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Chronique de Gush – Everybody’s God

Chronique de Gush – Everybody’s God

Gush - Everybody's God

Année : 2010
Genre : Rock, Blues
Chanson(s) préférée(s) : P.nis, You Really Got Style, Back Home, In The Sun

7/10

Mitigé, voilà dans quel état j’étais après la première écoute de Everybody’s God, par Gush. J’ai machinalement mis la galette de côté, erreur grossière du chroniqueur blasé.

Quelques semaines après je vois surgir sous la plume acerbe de bon nombre de blogueurs, les louanges dudit disque. Aïe, je suis passé à côté d’un truc ? Finis les aprioris, donnons lui une seconde chance…

Le précédent postulat s’est vite vérifié, Gush en a dans le pantalon, j’ai les oreilles dans les chaussettes. Croyez moi, j’ai depuis changé mon fusil d’épaule. Pour les présenter: on parle d’un quatuor de 4 gueules défraichies; 4 coyotes qu’on croirait tout droit sortis des seventies, tant par le chant que par l’audace. Mathieu, Vincent, Xavier et Yan forment un groupe fougueux, qui trouble tous nos repères.

Dans un interview pour Marie Claire (archivée ici), ils décrivent leur jeu assez singulier puisqu’ils font tout à 4 (sans que ça soit scabreux), échangeant guitare, batterie et chant:

Ce n’est pas toujours facile, on doit se mettre en place, faire des essais … Il n’y a pas de leader qui dirige les opérations, donc ça peut parfois devenir compliqué. Mais la plupart du temps, c’est simple : l’un de nous arrive avec une idée, il la joue, puis les autres se greffent dessus et ça se passe très bien. En plus, c’est cool, créatif, ça permet de changer de version en inversant les rôles sur scène, donner différentes interprétations.

En essayant d’énumérer leurs influences, j’ai encore failli me casser la gueule. Décidément rien ne va. Car Gush est singulier, avec un nom qui sonne comme une onomatopée, une cadence rock, saturée par une voie rouillée, apaisée par une mélodie en filigrane, portée par les claquements de main, et qui laisse tout l’espace à la rythmique de la batterie. Pas de refrain, pas de couplet, tout n’est qu’intro ou final. C’est ainsi que leur son sait vous marteler avec insistance. Gush fait les choses à sa manière.

L’énergie prodiguée par Back home donne le tempo aux mouvements de hanches. Ce morceau contribue à l’inertie de cet album qui, comme soutenu par des ondulations sismiques de haute volée, provoque l’animation des corps en masse. Le credo apparent de Gush, c’est de se lancer, l’air de rien, sur des chemins complexes. Il est toujours difficile de prévoir le tournant que va prendre une chanson et c’est souvent une belle surprise.

On m’avait dit que ce groupe prenait toute son aisance en concert, je n’ai aucun mal à l’imaginer. Quand ce n’est pas pour taper partout, Gush réalise des crescendos électrisants – You Really Got Style image ça très bien. La tension monte et avec, c’est une foule qui s’agite derrière le micro. Le chant est légion, les cœurs se mêlent, s’emmêlent, sur ce point on note un subtil travail sur les harmonies qui n’est pas sans effet. C’est en partie pour cette raison que le groupe invite à l’émeute festive. Français et insolents, cela va de paire. Non seulement Gush peut revendiquer une énergie folle mais en plus, il s’exécute comme s’il avait toujours était là. Everybody’s God donne une sacrée leçon aux anciens du genre et c’est pourtant leur 1er disque.  Aussi, pour ne pas avoir été réceptif tout de suite, je dirais qu’on a affaire avec l’un de ces albums qui s’amplifie plus on l’écoute, gagnant chaque fois en profondeur. La faute peut-être à cette voix habitée.

On trouve aussi sur ce disque d’énormes surprises, notamment avec P.nis. À une lettre près ça devenait obscène, ils le disent eux même « à la première écoute, [P.nis] a l’air d’être une chanson tout à fait jaillissante si je puis dire, c’est l’impression qu’elle donne, et à juste titre, mais c’est aussi une façon de parler d’amour » (Gush en interview chez Brain Magazine).   Avec une intro aussi bluesy, c’est le calme avant la tempête. Après 2 minutes de répit, la musique reprend sur un air inattendu, funk presque disco. J’avoue avoir du mal à décrire ce morceau mais il est couillu, oui, et pour sûr réussi.

Je ne regrette pas de l’avoir laissé murir. Tous les disques ne sont pas faciles à appréhender et celui-là réunit tous les ingrédients pour vous décoller la plèvre. Finalement, un grand disque pour ce début d’année, qui devrait arriver dans 4 jours (le 15).

Le myspace du groupe; Let’s Burn Again en écoute ici


L'avis des autres

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2 Commentaires »

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l' auteur, Pirhoo

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