The Clash – I Fought The Law (Live at Shea Stadium, 1982)
Cette chanson est issue de l’album Live At Shea Stadium, sorti l’année dernière (et qui est très bien). J’avais écrit ce texte il y a quelque temps, mais ça me paraît intéressant de vous en faire profiter. En effet, en plus de célébrer aujourd’hui le 30ème anniversaire de London Calling, on célèbre aussi un peu celui de la sortie aux États-Unis du premier album du Clash (sortie en Angleterre en 1977), d’où est originellement extraite cette chanson. Et puis de toute façon, aujourd’hui est la journée spéciale meilleur groupe du monde. RDV ce soir
Lancez la chanson. Vous êtes au Shea Stadium, New York City. 13 octobre 1982.
Ce n’est pas n’importe quel concert qui a été mis en boîte ce soir là. Celui d’un groupe qui a marqué l’histoire du punk et de la musique toute entière trois ans auparavant, en sortant le meilleur album des années 80. Voire même le meilleur album de tous les temps.
Vous avez compris, il s’agit du Clash, qui se produit ce soir-là en première partie de la tournée d’adieu des Who. La légende veut que ce soir là, les adeptes de Strummer aient été presque aussi nombreux que les admirateurs de Townshend.
Originellement parue sur leur premier album (1977), cette chanson, qui clôt « Live At Shea Stadium », c’est d’abord le Clash à l’apogée de sa gloire : il vient de sortir « Combat Rock » et pour la seule et unique fois un de ses singles (« Rock the Casbah ») cartonne de l’autre côté de l’Atlantique.
Strummer est presque à bout de souffle d’avoir ébranlé le public pendant les trois précédents quarts d’heure. Et pourtant c’était loin d’être une tâche aisée : les Who ne sont pas mort avant de devenir vieux, et leurs fans non plus. Autant dire que le Clash n’est pas en terre conquise et que, d’ordinaire coutumier des petites salles sombres et moites, il n’est pas nécessairement dans son élément. De plus, les dissensions à l’intérieur du groupe sont de plus en plus évidentes : Topper Headon (aka. « the human drum machine »), ciment du groupe tant musicalement que humainement, a été viré, son addiction aux drogues l’empêchant littéralement de jouer. En plus, Paul Simonon – bassiste – et Mick Jones – guitariste – ne peuvent plus se trouver dans la même pièce sans se battre.
Et pourtant, à entendre leur chœurs à l’unisson sur cette reprise de Sonny Curtis, ainsi que l’énergie contagieuse et ravageuse que délivre le Clash à un public de papy rockeurs, on vient à en douter. Et même si la tracklist de l’album ressemble à un gentil best-of, à les voir balancer cette diatribe politiquement énervée de leur premier album devant 70 000 personnes, je me dis qu’au delà du punk, le Clash est sans doute un des meilleurs groupes du monde. Et, loin de jeter la philosophie de 1977 aux orties, c’est un missile on ne peut plus punk qui nous lancé à toute vitesse dans la figure par Strummer et ses comparses. La voix de ce dernier est sans cesse sur le point de rupture, les chœurs sont rageurs et même si ils ne jouent pas bien, cette chanson est le témoignage flagrant d’une puissance scénique que peu d’artistes parviendront à égaler.
Cependant, on ne peut s’empêcher de voir un constat d’échec dans le refrain de cette chanson qui clôt le dernier témoignage live d’un des groupes majeurs du rock. Mais si le Clash a peut-être perdu, s’il n’est pas parvenu à changer le monde, son énergie souffle encore, et n’est pas près de s’éteindre.
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