Chronique de Seek Magic – Memory Tapes
Année : 2009
Genre : Pop-ambiant pas exempte de défauts mais profondément attachante
Chanson(s) préférée(s) : Bicycle, Swimming Field, Green Knight, Graphics
Commençons par une remarque intellectuelle et tout à fait pédante (oh la fausse modestie !). Kant dans sa Critique de la faculté de juger de 1790 (n’est-ce-pas) écrit à propos des jugements esthétiques que le beau est ce qui plaît universellement sans concept. Ce que notre ami veut dire c’est que quand un individu trouve quelque chose beau il prête à tous les autres êtres doués de raison le même jugement. C’est bien ce que je prétends avec l’album Seek Magic de Memory Tapes. Memory Tapes alias Dayve Hawk produit une musique électronique d’une sensibilité inouïe. Ce bon Dayve a eu la bonne idée de réunir deux de ses facettes musicales qui perduraient sous les noms de Memory Cassette et de Weird Tapes. Sous le nom original (donc) de Memory Tapes, il donne à ses machines une tonalité organique délicieuse. Seek Magic, album magique, distille sur neuf tracks une pop-ambiant matinée de techno parfois, de rock prog autrement. Certes , le genre synth-pop et tout le blabla est largement éculé, mais Memory Tapes dans ce lot s’en sort plutôt à merveille. Certes encore, tout n’est pas parfait, mais le plaisir d’écoute est bien présent. En ces temps de juridicisation du net et de dit piratage musical, Dayve Hawk distribue ses morceaux gratuitement sur son blog. L’album a paru en septembre dernier aux États-Unis et en Angleterre. Assez peu présent sur la toile en comparaison d’autres buzz blogosphériques, rendons hommage à ce prometteur musicien de 26 ans sis dans le New-Jersey.
Swimming Field donne le ton synthétique et ambiant de l’ensemble. Une petite batterie, une voix lointaine aux arrangements familiers, des arpèges simples et doux, introduction charmante. Bicycle survient et augmente doucement le rythme dans une dream-pop aux gimmicks sucrés qui rappellent nos amours adolescents pleins de couchers de soleil et de baisers hésitants. Memory Tapes, c’est un peu ça, de la naïveté musicale à l’état pur. Cela peut friser un quelconque mauvais goût mais qu’importe, Kant est avec nous.
Green Knight et Pink Stones poursuivent un chemin qui peut faire penser à un Mike Oldfield du riche. Stop Talking et Graphics font figures de titre dancefloor du disque et sortent de bonnes grosses guitares bien synthétiquement grasses, sirupeuses, dégueulasses, mais jouissives. Plain Material est de la même vaine mais marque davantage le lien avec une espèce de rock digital pleine de voix saturées tout en délicatesse qui rappelle à notre bon souvenir les envolées lyriques et funéraires du premier Arcade Fire. Si, si.
Dernier track officiel de l’album, Run Out prélude à un bon long morceau ambiant bonus d’une vingtaine de minutes, Treeship. Comme sur un petit nuage, on se laisse guider dans la stratosphère. Vaporeux, éthéré, planant, oui, oui , ça signifie qu’on volerait presque.
Dans le genre ambiant, ça ne vaut pas de manière quasi évidente un Brian Eno et quelques-uns des ces épigones du genre Pan American mais il faut avouer que cela plait aux oreilles. Universellement ?
Écouter
Swimming Field
Green Knight
Ailleurs
Le blog de Memory Tapes avec pleins de morceaux à télécharger gratuitement (et légalement comme dirait l’autre).
Le myspace du même gars.
Dans le coin
Le MP3 de Bicycle sur BTS.
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