres. Premièrement parce qu’il rompt avec un cycle de deux albums fondamentalement peu jouissifs, faiblards voire diaphanes (Reise Reise et son petit frère Rosenrot en 2004 et 2005) où Rammstein se perdait dans des errances trop calmes-acoustiques-mélodiques. En effet, avec ce sixième album (depuis Herzeleid en 1995), les tudesques renouent avec l’esthétique musicale de leurs débuts en produisant un métal plus « pur » (pour ce que j’y connais, évidemment), où les riffs saturés sont assenés sans concessions, aidés par un arsenal électronique du plus bel effet (esthétique 90’s qui culminait sur Sehnsucht et ses gros synthés délicieux).

Ensuite parce qu’en plus de produire un album vaguement plus engageant que ses deux derniers, Rammstein tente de renouer avec l’approche symphonique qui les amena, fut un temps, au sommet de leur art avec Mutter, œuvre inégalable parue en 2001 avec laquelle je découvris les allemands. Bien sûr Liebe ist für alle da n’atteint jamais l’intensité générale de Mutter, même si il essaie fortement (écoutez Donaukinder).

Troisièmement ce sixième opus est remarquablement bien produit, c’est un vrai travail de pro : si on a parfois l’impression d’entendre du R+ des 90’s (avec un soupçon de début 2000’s) dans l’aspect symphonique-électro, le son sonne pourtant diablement actuel et cohérent.

Et puis bien évidemment il y a toujours la chose qui n’a pas changé et qui fait la quintessence de la musique de R+, c’est le chanteur-parolier Till Lindemann qui joue toujours (et de plus en plus) des étonnantes variations de sa voix successivement tirant dans un grave plein de foutre, dans des grognements bestiaux ou des envolées lyriques ou des petites balades mignonettes. Trop trop trop, toujours trop évidemment, mais putain que c’est bon.

Voilà. Liebe ist für alle da est un bon album, rien de plus, rien de moins. Au tournant de la décennie, Rammstein sort un sixième album plus abrasif qu’à l’accoutumée qui prouve qu’ils sont toujours des belles petites putes teutonnes montées comme des ânes des vrais artistes et peuvent encore produire un métal-electro-indus-bleuarg qui, s’il n’est pas surprenant et peut énerver par moment, se révèle toujours aussi efficace et outrancier attachant.

Écouter

Rammstein – Waidmanns Heil

Rammstein – Pussy

Aller plus loin

Jónsi – Boy Lilikoi
Bérurier Noir – Hélène et le Sang (Live Viva Bertaga)

2 Commentaires »

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l' auteur, Pierro

Connard pédant.

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