Chronique de With These Hands – Michael J. Sheehy
Michael J. Sheehy - With These Hands
Année : 2009
Genre : Conte bluesy
Chanson(s) préférée(s) : Don't Let Them Steal Your Soul, Fight For Your Right To Fight
2010 a désormais débuté, et qui dit début d’année, dit soldes. Je vais donc la jouer fond de tiroir en vous parlant de toutes les bonnes galettes de l’année écoulée dont mon emploi de temps de ministre m’a empêché de parler ici (hum). Disques oubliés, mais pas bradés. Premier sur la liste, Michael J. Sheehy.
Ça faisait vraiment longtemps que je voulais parler de ce superbe album qu’est With These Hands. Mais il fait partie de cette sorte d’œuvre qu’on a tendance à estimer et à chérir sans pour autant s’enthousiasmer, sans sentir la nécessité de crier au monde l’urgence d’y jeter une oreille avide. Et pourtant Dieu sait que le cri de l’oreille avide est déchirant.
De fait, With These Hands revient se rappeler à mon bon souvenir, régulièrement, paisiblement, comme un ami proche, avec qui on reprend après des mois d’absence la conversation là où on l’avait laissée.
Ce concept album raconte l’histoire d’un boxeur. C’est à peu près tout ce que m’a permis de comprendre mon niveau d’anglais chanté très approximatif. On l’imagine perdu dans une petite ville anonyme de l’Ouest Américain, où personne n’a jamais trouvé le moindre petit bout d’or, et où ceux qui restent luttent contre les éléments et l’ennui.
Ce disque est une succession de métamorphoses, une sorte de spectacle de marionnettes sonores : les personnages prennent vie les uns après les autres, un peu comme une imbrication de plein d’histoires qui en font une, formant une grande fresque narrative et sonore. La voix de Sheehy, brûlante, abîmée presque un croassement parfois, mais à d’autres moments plus douce et caressante joue pour beaucoup dans cette impression narrative surprenante.
Oh oui, j’avais oublié, je ne vous parle pas d’un obscur album de post-drone-noise, mais de country/blues/folk. Encore un ? Peut-être, mais With These Hands est un très beau disque folk sombre, où les passages folk/blues classiques mais très bien menés, cohabitent avec des envolées plus furieux, zébrés d’électricité.
Et With These Hands va bien plus loin que le simple folk-blues. Il est plein de bruits étranges, d’atmosphères oppressantes, visuelles et presque cinématographiques, fourmillant d’instrumentations très riches (harmonicas, cordes, piano).
Ce disque est comme un vieux bonhomme assis au coin du feu, au visage buriné et éclairé en ombres chinoises par la lumière de l’âtre, qui nous conte une histoire poignante, vraie, sincère. Tour à tour joyeux, tendre, mélancolique et furieux, ce conte plein de poussière, d’électricité et de sueur n’a pas finit de me faire voyager.
Avec un peu plus de finesse et de complexité que Seasick Steve, aussi sombre que Johnny Cash, Michael J. Sheehy impose With These Hands comme un des très beaux disques de 2009.
Ecouter
Le seul extrait (plus ou moins légal) que j’ai pu trouver, Did You Hear About Delaney ?
Aller plus loin
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- Une chronique qu’il ne fait pas bon lire quand on a écrit la sienne tellement elle est magistrale, sur Pinkushion
nuage de tags & best-of


Thibault F. a dit :
1
C’est mon énorme oubli de 2009, assurément. Je le réécoute beaucoup depuis quelques jours, et c’est juste la méga classe.
Martin a dit :
2
Ah oui, je me suis même fait la réflexion que c’était bizarre que tu n’en aies pas parlé !
Barton Carroll – Together And I (2010) | La Quenelle Culturelle a dit :
3
[...] Quatrième album pour Barton Carroll et un style qui s’affirme. Sur ‘Together You And I’, son chant chaleureux croise le folk et le jazz, l’ombre et la lumière, en une poignée de mélodies sincères et noyées dans le whisky. Un hommage à la musique folk à plusieurs visages, maquillés sans débordement par un homme de goût et de talent, vagabond isolé entre Timber Timbre et Michael. J Sheehy. [...]