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Le classement 2009 de Matthieu

Je n’ai jamais aimé la notion de tops de fin d’année. On se creuse pour essayer de se rappeler toute les bonnes choses qui sont sorties dans l’année, ensuite il faut faire un abominable tri pour se dire ça c’est mieux que ça etc. Au final on arrive à un résultat convenable pour sa conscience et trois jours plus tard PAF ! Un nom nous reviens en tête et il apparait meilleur que celui ci. Mais je relève tout de même ce défi immoral en bafouillant un peu sur ces quelques albums qui ont marqué mon année musicale.

1) Ghinzu – Mirror Mirror.

Ils sont rares ces albums qui vous scotchent à leur sortie, qui vous claque la gueule en concert et qui squattent vos oreilles tout le reste de l’année et bien plus encore. Mirror Mirror aura été de ceux là. Puissant, fin, intriguant, surprenant, d’une efficacité redoutable et jamais facile voilà les attributs de l’arme de destruction massive lancée par les belges de Ghinzu en ce début d’année. Dès l’intro Cold Love et ses choeurs suraigus vocodés on comprends que Ghinzu a franchi un cap depuis le passionant Blow. Les sons de claviers massifs et gras viennent faire de l’ombres aux guitares, le son est lourd mais clair, la voix de Stargasm est parfaite et les morceaux alterne les altitudes des hautes cimes rock épiques aux corniches apaisée avant l’avalanche. Ghinzu a aussi appris à faire des tubes à la pelle : Cold Love, Take It Easy, The End Of The World reprenent le flambeau fumant de Do You Read Me avec succès et maturité. Les belges piochent dans les sonorités rock, électro, folk, expérimentales, progressives voire heavy et distordent le tout dans une sorte de supernova donnant un son vraiment propre au groupe. On écoute du Ghinzu pas autre chose. Je pourrais passer 40 lignes par chanson à encenser ce bijou de noirceur lumineuse. C’est beau, c’est fort, c’est transcendant, c’est Ghinzu.

2) Julian Casablancas – Phrazes For The Young.

Alors que ses camarades des Strokes n’ont pas chaumé pendant le (long) break depuis First Impression Of Earth, le chanteur charismatique Julian Casablancas s’est fait attendre. Mais pas pour rien. L’album, qui emprunte son titre à 1984 d’Orwell, est un fantastique voyage dans la galaxie pop, le tout à bord d’une navette spatiale rétro-futuriste. 8 chansons, pas une de plus, 8 moments impressionnants de maitrise. De la tuerie dancefloor pop naive Left&Right In The Dark à la somptueuse et aérienne Glass, en passant par le slow crooner 4 Chords Of The Apocalypse, les claviers s’imposent, les guitares discrètement font leur boulot, les percussions affolent par leur originalité et Casablancas prouve surtout qu’il est incontestablement l’un des meilleurs songwritter de son époque et qu’il sait magnifier ses textes par des mélodies hallucinante portée par une voix rauque et trainante qui me tire les larmes. Et puis il y’a 11th Dimension, le tube parfait. Une chanson comme on n’en fait plus; machine à danser imparable aux mélodies léchées et au texte somptueusement bien écrit. Et en plus le lascar se paie le luxe de l’accompagner d’un clip d’une classe écrasante. Classe c’est le mot qui définit cet album qui pose Casablancas et artiste incontournable et multifacette de cette décénie, s’il était besoin de plus de preuves que les trois albums des Strokes.

3)Arctic Monkeys – Humbug.

Humbug ou l’album de la polémique. Les Monkeys après deux albums triomphaux shootés aux amphets quittent leur Angleterre natale pour aller enregistrer dans le désert américain sous la tutelle du génial Josh Home, patron des Queens Of The Stone Age.  Et forcement ça change un paquet de choses. On connaissait les petits singes pour leurs morceaux jeunes, pop, énergiques, aux riffs évidents et aux batteries hyperactives et ça leur allait comme un gant. Cependant après avoir fait tourner la recette sur deux albums ( au demeurant excellents ) un changement s’avérait nécessaire, il fallait évoluer. Autre argument dans la balance, Alex Turner a été fureter avec les Last Shadow Puppets, dans les affres d’une pop plus sombres et plus posée et on devine que ça a du laisser des traces. Arrivé en 2009 on voit donc arriver Humbug, et là c’est le choc. Les singes ont appris a montrer les dents et vont se promener sur les terres arides du Stoner, toute proportions gardées ça va de soi. Le résultat ? Un album puissant et habité. La musique des petites frappes de Sheffield gagne en profondeur et passionne. Le tout en retenue My Propeller qui ouvre l’album amène le single Tim Burtonien Crying Lightning et sa basse ultra lourde. On découvre alors que la voix de Turner est plus belle que jamais;  sur le chef d’œuvre de 6 minutes The Jeweller Hands ou encore sur la superbe Cornerstone elle porte les morceaux et les mots touchent juste comme il faut. Mais la puissance rock des monkeys n’a pas totalement disparue, Dieu merci. Elle a seulement été canalisée. On s’en rends compte sur Dangerous Animal et son riff 100% Arctic, et plus encore sur Dance Little Liar ou la tension monte progressivement d’une manière hypnotique et étouffante jusqu’à l’explosion finale qui vous met à genoux. Les Monkeys ont changés, les Monkeys m’ont comblé.

