Le classement 2009 de Pirhoo
J’étais assez paniqué à l’idée de faire ce « classement », l’année écoulée nous a offert bon nombre de découvertes et pour moi, petit blogueur sans ambitions, ce fut un véritable chamboulement puisque disons le: je débute. Exercice difficile donc, auquel je m’attèle sans plus tarder !
J’essaye ici de me focaliser non pas seulement sur les albums qui m’ont le plus marqué, mais surtout sur ceux dont nous avons peu parler dans ces colonnes (bien que ces derniers comptent également parmi mes préférés).
Diving With Andy – Sugar Sugar
Pour ne pas prendre de risque, Sugar Sugar est plus qu’adéquat. Au regard du sentiment unanime qu’il a provoqué sur la blogosphère (particulièrement chez les blogueuses) ce choix est stratégiquement bon pour deux raisons 1) Pour chopper 2) Au terme de l’année écoulée, il produit chez moi un effet toujours aussi singulier.
Je vous l’accorde c’est un énième album de pop, acidulé et/ou fondant… Mais pour être franc, je m’en tape un peu. Il m’aura marqué et bien au delà du premier titre (ou tube) Sugar Sugar, on découvre de vrais merveilles. Je m’étais aventuré à dire, sans trop y réfléchir, que DWA c’est « un nuage de lait dans votre thé ». Six mois plus tard ce sentiment se fait bien plus fort, et tous les qualificatifs gourmands que j’ai pu employer tiennent sur la longueur. Pour un album pop, c’est déjà un bel exploit.
Ses atmosphères sont chaudes, sombres parfois, évoquant ces matins d’été au seuil du jour, où les lumières se confondent. Un disque qui sait évoquer l’aube estivale tout comme il évoque les après-midi printaniers et fleuris. Un panel de goûts délicieux et mystérieux. Un disque poétique et léger. [notre chronique]
St. Vincent – Actor
Actor est un disque assez indescriptible. Les mauvaises langues vous dirons que sa densité, sa profusion, ses fantasmagories, tout ça n’est que du pipeau. Gardons nous bien d’écouter ces sarcasmes. St. Vincent signe ce deuxième album avec justesse et maitrise, nous révélant par là même, la sensibilité tenaillée et la puissance de ses compositions.
Avec Annie Clark (c’est son nom) on peut véritablement parler de musique progressive. Mêlant influences jazz et post-rock, la belle compose des morceaux qui s’animent au rythme des percussions, tribales et torturées. Bruits et musique sonnent ici à l’unisson, de même que la voix claire et envoutante de la chanteuse accompagne de volupté une musique parfois agressive et débridée… Un album fort qui démontre que derrière ce visage d’ange, ce cache une machine assujettissante aux rouages industriels. [sur Feu à volonté, la chronique de Olivier]
DM Stith – Heavy Ghost
DM Stith et St Vincent ce suivent bien.Tout d’abord parce le premier ne m’évoque qu’un mot « incantation » et que la seconde m’en évoque un autre « tribalisme ». Avouez que les deux sont assez proches, en un sens, non ?
Heavy Ghost sonne comme une incantation mais c’est tout de même un peu plus que ça. C’est un album chamanique, trouble, fantomatique, qui ne lasse rien au hasard. Sans prévenir il vous envahit, fait de votre moelle épinière un diapason et entraine les battements de votre cœur dans une danse profonde, au rythme d’un rituel sacré dont on ne saurait échapper.
Il serrait presque dangereux de s’y plonger. Cette décoction mystique est un amalgame d’adrénaline et d’endorphine: ce stimuli a pour redoutable effet de dompter vos sens dans une transe déchainée au summum du plaisir et de l’adoration. N’imaginez pas en sortir facilement. [sur Words & Sounds, la chronique de Cécile]
Sourya – Dawdlewalk
On peut regretter qu’au terme de cette année, trop peu de monde n’ai parlé de Sourya. Ces gars là on pourtant tout pour plaire: un rock trempé d’electro aux sonorités tantôt primates tantôt mécaniques. Français, ils délaissent la langue de Molière pour chanter en anglais et c’est indispensable.
La plus belle réussite de cet album est avant tout sa justesse. Sourya n’en fait jamais trop, il nous donne ce qu’il a de meilleur en substance et ce passe de toutes formes d’outrecuidance. Dawdlewalk est un écrin d’humilité qui entoure la force du groupe; aussi quand cet écrin daigne nous dévoiler avec pudeur ce qu’il détient, c’est une efficacité redoutable qui s’abat sur l’auditeur et nul doute que la moindre quantité suffit à nous combler.
De surcroit c’est probablement ce sens de la juste mesure qui permet à Dawdlewalk de perdurer après de nombreuses écoutes, inscrivant cet album sur la durée, qualité essentielle pour justifier la présence du disque dans ce top. [les 51 raisons d'acheter Sourya, selon Bertand]
Mais n’oublions pas…
..pour les plus courageux, je prescrirais encore :
Fanfarlo – Reservoir
Découvert, bien trop tard, grâce à Erwan, Fanfarlo met de la buée dans votre cœur avec ce Reservoir aussi glacial que la pop suédoise est colorée. Un disque impeccable, surprenant et audacieux (et cuivré aussi, ça j’aime).
[un petit mp3]
Yom – Unue
Yom est un klezmorim exceptionnel dont nous avons eu la chance de faire l’interview. Après un premier album époustouflant, il nous revient avec Unue, une nouvelle collection de prouesses extraordinaires à la clarinette. Un échantillon de 45 minutes qui en dit long sur l’exercice de génie, auquel se prête un musicien talentueux qui nous laisse chaque fois béa d’admiration.
[l'album complet, sur Deezer]
Yeti Lane – (s/t)
Un jolie disque de rock/folk français du genre qu’on attendait plus. Excitant est singulier, Yeti Lane propose un voyage emprunt de pureté, avec le même soin et le même minimalisme qui m’ont tellement plus chez Sourya. Un disque mature et poétique à ne surtout pas négliger !
[notre chronique]
nuage de tags & best-of


