The Knife – Like a pen
On vous a beaucoup parlé de la Suède pour le punk vivifiant de The Hives. On vous beaucoup a parlé de la Suède pour la folk étincelante de Friska Viljor. On vous a beaucoup parlé de la Suède pour l’électro-pop touchante de Taxi Taxi. On vous beaucoup a parlé de la Suède pour la déflagration chamanique de Fever Ray. Mais on ne vous a pas encore assez parlé de la Suède pour The Knife, duo fraternel de Karin Dreijer (plus connue sous le projet Fever Ray, donc, duquel on s’est, à raison, amplement gargarisé tout au long de 2009) et Olof Dreijer, avec trois albums depuis 1999. Il y a peu, Martin vous balançait un extrait de leur album à venir Tomorrow, in a year en collaboration avec Mt. Sims et Planningtorock. Cela ne m’avait franchement pas emballé, et j’avais jugé la somme des deux parties inférieure à chacune des parties respectives. Premièrement, je me trompais. Deuxièmement, je me trompais, mais alors vraiment. Si Fever Ray m’a bouleversé avec un voyage apocalyptico-chamanique au coeur de vibrations organiques et électroniques, The Knife transcende ma subjectivité d’auditeur lambda pour atteindre l’idée du Beau. Plusieurs fois en écoutant Fever Ray, et en ignorant l’existence de The Knife, j’avais pensé qu’un aspect encore plus percussif, plus techno, plus house donnerait un cocktail détonnant. C’est alors que j’ai découvert sur le tard Silent Shout, consacré comme le meilleur album de l’année 2006 selon Pitchfork. Oah.
En exploitant à la perfection les multiples déformations vocales que l’on retrouve dans Fever Ray le duo nous plonge dans une dimension parallèle qui confine toujours à quelque chose de mystique et d’envoûtant. Mais l’accent est ici nettement plus violent, plus primitif, charnel que les errances métaphysiques de Fever Ray. Like a pen, et plus généralement Silent Shout, c’est de la « haunted house » pour reprendre l’expression du webzine prescripteur chicagoan. Les boucles sont ciselées dans une matière extra-terrestre, inconnue des mortels, dans un acide d’éther glaçant. La rythmique nous emmène, sans qu’on puisse nous arrêter, sans qu’on veuille l’arrêter, vers une apocalypse mentale jouissive, dans des terres inconnues, celle de nos corps et nos esprits engourdis par l’organique pulsation. Entre rave et errances. Dans les noirceurs, les éclats et les semi-consciences. Une énorme claque. Et une chronique très bientôt de Silent Shout, et Tomorrow, in a year, qui sort en Mars.
Je vous propose le clip halluciné, version radio. Et la version originale.
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Q a dit :
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Woaw, je suis bluffé. Et ce clip !
M’en vais me procurer l’album de ce pas…