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Chronique de s/t – Broken Bells ...quand Danger Mouse rencontre The Shins

Chronique de s/t – Broken Bells

Broken Bells - s/t

Année : 2010
Genre : pop, rock indé
Chanson(s) préférée(s) : The High Road, Mongrel Heart

7/10

Avec un producteur aussi audacieux que Danger Mouse, un nouveau duo/concept, c’est souvent une belle surprise. Après The Dark Night of the Soul en 2009, provoquant les fantasmes unanimes de la critique, un retour qui annonce la combinaison de Mouse et James Mercer (chanteur de The Shins), forcément c’est aguicheur.

Broken Bells c’est d’abord un titre,  The High Road, premier extrait disponible. Cette seule chanson aura provoqué mes émois, et l’enthousiasme qu’elle suscite marque inlassablement l’écoute de cet album. C’est peut-être un de mes défauts, si de bout en bout il est excellent, j’ai cherché dans cet album sans vraiment y parvenir, la touche pop, synthétique et élaborée qui rythme l’ambiance groovy et lounge de la grand route. Cette absence n’en a pourtant pas fait un mauvais disque. Toutefois après un titre aussi convaincant, on rêve d’un aussi bon cru pour la suite…

Le premier titre est une merveille, oui. Mais si je ne vous garde pas le meilleur pour la fin, c’est simplement parce que Broken Bells c’est comme un Munster dans son emballage fraîcheur, c’est à peine moins bon quand ça se termine. Dans sa globalité, la portion est joliment faîte, sans débordement, sans bavure, on retrouve la patte minutieuse de Mouse, la pop censée et gracieuse de Mercer, inspirée ou non par The Shins.

J’insiste, l’échantillon est assurément bien dosé. Ce qui en résulte est la preuve que les deux bonshommes collaborent avec intelligence. Leur flot est harmonieux, claire; aussi on note de véritables suspensions dans le rythme, où le temps parait s’étirer alors que les pistes restent courtes et denses. C’est par exemple le cas sur Mongrel Heart, le titre s’appréhende comme un filé d’air poussiéreux, aux frontières de l’ouest sauvage, avant de se plonger corps et âme dans cette vaste étendue de sable et de roc. La progression est belle, mature. Complexe mais pas compliquée, ici la musique sonne – assez bien pour des cloches cassées -, tape, claque, avec une simplicité arrogante. Mouse et Mercer ne font pas étalage de leur expérience; leur duo est crédible, et contrairement aux détracteur de Broken Bells, je vois dans cette association bien plus qu’une simple addition des talents.

Pour en revenir avec la métaphore du Munster, j’en ai fait des folies quand je l’ai découvert mais rapidement, j’ai cessé d’en apprécier toute la subtilité. À mon goût, c’est là le gros point noir de cet album. Il nous révèle de vraies merveilles pops dont l’effet est souvent immédiat. Toutefois l’instantanéité n’est pas gage de longévité et l’entreprise se révèle somme toute peu pérenne. Je ne sais pas si on peut parler de lassitude, je vous en dirai peut-être plus dans 6 mois (non en fait ça n’arrivera pas). Je pense plutôt que malgré un niveau de perfectionnement qu’on relève facilement, la galette manque de profondeur. Certains titres comme Vaporize ou Your Head Is On Fire traduisent un véritable travail minutieux, rigoureux et jamais désagréable. Néanmoins leur charme est éphémère, il manque une dimension au volume. Dimension qui aurait non seulement le pouvoir d’élever considérablement la force du duo,  mais également de donner à cet album les moyens d’affronter l’usure causée par le temps. C’est souvent ce point qui différencie les grands disques d’une portion juste excellente.

Un album qui ne m’aura donc pas déplu, mais qui a bien réussi à me décevoir. J’admire Danger Mouse, j’apprécie sans les adorer The Shins, je m’attendais à un disque génial pour débuter l’année. Manqué, dommage. Broken Bells est-il le groupe d’un seul album ? La réponse est encore incertaine mais si l’opération devait se répéter, je serrais attentif à ce que le potentiel certain de cette combinaison pourrait produire.

Take Away

Memory tapes – Bicycle
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l' auteur, Pirhoo

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