Mais aussi :

Voilà ces trois albums sont surement les trois qui m’auront le plus marqué cette année, mais il y’a aussi deux ou trois choses que je ne voulais pas classer mais qui font partie pour moi des points d’orgues de 2009. D’abord, parce que je suis chauvin, le rappeur Caennais  Orelsan qui défrayé la chronique pour avoir ébouriffé une poignée de féministes ignare qui n’ont pas cherché plus loin que le bout de leur nez dans le texte, certes osé, de Sale Pute avant de crier au bûcher. C’est là la force (et peut être aussi la faiblesse) de mon compatriote, ses textes sont souvent violents, toujours crus mais raconte avec un réalisme et une impudeur incroyable une réalité urbaine avérée, le tout sur fond d’instrus assez talentueuses.

2009 marque aussi l’avènement des super-groupes. Même si Them Crooked Vultures déçoit un peu, Dead Weather réunissant quand même Jack White, VV, Dean Fertita et Jack Lawrence pond un album stone-blues underground et débridé. C’est violent et enragé, et même si l’album n’est pas au niveau des White Stripes ou des Kills, il reste une très bonne réalisation qui débouche le sonotone.

Autre mouvance dominante de l’année : l’électro-pop. Elle a souffert l’apparition d’innombrables groupes médiocres mais au milieu de tout ça s’élève tel un miracle l’album flamboyant de Passion Pit. De la pop dopée à l’électro musclée, des voix émerveillées viennent se greffer aux claviers 80′s naturellement pour donner lieu à des tubes tels que le génial The Reeling qui aura fait danser bien du monde en cette fin de décennie.

Enfin je vais finir par mes deux cas de conscience. Tout d’abord je souhaiterais rendre hommage … Lady Gaga ! (ouch !). Tout d’abord la demoiselle est quand même un sacrée maitresse dans le domaine marketing. Elle a su se créer un univers trash-flippant-extravagant qui tranche assez avec le reste des productions ultra radiophoniques lisses et similaires les unes aux autres. Gaga se démarque par cet univers qui se ressent dans ses morceaux et dans ses clips, en particulier le récent et dérangeant Bad Romance. Son album n’est évidemment pas une merveille, mais il contient de bonnes choses et et une touche non négligeable d’originalité et d’éclectisme, que ne laissaient pas entrevoir Love Game et Just Dance, singles aseptisés et inintéressant, et c’est assez rare pour être mentionné. Enfin je terminerais par la B.O du deuxième opus de la saga Twilight . Elle réunit un casting impressionant et de qualité. Jugez par vous même: Thom York, Muse, Editors, Lykke Li,  Bon Iver en duo avec St Vincent, Grizzly Bear, BRMC… Du lourd surtout quand on sait que la plupart de ces artistes ont composé un morceau exclusivement pour le film. Résultat un morceau minimal envoutant de la part du leader de Radiohead, Un duo Bon Iver/ St Vincent extraordinaire, Un joli piano voix des Editors et des morceaux qui subliment le film dont il ne m’appartient pas de juger de la qualité ici.

Voilà 2009 s’achève et mon « top » aussi. Celui ci est certes un peu lisse, cite des artistes déjà extrêmement médiatisés mais c’est l’avantage de faire des tops personnels: si ce top n’est pas le votre il a le mérite d’être le mien.

PS : J’illustre mon introduction comme un con : J’ai oublié le magnifique La Superbe de Benjamin Biolay… Je vous renvoie à ma chronique faîte il y a quelques jours içi même, parce que oui j’ai la flemme de réécrire un truc dessus.

Le classement 2009 de Martin
Le classement 2009 de Mercy – en vidéos

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l' auteur, Matthieu

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