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Chronique de Contra – Vampire Weekend

Chronique de Contra – Vampire Weekend

Vampire Weekend - Contra

Année : 2010
Genre : World-Indie-Rock
Chanson(s) préférée(s) : Toutes !

9/10

Ne passons pas par quatre chemins : Contra, le second album des new-yorkais Vampire Weekend est un petit bijou.

En 2008, les Vampire Weekend (je ne ferai aucun jeu de mot sur leur nom de scène, las !) sortait un premier album éponyme qui avait enthousiasmé la critique de l’époque. Dansant et novateur, Vampire Weekend inaugurait leur propre genre musical : l’ Upper West Side Soweto. On leur pardonne leur moment de branlette musicologique (les quatre membres sont d’ex-étudiants en musicologie) et plus encore épargnons leur la qualification de musique petite-bourgeoises vilipendée par quelques rock critics du lumpen-prolétariat. Point de lutte des classes chez nos (certes riches) amis new-yorkais.

Les quatre gars menés par Ezra Koenig, chanteur à la voix fort sympathique, ont du bien suivre leurs cours sur les bancs de la fac et ont un peu près digéré toute la musique qu’ils ont du entendre et étudier.

Bien sûr sont toujours présentes sur ce second opus les sonorités africaines propres aux groupes qu’entendront tant les novices que les mélomanes avisés. Le son Vampire Weekend est unique quand il est noyé dans la masse des productions actuelles.

Il peut rappeler à juste titre les expérimentations d’un Paul Simon et dans un autre registre d’un Joe Strummer pour les Clashs. De même, il évoque les élucubrations techniques du génialissime groupe Talking Heads, ainsi que les aventures de The Creatures, tandem composé de Siouxsie Sioux et d’un autre ex Banshees sur leur trop peu connu album Boomerang.

Technique donc, en effet, les morceaux de Vampire Weekend – et cela se ressent plus particulièrement sur Contra - sont extraordinairement bien produits. Apprenti du mastering, copiez. Rendu des instruments, grain des guitares, rond de la batterie. Parfait. Pianos et violons se mêlent merveilleusement aux sonorités tropicales.

Bon, j’ai dit que je ne tournerais pas autour du pot ! Alors, allons-y ! (bis)

Contra s’ouvre sur Horchata qui annonce le ton en majesté, voix mélancolique, chœurs world, percussions enivrantes, mélodie entêtantes. White Sky introduit ci-et-là quelques claps électroniques et laisse la voix de Koenig partir dans de jolis aiguës en contrepoint d’un voyage musical autour du monde. D’Afrique en Amérique du Sud, la chaleur des tropiques se fait sentir. Holiday fait escale en terrain pop et laisse courir les guitares mais ne laisse pas présager l’impressionnant et étonnant usage de l’auto-tune sur le formidable afropop (moi aussi j’invente des genres) California English. Taxi Cab calme le jeu et nous emmène en balade dans les bidonvilles subéquatoriens. Run rend hommage aux cuivres latins dans une danse joyeusement teintée de quelques synthés électros et d’un refrain qui se chante à tue-tête.

Boum ! Le simple non-officiel Cousins est explosif ! Roulement de batterie ravageur et basses affolées ! Enivrant, ultra dansant ! Du genre à réveiller les morts ! Je n’ai plus de souffle ! Pff ppf !

Sous ses airs pacifistes, Giving Up the Gun offre une incursion dans le refrain pop parfait et entêtant. On a le genre chansons de route de savane. Voyez le soleil se coucher et les couleurs du ciel évanescentes. Prêt à aller se coucher ?

Avec son sample de la superbe M.I.A et sa ligne de basse hypnotique et quasi-acid, Diplomat’s Son rappelle que c’est encore la fête et fait se mouvoir encore un peu les popotins rêveurs.

Et là final sublime. I think Ur a Contra conclut le tout dans une merveille balade pop-ambiant contemplative. La nuit est tombée mais…

Après avoir bien plané, un seul désir : appuyer sur Play une nouvelle fois et ne pas oublier d’appuyer aussi sur Repeat.

Et merde, voilà que l’année 2010 vient de commencer et qu’elle a déjà Son album. Je parierais la Terre entière avec toute la voie lactée que Contra sera au moins dans le top 10. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Ecouter

Clip de Cousins

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L'avis des autres

Black Joe Lewis – Boogie
The Janitors – Time On My Side et Sick State

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l' auteur, Mutapop

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