Chronique de Gravity & Grace – The Tiny
The Tiny - Gravity & Grace
Année : 2009
Genre : Folk baroque
Chanson(s) préférée(s) : Ten Years, Strange Highs Strange Lows, Last Weekend
2010 a désormais débuté, et qui dit début d’année, dit soldes. Je vais donc la jouer fond de tiroir en vous parlant de toutes les bonnes galettes de l’année écoulée dont mon emploi de temps de ministre m’a empêché de parler ici (hum). Second sur la liste des disques oubliés mais pas au rabais, les suédois de The Tiny.
Prenez un piano, fixez-le dans un coin. Pas loin, disposez un violoncelle. Devant le piano, posez une jeune femme Suédoise. Gratifiez-la d’une voix un peu aigüe, presque irritante.
Je vous entend-je déjà grogner. Je comprends, car les Suédoises qui jouent du piano en répétant d’une voix plaintive « I could not stand losing you » avec des cordes gémissantes en arrière plan, ça m’est aussi agréable qu’un nouvel album de Mireille Matthieu.
Bon alors, comment The Tiny arrive à faire un album plus que correct en partant d’un si mauvais pied ? Tout simplement en nous prouvant que, de la même manière que la valeur d’un super groupe est rarement égale à la somme de ses parties, l’accumulation de caractéristiques irritantes peut, avec le talent, être transcendée.
Le talent du duo réside dans sa capacité à dépasser le stade piano-voix classique et redondant. D’une sincérité poignante, Gravity & Grace rebondit, prend des chemins détournés, nous surprend, insaisissable. Les mélodies sont tout sauf évidentes, le violoncelle joue parfaitement son rôle de supplétif et la chanteuse Ellekari Larsson n’a de cesse de nous prendre à contrepied, cassant le rythme ou la mélodie là où on s’y attend le moins.
Même si la voix peut paraître rédhibitoire, Ellekari Larsson se met en danger de la première à la dernière piste. Je ne connais pas beaucoup de chanteuses capable de la suivre le long de la ligne de chant de The Man Who Ran, qui doit s’étendre sur deux octaves et où je ne serais pas étonné de trouver des quarts de tons.
Cet album recèle son lot de pépites. Celle qui ouvre l’album, d’abord. Last Weekend, poignante, magistrale est presqu’aussi délicieuse que la plus nerveuse Ten Years, incontestablement le joyau de cet album, à la mélodie sublime. Mais de Strange Highs, Strange Lows à Burn, l’album est d’une très jolie cohérence.
Cependant, on ne peut s’empêcher de trouver des défauts à qui innove peu. On ne peut ainsi donc épargner à cet album le reproche de la redondance ou du déjà entendu. Mais avec une œuvre baroque, poignante, magistrale, démonstrative mais intime, joyeuse mais mélancolique, The Tiny s’affirme comme l’énième représentant d’une scène Suédoise décidément plus que bien fournie.
Déjà sorti en suède le 14 octobre, classé à la 18e place du classement des blogueurs, une sortie française est prévue dans les bacs français cette année.
Ecouter
Ten Years, La chanson que j’avais publié est toujours là
The Tiny – Strange Highs, Strange Lows
La session réalisée par le Cargo, allez voir par là !
Aller plus loin
- Écouter sur Spotify
- Chroniques chez Benjamin et chez Listen See Feel
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